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Une actualité marquée par des conditions météo contrastées

C’est le moment de faire le point sur l’actualité en maraîchage. Une actualité marquée par les conditions météorologiques… En effet, après un hiver bien peu douloureux et un printemps aux allures estivales, voici le début de l’été tourmenté d’orages. Les situations sont très nuancées d’une sous-région à l’autre : d’un déficit hydrique chez les uns à des coulées de boue soulevant les cultures en place chez d’autres.

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L’année avait plutôt bien commencé, les structures de sol avaient pu être respectées. C’est très important pour l’avenir des cultures. D’un autre côté, les températures élevées de mai ont été très favorables à l’installation précoce des colonies d’auxiliaires.

Nous sommes devant une grande hétérogénéité de situations, allant de tout à rien d’un village à l’autre. La bonne structure et les aménagements vers la biodiversité seront des atouts en toutes situations.

Quelle progression pour les maladies et ravageurs ?

Les populations de pucerons ont été repérées tôt cette année, elles se sont plutôt peu étendues sous abri comme en plein air.

La présence des pontes de syrphes et de larves de coccinelles n’est pas généralisée mais est bien constatée. Les populations de pucerons restent peu importantes. La persistance du temps ensoleillé et chaud lors des dernières semaines a probablement joué un rôle.

Nous nous attendons à l’établissement assez rapide d’un équilibre, du moins dans les parcelles maraîchères entourées de sites de biodiversité (bosquets, haies…)

Il se pourrait que les foyers déjà repérés actuellement soient en expansion temporaire lors des quelques prochaines semaines. Dans une large majorité de cas, il n’y a pas lieu d’intervenir, simplement, restons attentifs.

Les auxiliaires se sont rapidement développés à la faveur des températures élevées de mai.
Les auxiliaires se sont rapidement développés à la faveur des températures élevées de mai. - F.

Concernant les limaces et les escargots, depuis plusieurs semaines, les populations sont en forte augmentation en plein air comme sous abri. Si celles-ci semblent importantes sur certains sites, elles peuvent être plus faibles ailleurs.

Les pièges de comptage, constitués de cartons humidifiés et recouverts d’une bâche, sont disposés sur la parcelle. Il convient de placer au moins 4 pièges de ¼ de m², Le comptage est réalisé trois jours plus tard et s’exprime en individus/m². Le seuil de tolérance dépend de la sensibilité de la culture. Nous considérons que le maximum tolérable est de 1 individu/m² en cultures sensibles comme les laitues, les choux, les radis, les navets, les fraises et les épinards. Nous pouvons retenir le niveau maximum de 2 individus/m² sur chicons et celui de 12/m² sur haricots. Dans assez bien de sites, une lutte n’a pas été nécessaire, restons vigilants au début de l’installation de jeunes cultures.

Pour les oiseaux et petits mammifères, plusieurs techniques permettent de limiter les dégâts. En les alternant et les combinant, l’efficacité globale est améliorée. Les clôtures et les filets contre les pigeons sont coûteux et assez efficaces. L’emploi des canons effaroucheurs est soumis à des demandes d’autorisation à la commune pour éviter la nuisance auditive aux riverains. Les animaux sauvages ont soif, ils recherchent un peu de fraîcheur, la pose de bacs-abreuvoirs à eau peut être une partie de la solution. Les pluies de la semaine dernière et la baisse sensible des températures rendent la situation moins critique.

En choux et crucifères, des dégâts dus aux altises

Les plantations ont bien progressé lors des trois dernières semaines. Et plusieurs soucis sont constatés. Avec le vent sec et la chaleur, l’apport d’eau pour l’implantation est nécessaire.

Les altises sont favorisées par les conditions sèches et la température jusqu’à fin mai. Ce sont les situations où la rotation ne permet par une distanciation des cultures d’une année à l’autre qui sont les plus impactées, assez logiquement. Tous les choux, le navet, le radis et de nombreuses adventices de la famille des Brassicacées sont concernés. L’importance des dégâts dus aux altises est liée à la fréquence de périodes chaudes et sèches lors des dernières années. Localement, les parcelles riches en adventices Brassicacées sont plus marquées. Nous repérons leur présence par les dommages sur les feuilles cotylédonaires et les jeunes feuilles. Lorsque nous passons la main sur le feuillage, les adultes dérangés font des bonds facilement repérables. Les mesures prophylactiques préviennent l’arrivée ou le développement de ces populations. En cas de forte attaque, des interventions insecticides doivent parfois être envisagées.

