Des données objectives pour déconstruire les clichés sur l’élevage bovin

Entre 2019 et 2020, les éleveurs ont pris en moyenne 21 des 45 initiatives proposées  au sein de leur exploitation.
Entre 2019 et 2020, les éleveurs ont pris en moyenne 21 des 45 initiatives proposées au sein de leur exploitation. - ABDCreative - stock.adobe.com

Depuis des décennies, le secteur de la viande bovine fait de nombreux efforts pour renforcer sa durabilité, mais jusqu’à présent, ceux-ci n’étaient pas directement visibles ou quantifiables. C’est pourquoi, depuis 2019, Belbeef, l’organisation interprofessionnelle du secteur bovin belge qui représentait en 2020 85 % de la production de viande bovine belge, a lancé officiellement un observatoire de la durabilité couplé aux initiatives prises dans ledit secteur. Parmi elles, 45 initiatives concrètes dans les domaines de l’écologie, du bien-être animal, de la santé animale, de l’énergie et de la biodiversité sont aujourd’hui répertoriées et mesurées.

L’observatoire permet de donner à chacun une vision objective du secteur. En établissant, tous les trois ans, un baromètre des progrès réalisés, le secteur démontre ainsi sa volonté de poursuivre ses efforts en termes de durabilité économique, environnementale et sociale. Il rentre dans un processus continu pour une meilleure durabilité de la filière bovine. Notons que l’Agence wallonne pour la promotion d’une Agriculture de qualité (Apaq-w) soutient l’initiative.

Il y a 3 ans, Belbeef a audité près de 3.600 éleveurs certifiés – 1/3 le sont en Wallonie, 2/3 le sont en Flandre – dont les résultats complets pour 2019 et 2020 ont été synthétisés. Ces deux dernières années, 74 % des éleveurs certifiés ont répondu aux exigences du système d’analyse.

En 2021, les exploitations restantes le rempliront pour la première fois. La période 2019-2021 servira de référence, après quoi le contrôle sera répété tous les trois ans pour suivre les progrès réalisés. « S’il est obligatoire pour tous les éleveurs certifiés par Belbeef de répondre au monitoring, toutes les initiatives y étant reprises sont volontaires. Toutefois on constate que la plupart des sondés s’investissent déjà dans la durabilité », explique Pauline Bondue, conseillère pour Belbeef.

En moyenne, entre 2019 et 2020, les éleveurs ont pris 21 des 45 initiatives au sein de leur exploitation. Les premiers résultats sont plus qu’encourageants.

Ledit observatoire rentre donc clairement dans un processus continu pour une meilleure durabilité de la filière bovine. L’initiative est d’ailleurs soutenue par l’Agence wallonne pour la promotion d’une Agriculture de qualité (Apaq-w).

Le secteur bovin belge ambitionne de réduire davantage son empreinte !

L’impact de notre alimentation sur le climat n’est pas passé inaperçu ces dernières années. Bien entendu, notre secteur de l’élevage bovin y apporte une attention particulière et ambitionne de réduire plus encore son empreinte écologique. Les premiers résultats obtenus par l’observatoire de la durabilité montrent que 7 éleveurs sur 10 stockent déjà activement du CO2 dans le sol, en utilisant du compost et du fumier d’étable certifiés, ou en alternant l’herbe et les terres arables.

De plus, une exploitation n’est pas isolée de l’environnement dans lequel elle se trouve. Plus de la moitié (57 %) des éleveurs s’engage à maintenir les paysages typiques des vallées belges en conservant des prairies permanentes. Plus de la moitié (53 %) utilise déjà des sources d’eau alternatives, comme l’eau de pluie et les eaux de surface. Cela réduit la pression sur la nappe phréatique.

Les exploitations de bovins sont des entreprises circulaires par excellence : près de la moitié d’entre elles (44 %) utilise des dérivés de la production de bioéthanol et de l’industrie alimentaire (tels que les drèches de brasserie, la pulpe de betterave et les résidus de végétaux) pour nourrir leurs animaux.

La biodiversité au cœur des préoccupations

Le monitoring le confirme : nos éleveurs de bovins belges sont évidemment conscients du fait que leur activité agricole joue un rôle important pour les autres espèces animales et ils s’efforcent activement de soutenir l’équilibre de ces populations. Plus de deux tiers des éleveurs belges (67 %) maintiennent activement les nids d’hirondelles, la population de chauves-souris et/ou la population de hiboux. Ils veillent à ce que les conditions de vie de ces animaux soient optimales et qu’ils disposent de toute la tranquillité nécessaire pour se reproduire ou nicher dans la ferme et aux alentours.

Certains éleveurs visent la diversification : près de 8 % des éleveurs travaillent activement le circuit court entre le producteur et le consommateur. Ils vendent la viande de leurs animaux dans des magasins à la ferme, chez le boucher local, dans un magasin de quartier ou au supermarché local. De plus, 22 % des éleveurs investissent dans leur propre énergie durable (par exemple en installant leurs propres panneaux solaires).

Normes les plus élevées en matière de bien-être animal

Enfin, le bien-être des animaux dans l’exploitation elle-même est également un aspect important de la durabilité. Une grande majorité des éleveurs ont un «contrat permanent» avec un vétérinaire, qui supervise l’exploitation dans le cadre d’une guidance. Ainsi, les animaux peuvent être mieux suivis : le vétérinaire connaît mieux l’élevage et peut donc donner des conseils plus ciblés, prendre des mesures préventives et contribuer activement à réduire l’utilisation d’antibiotiques, par exemple.

Notons que, toujours sur base des résultats, la mesure doit encore être affinée. Bien que le bien-être animal soit une obligation, et que tous les éleveurs s’en préoccupent, seuls 77 % d’entre eux ont indiqué qu’ils fournissaient un abri à leurs animaux en cas de mauvaises conditions météorologiques. Comme c’était également la première fois que les éleveurs participaient à ce type de baromètre, certaines initiatives peuvent être sous-déclarées.