Pour votre sécurité et santé,

manipulez les porcs

avec précaution

En Wallonie, on recense un peu plus de 500 élevages de porcs. D’après les différentes statistiques qui existent pour l’agriculture, on peut remarquer que dès que l’on parle d’élevage, les animaux sont la première cause d’accident. C’est du vivant et donc on ne peut le maîtriser à 100 % ! Travailler avec des animaux engendre tout un panel de risques : l’animal en lui-même, avec ses réactions, son comportement et sa manipulation (bousculades, morsures, bruit, troubles musculo-squelettiques…) ; mais aussi l’environnement (gaz et poussières), les maladies…

Lors du travail avec les animaux, les contacts sont fréquents. Le risque d’accident est surtout présent pendant les activités de traitement et lors de la manipulation des porcs. En effet, face à des mouvements inattendus ou agressifs, le porc risque de charger, donner des coups, mordre ou plaquer l’opérateur contre un mur. Les morsures et matières fécales peuvent provoquer la transmission de certaines maladies.

La prudence, ainsi que ces quelques conseils et moyens de prévention peuvent vous être utiles pour réduire les risques qui s’exposent à vous.

Comprendre l’animal et son comportement

Un grand nombre d’accidents peut être évité en ayant une bonne compréhension des porcs et de leurs comportements. Les porcs sont des animaux qui peuvent être vite stressés et donc avoir rapidement une attitude de défense ou de fuite. En fuyant, l’animal va avoir tendance à « foncer droit devant » sans voir les éventuels obstacles. Ne jamais s’interposer devant un animal en fuite car il ne nous verra pas ! Il est donc important de les familiariser dès leur plus jeune âge avec différents bruits tels qu’une radio, la voix de l’éleveur, des travailleurs…

Plus l’éleveur/travailleur sera calme dans sa voix et dans ses mouvements, moins les porcs seront stressés et moins ils auront tendance à avoir une attitude agressive.

Le porc a une perception de l’environnement différente de celle de l’homme. Il est capable de distinguer les couleurs et de regarder en arrière sans tourner la tête car il a une vue panoramique à plus de 300º. Il est sensible aux contrastes de lumière car son acuité visuelle est limitée. Il communique avec ses congénères de manière auditive et olfactive. Il a un odorat très développé et peut percevoir l’angoisse et l’agressivité des autres animaux notamment via les phéromones secrétées. Le porc a une excellente mémoire et est un animal intelligent : il n’oubliera pas une mauvaise expérience.

En tenant compte du comportement de l’animal, il est possible d’effectuer certaines opérations de façon mieux sécurisée et plus rapide.

Éviter les morsures et bousculades

Lorsque l’on doit intervenir dans les porcs en stabulation, il est conseillé de se munir d’un panneau de guidage et d’un hochet de conduite. Ce panneau permettra d’avoir une protection permanente entre l’opérateur et l’animal. Il pourra également guider l’animal plus facilement dans la direction souhaitée.

Le panneau peut être « découpé » selon la taille de l’opérateur pour gagner en confort d’utilisation. Le hochet de conduite contient des billes qui permettent de faire du bruit pour guider les porcs et ce, de façon moins stressante que tout autre objet.

Lors de vaccins ou autres injections sur des porcs adultes, il faudra veiller à le faire dans un endroit adéquat muni de moyen de contention. Si de petits prélèvements de sang sont nécessaires, cela peut être réalisé dans la queue du cochon. Cette alternative diminue le stress de l’animal et facilite la prise de sang.

Une attention particulière doit être portée lors de ces traitements sur les truies en cage de maternité. Une arrivée trop rapide près de l’animal, sans le prévenir, pourrait lui faire faire un mouvement brusque et donc bloquer l’opérateur entre les différents barreaux de la cage.

Conseils particuliers pour le déplacement des animaux

Pour un déplacement optimal et rapide, il est conseillé d’apporter une attention particulière aux couloirs par lesquels les porcs vont passer. Tout obstacle pouvant entraver le passage des animaux risque de les effrayer. Avant de déplacer les porcs, il est conseillé de vérifier le trajet et de le ranger.

Les porcs n’aiment pas le vent, les flaques, les ombres, les grillages métalliques sur le sol et d’autres types de revêtements particuliers. Il est possible d’aménager le couloir en fonction de l’endroit où il se trouve. Des murets, par exemple, peuvent protéger les porcs contre le vent. Il est aussi recommandé d’éviter les dénivellations de plus de 20 %.

S’il y a des fenêtres, pour éviter des différences de contraste et d’ombre au niveau du sol, il est préférable de les obturer de façon temporaire. Les couloirs doivent être larges et éclairés de façon uniforme.