Les vols de papillons dont les chenilles se nourrissent de choux étaient en forte augmentation jusqu’à fin mai. La surveillance et la pose de filets sont à prévoir rapidement sur les nouvelles plantations. Les parcelles de choux-fleurs sous voile sont en pommaison. Or, les conditions météo précoces depuis avril et celles annoncées pour les prochains jours peuvent permettre l’arrivée de papillons dont la teigne des crucifères, la noctuelle gamma et même les piérides. La surveillance est requise pour repérer d’éventuelles pontes.

Notons que la noctuelle gamma est souvent repérée d’abord sur les Astéracées en début de saison (les laitues et les Astéracées sauvages en périphérie de parcelles).

Protéger les poireaux de la mouche mineuse

Les vols de la mouche mineuse Phytomyza gymnostoma ne sont pas repérés dans toutes les parcelles. Nous restons sur nos gardes en observant la présence de piqûres de nutrition sur le feuillage des cultures et en poursuivant la pose soignée de filets. Les trois semaines de forte chaleur en mai ont freiné les vols. Ceux-ci peuvent reprendre rapidement depuis la baisse des températures fin mai : à surveiller de près et à protéger dès les repérages.

La sécheresse de mai suivie des orages

Comme cela se passe de plus en plus fréquemment, une période de déficit hydrique a marqué la conduite des cultures. Les précipitations orageuses de la semaine dernière ont frappé de manière très différenciée la région : de presque pas de pluie à certains endroits à des ravages calamiteux en d’autres zones. Il faudra bien s’y adapter.

Lorsque c’est possible, essayons de sauver ce qui peut l’être. La particularité de ce début de saison est que l’année a commencé avec des structures de sol de bonnes à excellentes. Or, un sol correctement décompacté permet une pénétration des racines en profondeur après la levée ou la plantation.

S’il s’est compacté sous la force des précipitations, essayons de décompacter puis de rassoir la surface lorsque ce sera possible.

Dans notre maîtrise de l’enherbement, nous sommes souvent amenés à faire des faux semis. En soi, la technique permet de réduire l’emploi d’herbicides. Mais un faux semis signifie aussi une perte d’eau lors de cette opération. Entre deux maux, il faut prendre le moindre, puisqu’un envahissement d’adventices rime également avec moins d’eau pour la croissance de celles-ci, le faux semis reste dès lors une technique intéressante.

Le binage reste nécessaire dans la gestion de l’eau. En rompant la capillarité, en aérant le sol et en éliminant des adventices, il est utilisé chaque fois que possible. Les nouveautés technologiques ouvrent des espoirs grâce au pilotage automatisé, en grandes comme en petites surfaces maraîchères. L’intérêt est surtout marqué après une battance du sol en surface, comme après un orage ou une aspersion trop violente.

Par ailleurs, lorsque le déficit hydrique est marqué comme c’est le cas dans certaines zones, nous prévoyons des arrosages durant la croissance de la culture. Les apports se réalisent sur base d’un calcul qui tient compte de la nature du sol et des besoins de la culture. En première approche, nous retenons des apports de 1 mm (soit 1 litre par m²) par cm de sol à irriguer pour l’aspersion. Pour l’irrigation en goutte-à-goutte, nous multiplions ce chiffre par 0,5 à 0,9 selon que les rangs sont écartés les uns des autres ou pas. Il faut une longue expérience pour pouvoir se passer de mesures précises pour piloter son irrigation. Idéalement, nous mesurons la progression de l’humidité dans le sol grâce à deux tensiomètres positionnés à des profondeurs différentes. Le plus haut est placé pour que la cartouche sensible soit à 8 à 10 cm de profondeur lors de l’installation de la culture. Il sera ensuite descendu 15 ou 20 cm en régime de croissance. Le second est positionné 15 à 20 cm plus bas.

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