Accueil Voix de la terre

Quand le bâti devient bâtisses

À l’évocation de « friche industrielle », nous apparaît l’image d’usines abandonnées, de cheminées cyclopéennes, de terrains vagues envahis de ferrailles, embroussaillés et tristes à pleurer. Cette impression de « déjà-vu » m’est venue à l’esprit en longeant les grandes étables abandonnées d’une ferme vidée de ses animaux depuis quelques années seulement. Genêts, jeunes frênes et saules ont déjà colonisé les recoins de la fumière et les abords des silos-couloirs. Des barrières pendent sur leurs gonds et les toitures en fibres-ciment sont constellées de trous, de çà de là. Traînent encore une brouette rouillée et une débouseuse toute déglinguée, des piles de pneus, des monceaux de vieux piquets… Pour le reste, avec un peu d’imagination, on pourrait encore apercevoir le fantôme du fermier au volant d’un gros chargeur articulé, accompagné de son chien, occupé à désiler ou à transporter un ballot de paille.

Cette « friche agricole » est aussi déprimante que le site de Chertal ou d’autres dans le Pays Noir, des endroits naguère débordants de vie où toute activité a cessé brutalement hier. Des lieux délaissés, oubliés, abandonnés à leur sort, condamnés à s’effondrer lentement sur eux-mêmes, en attendant une réhabilitation hypothétique et fort coûteuse… Notre bâti rural agricole devient bâtisses impotentes, une fois le fermier parti, sans personne pour reprendre le flambeau, dans un monde où tout se réfléchit à court terme, où la culture d’entreprise incite à investir sans cesse dans...

Article réservé aux abonnés

Accédez à l'intégralité du site et recevez Le Sillon Belge toutes les semaines

Abonnez-vous

Déjà abonné au journal ?

Se connecter ou Activez votre accès numérique
L'info en continu Voir toute l’actualité en continu >

A lire aussi en Voix de la terre

Courrier des lecteurs : il suffira d’une étincelle

Voix de la terre Ouuuufffff ! Les risques de canicule sont derrière nous. Finalement, l’été 2025 n’a pas répondu aux prévisions qui l’annonçaient torride et dramatiquement sec. Quelques pluies sont venues arroser nos prairies et nos champs aux bons moments, et les thermomètres n’ont guère grimpé à des hauteurs vertigineuses comme quelquefois annoncées. On ne va pas s’en plaindre ! Nous vivons dans un bon petit pays à l’abri des excès en tous genres, une oasis de tranquillité où même les nuages et le soleil ne se prennent pas trop au sérieux, et restent bon enfant la plupart du temps.
Voir plus d'articles