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La rentabilité du lait à nouveau en berne!

Depuis un an, le prix du lait payé aux producteurs a baissé de plus de 34 % ! Après une courte période où les producteurs laitiers ont pu sortir la tête de l’eau, c’est le retour d’une situation qui est critique pour la rentabilité des fermes laitières, et donc pour leur pérennité. Le MIG rappelle l’importance de la rentabilité et la stabilité du secteur laitier pour la préservation des exploitations locales.

Temps de lecture : 4 min

Le MIG est une association indépendante qui protège les intérêts des producteurs laitiers wallons et qui poursuit un objectif simple : défendre un prix du lait équitable pour une agriculture durable.

Il suit continuellement l’évolution du marché du lait et la rentabilité de la production laitière pour les producteurs notamment en publiant des études mises à jour tous les trimestres. Pour ce faire, il utilise notamment des analyses chiffrées réalisées par la DAEA (Direction de l’Analyse Économique Agricole du Service Public de Wallonie – ARNE, Belgique) et le BAL (Büro für Agrarsoziologie und Land-wirtschaft, Allemagne).

L’importance d’un prix équitable

Le prix du lait est considéré comme équitable pour le producteur lorsqu’il couvre la totalité des coûts de production, qu’il offre un revenu décent pour le travail et qu’il assure une capacité d’épargne/d’investissement. Un prix équitable est synonyme de pérennité pour les exploitations laitières. Force est de constater que le prix du lait n’est pas équitable en 2023 !

La méthode d’analyse de la rentabilité laitière

Dans l’évaluation d’un revenu équitable pour le producteur laitier, le MIG calcule la différence entre les recettes et les coûts de production liés à l’activité laitière de l’exploitation.

Les recettes sont composées de la vente du lait, des aides de la PAC et d’autres recettes telles que la vente de bovins. Les coûts de production quant à eux intègrent tous les coûts qui induisent des mouvements de trésorerie, ainsi qu’une rémunération cible du producteur, calculée sur base du coût salarial d’un ouvrier agricole qualifié (CP144). Cette référence sert uniquement de base de calcul mais ne représente pas les contraintes réelles des producteurs qui sont des indépendants.

Si le coût est supérieur aux recettes, la différence est nommée « part non-couverte des coûts ». Dans le cas contraire, elle est appelée « complément de revenus ». La figure 1 illustre en bleu les recettes, en vert les coûts de production et en rouge la part non-couverte du coût pour le producteur laitier.

45-4088-fig1- rentabilité (2)

 

Un prix du lait en chute libre face à une stabilité des coûts de production

D’après les calculs effectués sur base de chiffres du réseau comptable de la DAEA du SPW-ARNE, entre octobre 2022 et juillet 2023, le prix du lait en Belgique a chuté de 20,7 €cents/kg de lait.

45-4088-fig2- prix du lait brut conventionnel (2)
Les coûts de production sont quant à eux restés relativement stables entre le deuxième semestre de 2022 et le premier semestre 2023, aux alentours de 61 €cents/kg de lait. Certains postes de coûts ont toutefois varié. Cela concerne principalement les achats et la production de fourrages. Leur diminution est contrebalancée par la hausse de la rémunération cible du producteur, appliquée suite à l’indexation des salaires de janvier 2023.

45-4088-tab1- lait-conventionnel

 

L’écart se creuse entre coûts de production et revenus du producteur

Depuis le début de 2023, le prix a baissé drastiquement alors que les coûts de production se sont maintenus à 61 €cents/kg de lait.

La baisse du prix du lait de 34 % entre octobre 2022 et juillet 2023 a fait passer le revenu du producteur laitier bien en dessous de ses coûts de production.

En effet, la figure 3 montre qu’au deuxième trimestre 2023, il manquait 8,4 €cents/kg de lait produit pour couvrir l’entièreté des coûts de production du lait !

45-4088-fig3-part-non-couverte

Cela signifie également que le producteur laitier perçoit une rémunération horaire inférieure à celle d’un ouvrier agricole qualifié.

De plus, si on émet l’hypothèse que les coûts de production au 3e trimestre 2023 resteront stables et similaires aux coûts de production du 2e trimestre, et sur base des derniers prix publiés par l’Observatoire du marché du lait de l’UE, on évalue que la part non-couverte des coûts augmente encore pour arriver à 11 €cents/kg en juillet 2023.

La mauvaise rémunération chronique des producteurs laitiers menace la viabilité des exploitations. Le MIG dénonce cette situation alarmante et invite vivement ceux qui veulent se mobiliser face à cette baisse du prix du lait à le contacter.

Christian Wiertz

, Président du MIG

Sandy Manfroy

, Chargée de mission

mig.wallonie@gmail.com

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