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Dynamiques divergentes des cours de viande de femelles

Les cotations des réformes suivent désormais des trajectoires différentes. L’offre en réformes a rebondi dans certains États membres comme en Irlande, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Après la forte baisse des dernières semaines, les cours irlandais se sont redressés. Ils sont sous pression ailleurs.

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En Irlande, le rythme d’abattages des réformes a poursuivi sa progression alors que les conditions météorologiques difficiles ont mis fin à la saison de pâturage dans la grande majorité du pays. D’après l’indicateur hebdomadaire du ministère de l’Agriculture irlandais, les abattages de gros bovins restaient supérieurs à ceux des années précédentes entre les semaines 45 et 48 (+6 % par rapport à 2021 et +1 % vis-à-vis de 2020). C’est notamment lié au taux de réforme : les abattages de vaches ont en effet été importants sur cette période (respectivement +25 % et +26 %).

Les prix des bovins ont fléchi à l’automne sous le poids de l’offre, mais se sont repris à partir de la mi-novembre grâce à une demande ferme à l’export, en particulier pour la viande de transformation. À l’approche des fêtes, la demande est restée ferme. La cotation de la vache O est repassée au-dessus de la barre des 4 euros, à 4,05 €/kg de carcasse (+17 % par rapport à 2021 et +43 % vis-à-vis de 2020) en semaine 48, soit 17 centimes de plus (+4 %) en 4 semaines. La reprise concerne également la cotation du bœuf R3 qui a repris +24 centimes sur la même période, à 4,75 €/kg (+13 % et +29 %).

Depuis le début de 2022, les exportations irlandaises ont été soutenues grâce à une offre en hausse et une compétitivité-prix favorable. La production irlandaise de viande bovine en 2023 devrait reculer (-2 % par rapport à 2022) d’après les estimations de Bord Bia, en raison notamment de la forte hausse des réformes de vaches en 2022, estimés à +51.000 vaches par rapport à 2021.

Lente baisse des cours des réformes au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, les abattages de gros bovins ont été à nouveau relativement dynamiques entre les semaines 45 et 48 d’après l’indicateur d’AHDB (+5 % par rapport à 2021 ; -3 % vis-à-vis de 2020). C’est notamment dû à la poursuite saisonnière des réformes de vaches (respectivement +14 % et +10 %) alors que la disponibilité en pâturage est en net retrait.

Les cours des bovins, toujours supérieurs aux années précédentes, sont cependant restés orientés à la baisse. Celle-ci est toutefois limitée. À 3,48 £/kg de carcasse (respectivement +26 % et +41 % ; soit 4,05 €/kg) en semaine 48, la cotation de la vache O a perdu 10 pence en quatre semaines (-3 %).

Les cotations des animaux plus jeunes se sont stabilisées, à l’image de celle du bœuf R3, à 4,51 £/kg (respectivement +7 % et +19 %), soit 5,24 /kg.

En septembre dernier, les importations britanniques de bœuf ont flirté avec les 24.500 tonnes (+28 % par rapport à 2021). En cumul sur 9 mois, elles ont atteint 222.500 tonnes, (+5 %). En parallèle, les exportations ont approché en septembre dernier 12.000 tonnes (+7 %). Sur les 3 premiers trimestres de 2022, elles totalisent près de 120.000 tonnes (+23 % par rapport à 2021) niveau qui reste inférieur à l’avant Brexit. Sur la période, elles ont dépassé 97.000 tonnes vers l’UE (+46 % par rapport à 2021). L’Irlande, la France et les Pays-Bas sont les principaux bénéficiaires.

Progression des abattages en Allemagne

En Allemagne, le rebond saisonnier des abattages de réformes s’est poursuivi en novembre. Entre les semaines 45 et 48, les abattages de vaches restaient cependant dans la moyenne basse des dernières années (-5 % par rapport à 2021 et +13 % vis-à-vis de 2020).

En cette période de l’année, la demande en viande de réforme reste limitée. Les cours sont orientés à la baisse, mais restent toujours nettement au-dessus des niveaux des années précédentes. En semaine 48, la cotation de la vache O est repassée sous la barre des 4 euros à 3,99 €/kgéc (respectivement +14 % et +73 %) une première depuis février 2022.

D’après AMI, après ces dernières semaines de baisse, l’offre en réformes est désormais plus équilibrée par rapport à la demande.

En attendant, sur 10 mois, les ventes au détail de viandes se sont logiquement repliées de près de -10 % par rapport à 2021 en volume par rapport à une année 2021 marquée par les restrictions autour de la RHD. C’est notamment le cas de la viande bovine (-22 %) dont la consommation en 2021 s’était nettement reportée vers la vente au détail. À noter que malgré une progression à deux chiffres, la proportion de substituts de viande reste très minoritaire.

L’inflation en Allemagne reste soutenue. Elle a ainsi atteint +10 % par rapport à 2021 en novembre dernier. Elle a été particulièrement marquée pour le secteur de l’alimentation avec un bond de +21 % sur un an, un niveau bien supérieur au niveau moyen constaté dans la zone euro.

Les cours des réformes en baisse en Pologne

En Pologne, les cotations des réformes sont reparties à la baisse après une brève remontée. S’il reste supérieur aux années précédentes, le cours de la vache O a perdu 19 centimes en quatre semaines (-4 %) pour atteindre 4,15 €/kg de carcasse en semaine 48 (+11 % par rapport à 2021 et +77 % vis-à-vis de 2020).

Sur le troisième trimestre 2022, les abattages de vaches ont avoisiné les 142.000 têtes (+6 % par rapport à 2021 et -1 % vis-à-vis de 2020 et 2019) alors que le cheptel reste contraint. Pour mémoire, La dernière enquête cheptel de juin 2022 faisait état d’un recul du nombre de vaches.

D’après Tendances lait et viande (Idele)

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