50 nuances d’agriculture

Des éleveurs, des bouchers, des héliciculteurs, des pisciculteurs. Des truites, des cochons, des escargots, des poulets, des œufs, du Blanc-Bleu-Belge… Autant de produits et de talents qui ont été mis en valeur, le 29 octobre dernier à Namur, en présence du ministre régional de l’Agriculture.

Marianne Streel, la présidente de l’Apaq-w s’est quant à elle montrée « fière » de pouvoir présenter un ouvrage qui « valorise le travail des producteurs ».

« C’est un livre est l’expression d’une passion commune » a déroulé dans la foulée Philippe Mattart, le directeur de l’Apaq-w, en ajoutant que « parler avec son cœur, c’est assurément ce dont l’agriculture et en particulier l’élevage a besoin ».

Car les débats qui ont entouré, ces derniers mois, la nouvelle PAC occultent le fait que l’agriculture est tout d’abord un métier d’hommes et de femmes, un métier profondément humain, un entrelacs de joies, d’angoisses et de passion, mais aussi la crainte du lendemain en raison des enjeux économiques qui l’entourent et, souvent, le pressent et l’oppressent.

L’élevage, un vivier d’activités, d’emplois et de passions

Il suffit de passer en revue quelques chiffres clefs pour illustrer la vivacité du territoire wallon. Il n’est pas inutile de rappeler que l’élevage bovin rassemble à lui seul 7.880 éleveurs tandis que 510 agriculteurs produisent des porcs, 400 se consacrent à l’élevage de volailles, sans compter les exploitations dédiées à l’héliciculture et à la pisciculture.

« On ne rappelle pas assez l’extraordinaire mission des agriculteurs, celle de nourrir de façon durable, en qualité et en quantité leurs concitoyens » a souligné M. Borsus lors de la présentation de l’ouvrage.

Son dynamisme en matière d’élevage, la Wallonie le doit aux caractéristiques très favorables de son territoire et de son sol. Faut-il encore rappeler que 42 % de la SAU wallonne sont occupés par des prairies.

Aujourd’hui l’agriculture, « qui s’inscrit dans un contexte d’objectifs globaux et a pris de nouvelles dimensions en intégrant les nouveaux enjeux sociétaux et environnementaux, de transition ou encore d’inclusion des productions biologiques, évolue dans un contexte difficile » a développé le ministre régional en faisant allusion aux pressions liées à la lourde problématique des prix ou encore aux épizooties.

Un regard parfois inapproprié de la société sur la ruralité

Le poids de ces contraintes est particulièrement pesant pour certaines spéculations, telles que celles des porcs et des volailles. Mais c’est aussi le prix et l’accès à la terre qui est pourtant l’essence même du métier d’agriculteur.

Le ministre Borsus a par ailleurs déploré « le regard presque systématiquement négatif et donc inapproprié de la société sur la ruralité ». Pour y remédier, la seule façon consiste à faire (re)découvrir le métier d’agriculteur tel qu’il s’exerce aujourd’hui, avec ses joies, ses difficultés.

Une mission à laquelle pourront certainement contribuer l’ouvrage et l’exposition « De la terre à l’assiette », ces images qui illustrent des tranches de vie et plongent le visiteur, le lecteur dans l’univers de l’élevage derrière lequel il y a de l’humain. Profondément.

Marie-France Vienne

«De la terre à l’assiette»: le livre

L’ouvrage, c’est 50 portraits d’éleveurs passionnés par leur métier, photographiés par Lionel Daneau et racontés par Éric Boschman.

Et ce n’est pas tout : Éric Boschman, Sandrine Dans, Julien Lapraille et Gérald Watelet, ambassadeurs de l’Apaq-W et des produits locaux, y proposent 50 recettes originales portant tout autant sur le bœuf, le porc et le mouton, que sur la volaille, la truite… et l’escargot. Toutes s’inscrivent dans le respect du produit et le souci d’une alimentation équilibrée.

« De la terre à l’assiette »

Éditions Racine

Couverture cartonnée, 224p.

25.00 €