Utiliser des cloisons peut être utile, pour bloquer la vue ou éviter que les animaux ne partent dans la mauvaise direction. Les panneaux doivent être aussi légers que possible et munis de poignées pour éviter de se faire mal au dos lors de leur utilisation.

L’attitude de l’opérateur à également de l’importance. Il faut rester calme et ne pas hésiter à parler aux animaux. Plus ils seront en confiance, mieux ils avanceront. Le porc est curieux, stimulez-le et évitez le conflit. Prévoyez néanmoins une échappatoire.

Conseils particuliers

pour le prélèvement du sperme

Le prélèvement du sperme est une opération risquée car le verrat peut tomber du mannequin ou ruer contre ce dernier, il peut écraser ou mordre l’opérateur…

Il est dès lors conseillé de travailler sur un sol stable, d’approcher l’animal avec précaution et rester attentif à celui-ci tout au long du prélèvement, d’utiliser un siège stable (selon l’infrastructure) pour éviter de devoir se pencher et de toujours prévoir une possibilité de fuite (par exemple : une palissade ou un marchepied avec une poignée pour se protéger en hauteur).

Se protéger des zoonoses

Lors du traitement des animaux, l’opérateur est souvent en contact avec des produits vétérinaires ou d’autres produits. Lors des injections aux animaux, il est important de se protéger avec des gants et de mettre en place une bonne stratégie de contention et/ou d’immobilisation des animaux. De plus, il faudra prévoir un moyen de récupération des aiguilles et autres objets utilisés lors de ces traitements.

Par ailleurs, le risque de zoonoses (maladies infectieuses transmissibles de l’animal à l’homme) est omniprésent en porcherie. La transmission peut se faire par différentes voies (cutanée ou muqueuse, respiratoire, digestive et par l’intermédiaire de vecteurs vivants, comme les insectes). L’animal, réservoir de la maladie, peut être malade et donc transmettre l’agent pathogène à l’homme ou être porteur sain (il est porteur de l’agent pathogène sans pour autant développer la maladie).

Les meilleurs moyens de prévention sont : l’hygiène (douche, vêtements réservés au travail, lavage fréquemment des mains…) et le port d’équipement de protection individuelle (gants et masque respiratoire en présence d’animaux morts).

Le tableau 1 répertorie les principales zoonoses transmises par les porcs.

Réduire les troubles musculo-squelettiques

Que ce soit en exploitation porcine ou ailleurs, la position idéale pour le dos n’existe pas. Cependant, afin de diminuer les risques de troubles musculo-squelettiques, il est conseillé d’alterner les positions (assise, debout, accroupi…) et les activités (lourdes et plus légères).

Il existe également plusieurs solutions, plus ou moins onéreuses, tels que l’installation de sièges, l’utilisation de plans de travail amovibles et réglables selon la taille de l’opérateur. Le fait d’organiser son lieu de travail est également important : on peut regrouper tous ses outils et ainsi éviter les pertes de temps et d’énergie.

Parmi les autres solutions disponibles figure la fabrication d’un chariot de soins « maison ». Vous pouvez l’adapter à votre environnement de travail comme bon vous semble et cela évite toute une série de faux mouvements. Il est par ailleurs conseillé d’utiliser des aides à la manutention, que ce soit pour les animaux morts, la nourriture (le système d’apport par trémie ou distributeur d’aliments est recommandé), le transport de porcelets ou de toute autre charge.

De façon générale, pour réduire les troubles musculo-squelettiques, on peut aménager au mieux les installations dès le départ, réaliser des adaptations dans les porcheries existantes et planifier les activités, utiliser des aides à la manutention, éviter les faux mouvements (dos courbé et jambes tendues) et favoriser les bonnes postures de travail (se rapprocher de la charge, garder la courbure naturelle du dos et plier les jambes).

Se faire aider, si besoin

Toute activité avec des animaux présente des risques. Bien souvent, nous sommes exposés à ces risques de façon quotidienne et permanente et on ne s’en soucie plus en raison de la routine qui s’installe. Les conseillers en prévention de PreventAgri peuvent, à votre demande, gratuitement et de façon confidentielle, venir vous aider grâce à leur regard extérieur et leurs connaissances légales en prévention des accidents.

Un grand nombre de mesures de prévention sont de simples petits « trucs et astuces » peu coûteux et faciles à mettre en place. Si, dans votre exploitation porcine, vous avez mis en place des structures pour vous faciliter le travail, n’hésitez pas à les partager !

D’après Julien Vanderbruggen

PreventAgri

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