Céréales, pommes de terre, fruits… Les récoltes souffrent des mauvaises conditions météo

Céréales, pommes de terre, fruits… Les récoltes souffrent des mauvaises conditions météo

Pour les poires, dont 90 % de la production belge se trouve en Flandre, et 10 % en Wallonie, la récolte s’annonce nettement plus faible, de l’ordre de 25 %. « Cela s’explique par le gel en début de saison en certains endroits mais aussi par de très mauvaises conditions météo, qui ont empêché une bonne pollinisation des fleurs », indique Olivier Warnier, du Centre fruitier wallon. Une période trop sombre et froide fin mai a également provoqué une importante chute de poirettes, selon l’expert.

La récolte sera tout aussi mauvaise aux Pays-Bas, autre gros producteur européen de poires, et pire encore en Italie, premier producteur du Vieux Continent. « La récolte qui s’annonce risque d’être la plus faible depuis 10, 15 ans », prévient Olivier Warnier, pour qui cette production moindre pourrait en revanche soutenir les prix.

La production des pommes devrait, elle, être normale, mais l’été pluvieux a favorisé la présence de tavelure sur les fruits, alors que la Pologne, principal producteur européen, est partie pour une production record, ce qui risque de peser sur les prix. Bref, pour le fruit à croquer, 2021 ne restera pas dans les annales.

Pour les cerises, dont 1.000 ha de culture sont plantés en Belgique, la récolte a été médiocre, avec de nombreux fruits qui ont éclaté, à cause de la pluie, au moment de la cueillette. « Pour les griottes, c’est la catastrophe. Pour les cerises douces, les pertes vont de 50 à 100 % pour celles qui n’étaient pas protégées de la pluie et de 10 à 30-40 % pour celles qui bénéficiaient d’un système de protection », poursuit Olivier Warnier.

Côté grandes cultures

S’agissant des céréales, la moisson des orges d’hiver (escourgeon) n’a pas été bonne. « Au motif des pluies, on a perdu 15 % de la production espérée », explique Etienne Ernoux, agriculteur dans le Condroz. « Pour l’épeautre, c’est le même problème, une diminution des quantités, mais aussi de la qualité, avec des poids spécifiques en baisse », poursuit l’agriculteur, qui s’attend à des rendements en recul de 20 % pour le blé, dont la moisson bat actuellement son plein. La qualité du grain pourrait ne pas être suffisante pour atteindre la qualification dite « boulangère », ce qui réduirait sensiblement la valeur des récoltes, s’inquiète-t-on encore.

Les cultivateurs mettent à profit la fenêtre actuelle de temps clément pour moissonner. Il faut dire que le temps presse, alors que le retour de la pluie est prévu pour cette semaine, et que pas mal de céréales ont tendance à verser, à se coucher au sol. « Cela les rend difficiles à moissonner et si on ne récolte pas rapidement, le grain tombé à terre risque de germer et de perdre encore davantage de valeur », selon Etienne Ernoux.

« Les rendements des dernières années ne sont pas là. La quantité non plus », confirme Philippe Duvivier, agriculteur à Ath et président du syndicat agricole Fugea. « C’est vraiment une année moyenne. Si c’est la cata ? Cela dépend des régions. Certaines ont reçu vraiment beaucoup d’eau. »

Les pluies abondantes profitent par contre aux cultures gourmandes en eau, comme le maïs. Mais un temps humide et chaud en été favorise également la prolifération du mildiou, tant craint par les cultivateurs de pommes de terre. Si bien que la récolte des pommes de terre, qui avait tendance à battre des records en Belgique – notre pays est le champion de la patate transformée (frites, chips, purée…) –, ne sera pas bonne non plus.

Belga

Le direct

Le direct