Suivi de reproduction et de santé du troupeau: quand le monitoring permet d’atteindre ses objectifs de production

Suivi de reproduction et de santé du troupeau: quand le monitoring permet d’atteindre ses objectifs de production

« C’est quand c’est dur qu’il faut être bon et le contexte économique étant ce qu’il est... C’est primordial de l’être aujourd’hui! Et en élevage, si l’on veut être performant, la reproduction doit l’être également. Tout commence par là!» introduit d’emblée Philippe Verdoolaege.

«Chez Vet-Services, nous suivons près de 200 cheptels, tant laitiers qu’allaitants. Nous récoltons les données de nos éleveurs qu’elles soient de type Cerise, MyAwenet, celles des logiciels robots des 4 marques principales… Toutes nos actions en ferme sont également répertoriées et envoyées dans notre système, ce qui nous permet d’avoir une vision très précise à tout moment de la situation du troupeau dans lequel nous nous trouvons.»

Un levier économique intéressant

En termes de suivi reproduction, le vétérinaire constate clairement que les élevages équipés d’un système de monitoring, connaissent une amélioration de la détection des chaleurs, du taux d’insémination et donc du taux de gestation… Il estime à 30 - 35% le taux d’élevages suivis par Vet Services qui sont équipés d’undit système. Pour lui, le plus parlant, c’est de voir l’évolution d’un élevage non équipé qui se prémunit d’un système de détection des chaleurs . «Quand on voit l’évolution de leurs données, les améliorations au niveau du cheptel sont clairement significatives, que ce soit au niveau de l’intensité d’insémination, du juste moment d’insémination, que du taux de réussite derrière. Le taux de gestation profite de ces deux effets.»

«En production laitière, le fait d’avoir un meilleur taux de gestation, permet souvent de réduire l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) et donc d’avoir un stade moyen de lactation qui se raccourcit. Et si on prend une courbe de lactation théorique dans le troupeau, plus on va se rapprocher du pic, plus le niveau de production global va augmenter. Là où on a le plus d’efficience, c’est quand l’éleveur ramène le stade de lactation moyen de son troupeau autour des 150- 170 jours maximum. C’est vrai dans tous les troupeaux mais c’est encore plus vrai en traite robotisée. En effet, pour garder une bonne dynamique des animaux et pour que ceux-ci circulent bien, le stade de lactation doit être court. Si on laisse déraper les choses, le troupeau devient un peu plus « mou »», explique-t-il.

En production viandeuse, la réduction de l’IVV permet la production de davantage de veaux au sein du cheptel.

«A l’inverse, avoir une meilleure reproduction à l’échelle du troupeau nécessite moins de remplacement. On peut se permettre d’élever moins de génisses de remplacement. Nous sommes tous conscients que plus notre pré-troupeau est réduit, mieux c’est! Car ces animaux improductifs coûtent! Jouer sur la taille de ce pré-troupeau est aussi un levier économique intéressant. Si l’éleveur passe de 35-40% à 20-25% pour son taux de renouvellement, il laisse davantage de place au croisement et à la possibilité de vendre les veaux plus chers. A contrario, si l’on veut faire grandir son cheptel, c’est un outil tout aussi intéressant.»

A noter que les éleveurs qui réalisent le transfert d’embryon ont un meilleur taux de réussite avec un système de monitoring que ceux qui n’en ont pas.

Un impact sur la santé du cheptel

La reproduction étant une fonction très sensibles à tout changement, les données que l’on peut ressortir d’un suivi de reproduction sont aussi un bon indicateur de santé de troupeau. «En effet, maîtriser la reproduction de son élevage, c’est éviter d’avoir des animaux qui ont un intervalle vêlage-tarissement de 400 jours et plus, des animaux qui s’engraissent facilement et qui sont fortement exposés aux pathologies du péri-partum: risque des rétentions placentaires, de métrites...»

