En Flandre, le pari génétique d’un couple d’éleveurs laitiers
Hans Thielemans exploite à Ravels une ferme laitière comptant 170 vaches en lactation et 130 jeunes bovins. Il vise à porter le troupeau à près de 200 vaches en production et mise pour cela sur la génétique afin d’obtenir plus de lait, mais aussi un lait plus riche.

Construction entièrement nouvelle hors du centre du village

Actuellement, environ 170 vaches sont en production et traites par trois robots. « Il y a encore de la place pour un quatrième robot et le nombre de vaches en lactation doit progressivement atteindre près de 200. L’autorisation et les bâtiments le permettent », précisent-ils.
Au départ, les vaches étaient réparties en deux groupes : un groupe de génisses, afin qu’elles puissent s’habituer calmement aux robots, et un groupe de vaches déjà familières du système. « Cela n’a pas bien fonctionné. Il fallait constamment aller chercher les génisses pour les faire traire. Nous avons ensuite constitué un seul grand groupe avec libre circulation des animaux, et cela fonctionne beaucoup mieux. Il faut encore parfois aller chercher certaines vaches qui ne sont pas passées au robot dans la journée, mais c’est beaucoup moins fréquent qu’auparavant », raconte Hans.
Pas tout d’un coup, mais étape par étape
En matière de santé animale, Hans et Sofie surveillent surtout les mammites et les problèmes de fertilité (kystes).
Côté automatisation, l’exploitation dispose déjà, en plus des robots de traite, de l’espace nécessaire pour un robot racleur à lisier, un repousse-fourrage et un distributeur automatique de lait pour les veaux. « Les autres tâches dans l’étable, nous les effectuons encore nous-mêmes. Nous sommes deux et mes parents peuvent aider, cela suffit pour l’instant et nous n’avons pas besoin de personnel extérieur. Financièrement, nous ne devons pas tout réaliser en une seule fois ».
Des glaces en distributeur et des panneaux solaires
À plus long terme, le couple a encore quelques projets d’investissement. Ils rêvent notamment d’un distributeur de glace à l’italienne. « Un magasin en circuit court n’est peut-être pas directement notre ambition, mais nous avons le lait et notre exploitation est désormais située le long d’un itinéraire de promenade et de cyclisme très fréquenté du printemps à l’automne. Dans quelques années, un distributeur de glaces pourrait certainement être une bonne option ».
Hans a également reçu des propositions pour installer des panneaux solaires sur les toitures des étables et du hangar. « Les surfaces de toit sont importantes et une exploitation laitière consomme relativement beaucoup d’énergie pour les robots et pour le refroidissement et le stockage du lait. Des panneaux solaires et une batterie semblent donc une étape logique. Mais nous avons d’abord un investissement plus important devant nous », précise Sofie.
Les nouveaux bâtiments ont été construits il y a quelques années sans habitation. « Les fondations de notre maison viennent d’être posées. C’est un coût important qui n’a pas d’effet direct de rentabilité pour l’exploitation. Mais il sera évidemment beaucoup plus simple de vivre sur place avec nos deux filles, Lenne et Dinthe, plutôt qu’à quelques centaines de mètres. Et nous pensons aussi à la biosécurité : on a une meilleure vue sur les allées et venues lorsqu’on habite à côté des étables », explique Hans.
La génétique comme levier
En matière de génétique, Hans suit les grandes lignes que tout éleveur laitier souhaite appliquer. « Des animaux en bonne santé qui produisent beaucoup de lait riche, c’est l’objectif de tout éleveur. La génétique et ce que l’on peut en tirer pour une exploitation laitière me passionnent énormément. Sur notre ferme, tout se fait par insémination artificielle avec semence sexée. 40 % des veaux sont des Holstein qui restent sur l’exploitation ; 60 % sont des Blanc Bleu Belge et sont vendus. »
Les bons conseils sont toujours précieux pour un éleveur laitier. « Lors de la construction, nous avons reçu la visite de nombreux conseillers et représentants, chacun voulant défendre son produit. Les avis se contredisaient parfois et il n’était pas facile d’y voir clair. Les bons conseils et la formation continue sont pourtant essentiels. Ni Sofie ni moi n’avons suivi une formation agricole classique. Nous avons appris le métier en travaillant sur les exploitations de nos parents et en suivant ensuite des formations. En hiver, nous essayons de participer à des formations, des démonstrations pratiques et des rencontres de réseau, comme la nouvelle Dairy Rentability Day à Audenarde. »
Les dernières soirées d’information auxquelles Hans a assisté portaient presque toutes sur l’avenir des zones humides de la région de Turnhout. « Nous sommes juste en dehors de cette zone et n’avons pas de problème, mais lorsque je vois ce qui arrive aux éleveurs laitiers situés dans cette région, cela me brise le cœur. Les objectifs poursuivis ne seront pas atteints en supprimant tous les éleveurs. Des exploitations solides, où de jeunes repreneurs – comme nous – étaient prêts à prendre la relève, sont sacrifiées pour des objectifs irréalistes », conclut Hans.





