Sans atteindre des sommets, l’appétit des Belges pour le bio s’accroît

En 2017, chaque Belge a consacré, en moyenne, 7,88 € de ses  dépenses alimentaires bio aux produits laitiers. Aucun autre  aliment ne fait mieux.
En 2017, chaque Belge a consacré, en moyenne, 7,88 € de ses dépenses alimentaires bio aux produits laitiers. Aucun autre aliment ne fait mieux. - J.V.

L’attrait des consommateurs belges pour les produits bio poursuit son ascension et connaît une très belle croissance en 2017, constate Biowallonie, la structure d’encadrement de la filière bio wallonne dans son dernier rapport annuel.

Bien que restant encore sous la barre des 5 %, la part de marché des produits bio augmente elle aussi d’année en année (davantage en Wallonie qu’à l’échelle nationale), avec de grandes variations selon les spéculations.

632 millions pour le bio

Les dépenses totales des ménages belges pour les produits bio (alimentaires et non alimentaires) représentaient 632 millions d’euros l’année dernière, soit une hausse 5 % par rapport à 2016 (604.000 millions). Cette augmentation contraste avec la baisse actuelle, évaluée à 0,5 %, des dépenses pour les biens de consommation à rotation rapide (aliments, boissons, produits non alimentaires de grande consommation).

En outre, l’augmentation des dépenses en produits bio dépasse l’inflation alimentaire qui était de 1,2 % en 2017.

Même tendance sur le marché du frais

La part de marché des produits alimentaires frais bio (y compris les produits surgelés et les produits d’épicerie comme les céréales, le riz, les pâtes sèches, le vin et la bière) ne fait qu’augmenter depuis 2008 et s’établit actuellement à 3,4 %, contre 3,2 % en 2016. En Région wallonne, cette part est plus importante et s’élève à 4,2 % (4 % en 2016).

L’année écoulée, les dépenses pour les produits frais bio ont culminé à 488 millions, soit une augmentation de 6 % à l’échelle nationale, avec des disparités selon les régions. Ainsi, en Flandre et en Wallonie, les hausses sont respectivement de 11 % et 8 %. A contrario, une chute de 7 % est observée en Région bruxelloise. Toutefois, cette région a plus que triplé ses dépenses en produits bio entre 2008 et 2017.

L’alimentation d’origine végétale (pommes de terre, légumes et fruits) représente toujours la plus grande part des dépenses en bio, atteignant 42 % des dépenses, contre 23 % en conventionnel. Les produits animaliers (viandes, poissons et œufs) représentent 21 % des dépenses contre 37 % dans la filière conventionnelle. La part des dépenses pour les produits laitiers et pour les produits céréaliers sont respectivement de 20 % et 13 %, aussi bien dans une filière que dans l’autre. Le vin et la bière représentent quant à eux 4 % des dépenses en bio (8 % en conventionnel).

Le top 3 : lait, légumes et fruits

En considérant la population totale, chaque Belge a consacré, en moyenne, 39,50 € aux produits frais bio durant l’année 2017, soit plus de 2 € de plus qu’en 2016.

Si l’on classe les dépenses alimentaires par catégorie de produits, les produits laitiers se retrouvent en première position avec 7,88 € dépensés par habitant, suivi par les légumes (6,69 €/habitant) et les fruits (5,41 €/habitant). On retrouve ensuite la viande et la volaille (4,54 €/habitant) et les pains et pâtisseries (2,84 €/habitant). Chaque Belge a également dépensé 1,89 € pour des œufs, 1,46 € pour des pommes de terre et 1,21 € pour des charcuteries. Les substituts de viande et de produits laitiers ferment la marche, avec à peine 1 € dépensé par habitant pour les premiers mais bien moins que 1 € pour les seconds.

En Belgique, la part de marché des produits frais varie fortement d’un produit à l’autre. Les trois catégories ayant la plus grande part de marché sont les substituts de viande bio (26,4 % du marché belge total des alternatives végétariennes), les œufs bio (14,5 % des œufs consommés en Belgique) et les légumes bio (7 % des légumes consommés en Belgique). À l’échelle wallonne, ce top 3 est identique.

Le choix des consommateurs

Comme c’est le cas depuis plusieurs années déjà, 9 Belges sur 10 ont acheté au moins une fois un produit bio en 2017.

Bien que les familles qui achètent régulièrement bio (au moins une fois par semaine) augmentent sans cesse ces dernières années, elles ne représentent que 11 % des acheteurs. Toutefois, elles effectuent 60 % des dépenses bio.

Les légumes, les produits laitiers et les fruits constituent toujours les denrées bio les plus achetées par les consommateurs. En effet, 65 % d’entre eux, soit deux familles sur trois, ont acheté au moins une fois des légumes bio en 2017. La moitié d’entre eux a acheté au moins une fois des produits laitiers et ils sont tout autant à avoir opté pour des fruits. À la quatrième position, on retrouve le pain acheté par un ménage sur trois. En cinquième et sixième rangs, on retrouve les œufs et les pommes de terre, acquis respectivement par une famille sur quatre et une famille sur cinq.

Le secteur de la viande est le moins dynamique. Il s’agit du seul pour lequel le nombre d’acheteurs bio n’augmente pas. Cette stagnation se prolonge depuis 2010 déjà.

Le poids croissant du hard discount

Si les supermarchés classiques restent le plus gros canal de distribution des produits alimentaires bio avec 46 % de marché, leur part diminue d’années puisqu’ils détenaient pas moins de 54 % du marché en 2008. Les magasins bio se situent à la deuxième place, avec 25 % du marché, soit 5 % de plus qu’en 2008. On retrouve ensuite le hard discount avec 10 % du marché, contre 2 % seulement en 2008. Cette augmentation est probablement liée à la baisse des parts de marché des grandes surfaces.

La vente directe à la ferme détient 3 % des parts du marché, tout comme la vente sur les marchés. Les bouchers, boulangers et magasins de santés détiennent quant à eux 1 % du marché chacun.

En Wallonie, la même tendance est observée. Les supermarchés s’adjugent 49 % des parts de marchés et sont suivis des magasins bio (24 %) et du hard discount (9 %).

Qui sont les consommateurs bio?

En chiffres absolus, les familles aisées avec enfants et les pensionnés disposants de revenus élevés sont les deux groupes d’acheteurs bio les plus importants. Ensemble, ils représentent la moitié des dépenses pour le bio alors qu’ils ne représentent que 39 % de la population.

L’augmentation des dépenses alimentaires bio la plus importante entre 2008 et 2018 est observée chez les familles aisées avec enfants et les couples à deux revenus sans enfants. Toutefois, ce sont toujours les célibataires, aussi bien les plus âgés que les plus jeunes, qui allouent la plus grande part de leur portefeuille alimentaire au bio.

Les familles à faibles revenus avec enfants sont celles qui dédient la plus petite part de leur portefeuille alimentaire au bio. Toutefois, celle-ci ne cesse d’augmenter depuis 2012 suite, notamment, à l’introduction et au développement des produits bio dans les magasins hard discount.