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«Présomption forte» de lien entre pesticides et maladies

Les pesticides sont de nouveau pointés du doigt dans une vaste expertise française, qui conclut à une «présomption forte» de lien entre l’exposition professionnelle à ces produits et deux pathologies graves supplémentaires, les troubles cognitifs et une maladie respiratoire évolutive, la BPCO.

Temps de lecture : 2 min

En 2013, l’institut sanitaire français Insern avait déjà conclu à une «présomption forte» de lien entre l’exposition professionnelle à certains pesticides et quatre maladies: trois types de cancers (cancer de la prostate, lymphomes non hodgkiniens, myélomes multiples) et la maladie de Parkinson.

Dans une synthèse actualisée des connaissances scientifiques sur ces substances, publiée mercredi, l’organisme public établit le même niveau de présomption pour la survenue de troubles cognitifs (altération des fonctions cérébrales telles que la mémoire ou le raisonnement, pouvant évoluer vers la démence) «avec l’exposition aux pesticides, principalement des organophosphorés, chez les agriculteurs».

En 2013, l’institut évoquait une «présomption moyenne». «Les études les plus récentes se sont élargies aux riverains de zones agricoles ou à la population générale et ont permis de conclure à une présomption moyenne» pour ces populations, ajoute-t-il par ailleurs.

Quant à la santé respiratoire, qui n’avait pas été explorée dans l’expertise précédente: «une présomption forte entre l’exposition professionnelle aux pesticides et la survenue de pronchopneumopathie chronique obstructive et de bronchite chronique est établie».

Sur 17 pesticides analysés, 11 sont associés à au moins deux effets toxicologiques parmi les trois étudiés (le stress oxydant, la mitotoxicité, c’est-à-dire la toxicité pour les mitochondries, les structures qui permettent la respiration des cellules, et l’action sur le système immunitaire).

Le terme «pesticides» regroupe l’ensemble des produits utilisés pour lutter contre les espèces végétales indésirables (herbicides) et les organismes jugés nuisibles (insecticides et fongicides). Ils sont majoritairement utilisés dans l’agriculture, mais on les retrouve partout dans l’environnement (air, poussières, denrées alimentaires...). L’Inserm confirme, par ailleurs, que «certaines périodes de la vie telles que la grossesse et la petite enfance sont d’une plus grande vulnérabilité face à la présence d’un évènement ou agent toxique».

(Belga)

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