Abattoir d’Ath : le dossier porté à la Région wallonne et à l’Europe
Les images tournées par Gaia dans l’enceinte de l’abattoir d’Ath « révèlent des non-conformités majeures, inacceptables. La procédure judiciaire en cours doit pouvoir aboutir, et les mesures administratives qui s’imposeraient seront prises par les agents officiels compétents », a assuré, en commission du parlement régional, Adrien Dolimont, le ministre-président wallon en charge du Bien-être animal.

À la suite de la diffusion de ces images le 16 juin dernier, la réquisition des images de vidéosurveillance couvrant les quatorze jours précédents a été immédiatement opérée. Deux contrôles ont ensuite été menés : un contrôle approfondi de l’infrastructure le 19 juin, permettant un examen systématique des installations et des procédures, et un contrôle de l’abattoir en activité le 23 juin, au cours duquel des agents de l’Ubea (unité du bien-être animal), de la police de l’environnement et un agent de l’Afsca étaient présents.
« À la suite de ces deux contrôles, les agents ont pu nous faire part de plusieurs infractions. Le détail de celles-ci est réservé dans un premier temps au juge d’instruction, en charge du dossier ». En attendant, l’administration a déjà adressé un courrier à destination de la Ville d’Ath, reprenant les constats et leurs recommandations, dans le respect du cadre fixé par l’instruction en cours.
De son côté, Gaia va déposer plainte auprès de la Commission européenne. Elle déplore également le manque de réaction des autorités wallonnes. « Après nos révélations sur de graves faits de maltraitance animale, confirmés par un rapport d’un vétérinaire indépendant, les autorités wallonnes n’ont ni suspendu provisoirement les activités de l’établissement, ni procédé à un contrôle immédiat. Il a fallu attendre trois jours avant qu’un premier contrôle ne soit effectué et, malgré des infractions constatées à deux reprises, elles n’envisagent désormais qu’un simple rapport assorti de recommandations ». Parallèlement, elle appelle le Gouvernement wallon à revoir en profondeur la législation relative aux abattoirs, « en renforçant les contrôles, en révisant les normes applicables aux établissements et en rendant obligatoire l’installation de systèmes de vidéosurveillance couplés à une analyse automatisée des images par intelligence artificielle, afin de détecter en temps réel les infractions au bien-être animal et d’alerter immédiatement les autorités compétentes ».





