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Concilier l’éco-régime «couverture longue des sols» et cultures de printemps

Depuis cette année, l’éco-régime « couverture longue des sols » octroie une prime aux fermes dont les terres sont couvertes pendant l’hiver. Pour les cultures de printemps, cela implique de conserver les couverts d’interculture jusqu’au 15 février. Cette mesure offre de nombreux avantages environnementaux et agronomiques, mais peut aussi être source d’inquiétudes et de risques pour la culture suivante.

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Les modalités d’entrée dans l’éco-régime ont été déterminées bien après l’implantation estivale des couverts d’interculture. Le choix des espèces n’a donc souvent pas été réfléchi en vue de cet objectif de couverture longue. Les gelées de cet hiver ont suffi à détruire les espèces gélives, tandis que les repousses de céréales sont nombreuses, en raison d’un démarrage difficile du couvert lors de cet été sec et du manque de levées au moment des déchaumages.

Les épisodes de gel après le 15 janvier ont pu être propices à un roulage des couverts pour en accélérer la décomposition, mais profiter des premières gelées de décembre aurait pu être plus adapté, agronomiquement parlant. Les meilleures conditions de travail du sol, quant à elles, se sont présentées quelques jours avant le 15 février (gel, terres ressuyées). En cette fin de mois de février, beaucoup sont donc déjà intervenus sur leurs terres soumises à l’éco-régime.

Pour les autres, les options sont multiples. Un labour de printemps peut être envisagé mais que sur terres légères et bien ressuyées pour éviter les lissages. Toujours sur terres ressuyées, plusieurs passages de disques peuvent être mis en œuvre.

En cas de recours au glyphosate seul, il convient de faire attention à la nouvelle limite de 720 g/ha, potentiellement insuffisante s’il n’y a pas que des repousses de céréales sur la terre. Enfin, la combinaison de disques et de glyphosate permet d’augmenter les chances que la dose de glyphosate agréée suffise.

L’incontournable rapport C/N

La date optimale de destruction du couvert dépend fortement de la composition et du développement de celui-ci, de la culture qui suivra et sa date d’implantation.

La date de destruction optimale est liée au rapport C/N du couvert, qui va influencer la dynamique de dégradation de celui-ci et donc le relargage des éléments minéraux, comme l’azote. Plus un couvert est développé, plus son C/N sera élevé et donc moins il relarguera rapidement les éléments qu’il contient, tandis que l’azote disponible du sol sera mobilisé par les micro-organismes pour décomposer les résidus.

Cette année, il est donc fort probable que la majorité des couverts, souvent riches en crucifères (moutarde) et graminées (repousses de céréales) aient été détruits à une date non optimale, menant à une lignification des plantes (augmentation du C/N). La dégradation de ces résidus peut donc mener à une « faim d’azote », surtout en travail du sol réduit (non-labour) et pour les premiers semis de l’année (céréales de printemps, betterave…).

Pour limiter ce phénomène il est conseillé de détruire son couvert un mois avant le semis de la betterave. Plus la destruction sera proche du semis, plus il sera donc important d’apporter une part de la fumure au semis, comme engrais starter pour assurer un bon démarrage de la culture.

Cependant, si le couvert est riche en légumineuses, peu développé ou que de l’azote organique ou minéral est disponible en suffisance et que vous êtes équipés d’un semoir à disques, la destruction pourra être rapprochée de la date de semis de la culture suivante.

Et si on regarde plus loin…

Pour sortir le nez du guidon, il nous faudra tirer les enseignements de cette première année de vie de l’éco-régime et, surtout, anticiper la saison 2023-2024…

Pour cela, il faudra adapter au mieux la gestion des couverts en vue d’une destruction tardive avant culture de printemps, souvent nécessaire pour atteindre le plus haut seuil de couverture considéré dans l’éco-régime (90 % de la SAU pour la prime la plus élevée). Il faudra considérer, pour chaque contexte, le choix du mélange d’espèces, les opérations de travaux de sol, les techniques d’implantation du couvert, les modalités de destruction…

Chacun de ces volets mérite une réflexion poussée, pour laquelle Greenotec peut vous aider, et les solutions clé sur porte, adaptées à toute situation, n’existent malheureusement pas.

D’après Greenotec

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