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En 2024, des enjeux majeurs pour toute la filière pomme de terre, liés à la faible disponibilité en plants!

L’approvisionnement en plants pour la culture 2024 s’annonce compliqué. Par rapport à 2022, les surfaces de multiplication se sont réduites de 7 % pour les 5 principaux pays producteurs de plants dans l’Union Européenne (Pays-Bas, France, Allemagne, Danemark et Belgique).

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Les surfaces cumulées ont perdu 10.000 ha en 3 ans pour s’établir à environ 84.200 ha l’an dernier. Tous les types de variétés sont concernés.

Les plants en 2023

La production de plants 2023 s’est caractérisée globalement par un rendement moyen, un calibre plutôt gros (peu de tubercules par plante), et une pression virulifère forte en début de culture qui a mené à des taux de déclassements élevés lors de la certification. Plusieurs centaines d’ha n’ont également pas pu être récoltés suite aux pluies continues, principalement aux Pays-Bas.

Ces éléments mènent à une faible disponibilité en plants pour la culture 2024, alors que les besoins sont en hausse, surtout en variétés fritables et chipables : l’industrie européenne reste en effet en expansion et cherche à faire produire toujours plus d’hectares. Il en résulte des prix (très) élevés pour les plants, quel que soit le secteur concerné (frites, chips, marchés du frais), et le contexte commercial (en lien ou non avec un contrat de rachat des pommes de terre).

Respect des règles et normes en vigueur

La tentation sera donc grande pour les producteurs de pomme de terre de consommation (industrielle ou fraîche) de compléter leur approvisionnement traditionnel par d’autres sources. Dans l’intérêt de l’ensemble de la filière, il est utile d’appeler au respect de toutes les règles et normes en vigueur :

Le plant fermier réservé à l’autoapprovisionnement

Le plant fermier est strictement réglementé dans les différents pays et est strictement réservé à l’auto-approvisionnement. En Belgique, la production doit faire l’objet d’une déclaration préalable auprès de l’Afsca. Et dans le cas de plants circulant (c’est-à-dire produit, stocké ou utilisé en dehors de la zone couverte par la commune de l’exploitation et les communes voisines), l’opérateur doit demander un agrément à l’Afsca comme utilisateur de passeport phytosanitaire et plusieurs analyses phytosanitaires doivent être réalisées ; les prescriptions Afsca relatives au plant fermier sont reprises ici.

Récupération interdite

La récupération de sous-calibre de consommation de la récolte précédente est interdite.

Responsabilité de conservation des plants

Il est probable que les utilisateurs demandent une livraison précoce des plants, par crainte d’une pénurie, ou afin de les couper. Dès que les plants sont livrés, la responsabilité de leur conservation en bon professionnel est transférée au destinataire.

Pour les plants coupés

La coupe du plant sera pratiquée à grande échelle cette année. Si elle n’est pas réalisée correctement, le risque est grand de disséminer rapidement et massivement les maladies fongiques, virales ou bactériennes et, en particulier, les maladies de quarantaine. Le recalibrage et la coupe des plants de pommes de terre se font toujours aux risques et périls de l’utilisateur. Conformément à la réglementation en vigueur sur la mise en marché des plants de pomme de terre, les pommes de terre de semence coupées perdent automatiquement leur statut de plants certifiés ainsi que toutes les garanties inhérentes. Les responsabilités des producteurs de plants disparaissent alors de facto.

Lorsque la décision de couper est prise :

– l’agriculteur ne pourra planter que des plants coupés par lui-même ou par un entrepreneur qu’il a mandaté pour le faire, et sous la responsabilité du donneur d’ordre. Les prescriptions Afsca relatives à la coupe des plants sont reprises ici.

– la coupe doit se faire en respectant les bonnes pratiques (voir sur www.vegaplan.be). Si elle est réalisée par un prestataire de service, celui-ci doit être enregistré auprès de l’Afsca. Il doit aussi être certifié comme entrepreneur auprès de Vegaplan.

Les défis liés à l’approvisionnement difficile en plants pour la culture 2024 sont énormes pour tous les maillons de la filière. Au-delà des surcoûts qu’elle entraîne, c’est aussi le rendement et la qualité des productions de pomme de terre qui sont en jeu. En outre, toute la filière a intérêt à stabiliser les superficies de plants, dans l’UE.

D’après Belpotato.be

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