Le marché européen

des vaches de réforme orienté à la hausse

En Irlande, les abattages de vaches, qui ont atteint des niveaux records sur l’ensemble de l’année 2018 (+6% par rapport à 2017 ; +11% vis-à-vis de 2016), étaient encore orientés à la hausse jusqu’à la mi-février. Depuis, ceux-ci sont enfin en retrait bien qu’ils restent à des niveaux élevés. En effet, les abattages de vaches ont tout de même progressé sur les quatre dernières semaines connues (+2% et +3 % par rapport aux 2 années précédentes).

Il est difficile de prédire comment évoluera le marché dans la semaine à venir. Si la dernière enquête cheptel de décembre 2018 faisait état d’une poursuite des conversions de la viande vers le lait (+26.000 vaches laitières pour -36.000 vaches allaitantes), la baisse des importations et les niveaux d’abattages élevés des mois précédents ont causé la création de stocks importants de viande congelée dans les abattoirs irlandais qui pourraient aussi peser à terme.

En attendant, la diminution des afflux de réformes dans les abattoirs irlandais et sur le marché européen semble enfin juguler la chute des prix entamée à la moitié de l’année 2018. Sur les quatre dernières semaines connues, la cotation de la vache O s’est appréciée de 2 centimes (+1%). A 2,68 €/kg carcasse, elle reste néanmoins faible comparée auxannées précédentes (-19% par rapport à 2018 ; -15% vis-à-vis de 2017). Le constat est aussi mitigé pour la vache R qui atteint 2,92 €/kg en semaine 13 (-17% et -13%).

Pays-Bas: les disponibilités limitées profitent aux cours

Aux Pays-Bas, le rythme des réformes est redevenu normal après deux années exceptionnelles sur le plan des abattages, pour des raisons de mise en conformité avec la réglementation phosphate en 2017 et de sécheresse en 2018. Depuis le début de l’année, le niveau d’abattage de gros bovins est inférieur à ceux des trois campagnes précédentes. Sur les quatre dernières semaines connues, moins de 40.000 gros bovins ont été ainsi abattus aux Pays-Bas (-21% par rapport à 2018 ; -43% par rapport à 2017 et -3% par rapport à 2016).

Comme dans le reste de l’Europe continentale, cette offre limitée a des effets positifs sur les cours qui restent plus volatils qu’ailleurs. A 2,92 €/kg de carcasse en semaine 13, la cotation de la vache O néerlandaise s’est appréciée de 10 centimes en 4 semaines (+4%) et de 25 centimes depuis le début de l’année. Malgré la volatilité, elle se situe au-dessus des cotations allemande (+3 centimes), irlandaise (+24 centimes) et polonaise (+26 centimes).

Les abattages limités soutiennent les cours en Allemagne

En Allemagne, seules 73.000 vaches ont été abattues (-14% par rapport à 2018 et -12% vis-à-vis de 2017 d’après les données hebdomadaires d’AMI, sur les 4 semaines de mars). Les abattages de génisses sont plus normaux (+1% comparé à l’an dernier). La demande des abatteurs se concentre sur les femelles au détriment du JB, notamment pour produire des viandes à braiser et des viandes hachées. L’enquête cheptel de décembre 2018 fait état d’une baisse de près de 100.000 têtes du cheptel de vaches laitières (-2,3% par rapport à 2017) ainsi que de l’ensemble des catégories de jeunes animaux. Les réformes devraient donc rester limitées dans les mois à venir.

Face à cette offre restreinte en Allemagne, comme sur le reste du marché communautaire, et à une demande bien orientée pour les femelles, les prix sont à la hausse. Le cours de la vache O atteint 2,89 € en semaine 13 après s’être appréciée de 11 centimes sur les 4 semaines de mars. Les cotations restent cependant encore inférieures aux niveaux des années précédentes à pareille époque (-10% et -1%).

En Pologne, les prix se remettent doucement des effets du scandale de fraude

En Pologne, les prix progressent, mais peinent à se relever totalement du choc subi lors de la révélation de fraude sanitaire à l’abattage. La cotation de la vache O a tout de même progressé de 6 centimes sur les 4 semaines de mars (+2%). Elle s’établit à 2,66 €/kg de carcasse en semaine 13, soit à un niveau inférieur aux cotations des années précédentes (-11% par rapport à 2018 ; -1% en comparaison à 2017), mais aussi vis-à-vis des cours pratiqués avant la crise en semaine 5 (2,69 €/kg soit -1%).

En corollaire, la réduction de l’écart entre les prix des quartiers arrière et avant de vaches polonaises, portée jusque-là par une industrie polonaise de la viande transformée en plein essor, semble désormais stabilisée. Cet écart repart même à la hausse ces dernières semaines à l’avantage des arrières. La demande en viande hachée polonaise semble pâtir des effets du scandale sanitaire.

La faible demande en viande polonaise pour les marchés d’export, notamment transformée, a probablement poussé les abattoirs à limiter leur activité. D’après les données du Ministère de l’agriculture, les abattages de vaches en Pologne ont chuté en février (-25% par rapport à 2018), après avoir été très dynamiques en janvier. En cumul depuis le début de l’année, ce sont 10.000 vaches en moins qui ont été abattues (-11% par rapport à 2018).

D’après Tendances

Lait et Viande (Idele)

Le direct

Le direct