Encore un score!

Depuis quelques années, le Nutriscore a fait son apparition dans les rayons de nos supermarchés… et dans nos vies. Pour rappel, à travers une échelle allant de A (le plus sain) à E (le moins sain), il compare la valeur nutritionnelle de divers produits au sein d’une même gamme. Bon nombre de consommateurs en ont fait une base de choix au moment de remplir leurs caddies. À l’inverse, d’autres s’y intéressent peu, le jugeant parfois trop simpliste ou insuffisamment représentatif de la qualité globale d’un aliment, voire n’y accordent aucune importance.
Certains évoquent désormais l’ajout d’un score climatique sur nos aliments. Une réflexion en ce sens a d’ailleurs été engagée à l’échelle européenne. Ici aussi, une classification à cinq niveaux est évoquée. Si cela peut guider les consommateurs dans leurs choix, faut-il encore que les efforts en matière d’environnement et de climat soient portés par l’ensemble des maillons de la chaîne agroalimentaire, de la production à la vente.
En effet, d’aucuns pensent utiliser, comme base à ce nouveau score, les actions portées par les agriculteurs et éleveurs en vue d’améliorer leur « situation environnementale ». On parle, notamment, de la consommation de carburant, d’engrais minéraux, d’eau… Avec, à la clé, un suivi complet des actions précises et, potentiellement, les contrôles y afférent.
Mais, au-delà du monde agricole, que feront les autres acteurs de l’agroalimentaire ? La réflexion doit être bien plus large et engager tout un chacun. Ainsi, les transporteurs pourraient verdir leur flotte, tandis que les centrales d’achat pourraient réduire leur dépendance aux importations, que ce soit par bateau ou avion en ce qui concerne les produits facilement disponibles en Belgique (pommes de terre de Chypre, fraises d’Espagne, haricots du Kenya…). Les centres d’emballage pourraient, eux aussi, apporter leur pierre à l’édifice en réduisant nettement, voire, selon les cas, en supprimant, les emballages de certaines denrées alimentaires. Enfin, les supermarchés ne doivent pas être avares d’efforts. Pensons, notamment, aux frigos ouverts qu’il serait bon de doter de portes.
Les agriculteurs ne sont nullement réticents à faire évoluer leurs pratiques. Toutefois, il semble légitime que l’adoption de nouvelles techniques, requérant une charge mentale et administrative accrue, s’accompagne d’incitants appropriés. Les acteurs en aval de la production primaire ne peuvent s’octroyer l’entièreté des bénéfices, financiers notamment, résultant des efforts consentis en amont. Pour gagner en cohérence, cette juste répartition de la valeur ajoutée doit aller de pair avec une répartition équitable des actions à mener, de la ferme au rayonnage des grandes surfaces. Car tout ne peut reposer, comme c’est trop souvent le cas, sur le dos des agriculteurs.





