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DNC : la Belgique se dote d’un stock stratégique de 200.000 vaccins

À l’approche de la saison à risque, la Belgique renforce son dispositif de protection des élevages bovins. L’arrivée de 200.000 doses de vaccin contre la dermatose nodulaire contagieuse illustre une stratégie de précaution visant à sécuriser le secteur face à une maladie encore absente du territoire, mais surveillée de près.

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Cette livraison concrétise la volonté des autorités de se préparer en amont à une maladie animale encore absente du territoire belge, mais dont la progression dans certaines zones européennes impose désormais une vigilance renforcée. Le vaccin constitue, dans ce contexte, un instrument de précaution destiné à permettre une réaction rapide en cas de foyer détecté en Belgique ou à proximité immédiate de ses frontières.

Prudence à l’approche des mois les plus chauds

Avant d’être intégré au stock stratégique, le lot réceptionné doit toutefois encore franchir plusieurs étapes. Il fait actuellement l’objet d’une analyse et d’une validation par Sciensano, l’institut scientifique de santé publique. Dans le même temps, le fabricant finalise les notices dans les deux langues nationales, conformément aux exigences réglementaires. Celles-ci devraient être disponibles dans les prochaines semaines.

Une fois ces formalités accomplies, les doses seront officiellement prêtes à être mobilisées. Les autorités soulignent néanmoins que, si l’évolution de la situation sanitaire l’exigeait, le vaccin pourrait être utilisé sans attendre l’achèvement de ces dernières démarches administratives. La priorité, insistent-elles, demeure la protection des éleveurs et de leurs animaux. Cette anticipation prend une résonance particulière à l’approche des mois plus chauds. Avec la hausse des températures, la présence des insectes piqueurs susceptibles de jouer un rôle dans la transmission de la maladie est appelée à s’intensifier, ce qui renforce l’intérêt de disposer sans délai d’un outil de réponse opérationnel.

Si la DNC semble aujourd’hui globalement contenue, elle est loin d’avoir été éradiquée en Europe. Trois nouveaux foyers ont récemment été détectés en Sardaigne, où aucun cas n’avait été signalé depuis novembre 2025, signe d’une persistance possible du virus à bas bruit durant l’hiver. Dans un contexte de reprise de l’activité vectorielle et d’assouplissement des restrictions de mouvements, le risque de résurgence et de diffusion s’accroît, y compris vers des zones jusqu’ici indemnes comme la Belgique. Les autorités rappellent dès lors que le principal facteur d’introduction du virus demeure l’importation d’animaux vivants en provenance de régions proches de zones infectées, et appellent à la plus grande prudence.

Des doses rapidement mobilisables

Le ministre David Clarinval a salué une avancée importante pour le secteur. Il rappelle avoir mobilisé les moyens budgétaires nécessaires afin de constituer cette réserve de 200.000 doses, qu’il présente comme une mesure de précaution essentielle pour préserver la continuité des activités agricoles. Selon lui, l’arrivée de ces vaccins représente une nouvelle rassurante pour l’ensemble de la filière bovine.

Même tonalité du côté de l’Afsca qui souligne qu’aucun cas n’a, à ce stade, été détecté en Belgique, mais insiste sur la nécessité de préparer au mieux le pays à une éventuelle introduction du virus dans le cheptel. En cas d’apparition d’un foyer, les doses acquises pourraient être rapidement déployées afin de protéger les bovins présents dans les exploitations et les pâturages situés à proximité. En parallèle, les autorités compétentes poursuivent leur analyse de risque en continu, de manière à adapter la stratégie à l’évolution de la situation épidémiologique. Dans l’immédiat, l’Afsca continue de rappeler l’importance du strict respect des mesures de biosécurité dans les élevages, la prévention demeurant, plus que jamais, le premier rempart contre la maladie.

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