«Quand les choses peuvent déraper, on peut aller voir ce qui a changé au niveau de la ration par exemple… C’est aussi un moyen de corriger rapidement les choses plutôt que de les laisser s’empirer dans la durée», poursuit-il

Il en veut pour preuve: « Le manque de disponibilité en veaux au mois de juin de cette année! C’est une conséquence du stress thermique encouru au mois d’août. Les vaches n’ont pas pu être pleines!

Le cas du SenseHub

Cela fait déjà plusieurs années que le monitoring prend de l’ampleur chez nous, quelle que soit sa forme. Dans le cas du SenseHub, les mouvements, la rumination et l’ingestion sont trois des paramètres mesurés et qui donnent une idée de l’activité de l’animal et de son état de santé.

L’avantage d’un tel système ? Le temps d’observation des animaux peut être consacré à d’autres occupations. Le système est prévu pour prévenir son utilisateur lorsqu’une vache est en chaleur. En outre, il indique la fiabilité de celle-ci en fonction du cycle de l’animal et de ses paramètres.

Grâce à différentes alertes, les animaux à problèmes (kystes, anœstrus, …) sont identifiés plus rapidement. L’action du vétérinaire peut être ainsi plus rapide.

Les systèmes de monitoring permettent également à l’éleveur de suivre les paramètres techniques qu’ils se sont fixés, tels que l’âge au premier vêlage ou l’IVV. Des paramètres qui ont un impact économique direct sur l’exploitation car chaque jour d’IVV supplémentaire coûte en moyenne 2€ par vache à l’éleveur. En France,le gain d’IVV grâce à un système de monitoring est estimé à une quinzaine de jours.

Les données liées au suivi de repro et de santé sont directement envoyées  vers le smartphone de son utilisateur.
Les données liées au suivi de repro et de santé sont directement envoyées vers le smartphone de son utilisateur.

– la fenêtre d’insémination et l’index chaleur

L’index chaleur donne une information sur la fiabilité de la chaleur. L’éleveur peut ainsi se fier à la fenêtre d’insémination pour inséminer au moment le plus opportun. Notons que cette fenêtre s’étale sur près de 15 heures. En début de fenêtre, il sera conseillé d’utiliser des doses SpermVital qui permettent de prolonger la vie des spermatozoïdes ; en fin de fenêtre, il est conseillé de réaliser une IA profonde. La semence sera déposé plus près de l’ovule et le fécondera dans les temps. Des études montrent également de très bons résultats sur l’utilisation de semence sexée en fin de fenêtre.

– une aide dans le suivi santé

Comme Philippe Verdoolaege l’a mentionné, le système de monitoring a également tout son sens pour le suivi de la santé. En mesurant la rumination et l’ingestion des animaux, l’appareil alerte son utilisateur lorsqu’un animal est en baisse de forme, ce qui permet à l’utilisateur d’intervenir plus rapidement, en préventif.

La détection plus rapide des pathologies permet d’économiser en traitement et/ou de sauver une vache. En France, l’impact économique de pathologies sur une exploitation est estimé comme suit :

– mammite : 230€;

– boiterie: 250€;

– acétonémie : 250 à 600€;

– métrite : 250 à 400€.

Grâce à un système de monitoring avec mesure de la rumination, 55% des cas seront détectés 1,2 jours avant le diagnostic clinique (14 cas), ce qui devrait réduire les coûts vétérinaires de 25%.

Et au niveau du troupeau ?

Le suivi de la rumination et de l’activité du troupeau permet, outre la gestion du stress thermique, d’avoir un aperçu de ce qui se passe au niveau de l’alimentation de son cheptel. En effet, une routine d’alimentation stable est indispensable pour optimiser les performances du troupeau. Dorénavant, il est possible de suivre, de vérifier instantanément si la ration est adéquate et de l’ajuster au besoin.

L’efficacité et la simplicité d’utilisation des outils de monitoring sont attractives. Les alertes sont claires et délivrent toutes les informations dont l’éleveur a besoin.

Propos recueillis par P-Y L.

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