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Des milliers d'agriculteurs européens attendus à Strasbourg

Des milliers d'agriculteurs européens, notamment belges, sont attendus mardi à Strasbourg pour exprimer leur rejet de l'accord commercial avec le Mercosur et «mettre la pression» sur les députés européens, à la veille d'un vote sur une saisine de la justice européenne.

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Trois jours après la signature de l'accord commercial entre l'UE et les pays latino-américains du Mercosur, au Paraguay, les agriculteurs ne comptent «pas lâcher», déclare Hervé Lapie, secrétaire général du syndicat agricole français FNSEA. Ils s'étaient déjà mobilisés par milliers le 18 décembre à Bruxelles.

Selon lui, «600 à 700» tracteurs doivent affluer dès le matin dans la capitale alsacienne, ce qui devrait provoquer des difficultés de circulation. Un important dispositif policier sera déployé pour protéger le Parlement européen, en pleine session plénière.

Au total, quelque 4.000 agriculteurs venus des quatre coins de l'Union européenne, dont l'Italie, la Belgique et l'Allemagne, sont attendus, avec une majorité de Français, le mouvement ayant été lancé par la FNSEA, premier syndicat agricole national.

Côté belge, des agriculteurs de la Fugea et du Boerenbond ont annoncé leur volonté de rallier Strasbourg. 

Les eurodéputés ne se prononceront sur l'ensemble de l'accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s'exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).

En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l'accord avec les traités. Si l'avis de la cour est négatif, l'accord ne pourra entrer en vigueur que s'il est modifié.

 «Ce vote constitue également un véritable test politique: il indiquera clairement de quel côté se positionne le Parlement européen», estime la Fugea.

 «Même s'il y a des pays qui sont favorables au Mercosur, à l'intérieur des pays, il y a des eurodéputés qui se questionnent fortement et ça peut se jouer à quelques voix près donc il faut continuer à mettre la pression», souligne de son côté M. Lapie, de la FNSEA.

Les agriculteurs ont prévu de rencontrer de nombreux parlementaires et de rester à Strasbourg jusqu'à mercredi.

Négocié depuis 1999, l'accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d'États.

Ce texte crée l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l'Union européenne, le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.

Il doit permettre à l'UE d'exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l'Amérique latine tout en facilitant l'entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.

Pour ses détracteurs, cela va bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants.

Au-delà de l'accord avec le Mercosur, les manifestants, soutenus par le Copa-Cogeca, principale organisation agricole européenne, s'inquiètent de l'avenir et du financement de la Politique agricole commune (PAC) et réclament des mesures de simplification.

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