Courrier des lecteurs :la destruction d’un trésor
Jeudi dernier, j’ai été sidérée. C’est le mot. Je suis restée scotchée sur mon téléphone à regarder un semi-direct d’une confrontation hallucinante. D’un côté, les forces de l’ordre qui déployaient des moyens hors normes pour pénétrer dans une ferme protégée par… une poignée de paysans. Dans le ciel, les fumigènes pleuvaient depuis les hélicoptères sur des hommes et des femmes, qui leur criaient leur désespoir. Le tableau était tristement parfait, nous avions là une métaphore du rapport de force qui oppose actuellement l’Europe, qui de sa superbe hauteur n’a d’yeux que pour le Mercosur, face aux paysans qui eux, ont les pieds sur terre.

Pas plus tard que la semaine passée, quelques dizaines d’agriculteurs et de sympathisants s’étaient bien (naïvement) préparés à protéger une ferme en Ariège : arbres couchés, routes ouvertes avec le bull de la ferme, petits incendies de pneus ou de paille. Leur but ? Protéger un cheptel de 207 vaches où un foyer de DNC avait été détecté. Depuis la découverte de la vache infectée, l’agriculteur l’avait isolée et confiné le reste de son troupeau qui ne présentait pas (encore) de symptômes de la maladie. Bien que cette dernière mesure n’aurait pu porter ses fruits à cause du...
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