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En quête de transparence, Colruyt court-circuite la filière viande bovine traditionnelle

Le groupe Colruyt charcute la filière viande en collaborant directement avec trois organisations d’éleveurs. Tout profit pour les trois maillons restant de la chaîne?

Temps de lecture : 4 min

Ces organisations constituées d’exploitations familiales fourniront au groupe un nombre défini de bêtes chaque semaine sur la base de cahiers des charges. À travers ces partenariats, la volonté affichée du groupe: amener plus de transparence dans la filière, et travailler sur la qualité et la durabilité des élevages.

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Ce faisant, les organisations deviennent, pour une partie de leur volume, les interlocuteurs privilégiés de la chaîne.

Dans ce type de collaboration, le transport, l’abattage et la mise en quartier sont réalisés par des prestataires de services. De même, chaque organisation jouira de sa propre formule d’aliments.

Stefan Goethaert, directeur général de Colruyt Group Fine Food : « Certaines crises sont génératrices d’opportunités et nous réfléchissions depuis longtemps à un système nous permettant d’amener plus de transparence dans la transmission des prix. C’est ainsi que nous nous sommes rapprochés des éleveurs par le biais d’organisations de producteurs. L’objectif? Valoriser leur savoir-faire, accroître l’indépendance de ces exploitations familiales et de créer un lien avec les consommateurs. Ces trois collaborations constituent également un beau terrain d’apprentissage tant pour les éleveurs que pour nous, afin d’oeuvrer ensemble à plus de transparence dans la filière. »

3 organisations de producteurs

À ce stade, trois organisations de producteurs sont concernées : « En direct de mon élevage » et « Les Saveurs d’Ardenne » pour la Wallonie, fief de la production bovine ; et des éleveurs flamands réunis dans l’organisation « Vlaams Hoeverund ».

L’accord conclu entre l’acteur de la grande distribution et les organisations comprend différents critères permettant d’optimiser la collaboration, dans une relation qui se veut win-win. « D’une part, les organisations de producteurs organisent un planning de production afin de garantir un approvisionnement stable, de la qualité requise et au moment voulu », détaille Stefan Goethaert. « D’autre part, Colruyt Group leur garantit l’achat d’un nombre de bêtes, la transparence dans la facturation et leur force de négociations avec les différents prestataires de services, de sorte d’éliminer les fuites de rentabilité. »

Il devrait en résulter un prix rémunérateur pour les éleveurs et une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, que ce soit en termes de quantité, mais aussi de qualité et de durabilité.

Laurent Otjacques, naisseur-engraisseur au sein de l’organisation « En direct de mon élevage » : « C’est pour

nous un signal fort de la part de la part d’un acteur de la grande distribution. Cette collaboration nous permet de sortir d’un circuit intégré pour une plus grande maîtrise de nos exploitations et de connaître le débouché du fruit de notre travail. »

« Outre les économies d’échelles, le fait de fonctionner en organisation de producteurs nous permet également d’améliorer la qualité de nos produits et d’échanger nos bonnes pratiques », note pour sa part Thierry Dufey, de la toute jeune organisation « Les Saveurs d’Ardenne ».

Michiel Deroo, de « Vlaams Hoeverund » note pour sa part un rapport plus étroit avec le consommateur : « Par un contact direct avec le supermarché, nous nous rapprochons de facto du client final. Nous pourrons travailler ensemble afin de pouvoir répondre à ses attentes et l’informer

sur toutes les initiatives prises au sein de l’organisation pour le satisfaire. »

Politique agricole

Colruyt Group a déjà par le passé entrepris plusieurs initiatives afin de soutenir le secteur agricole, que ce soit en période de crise (porc, lait) ou via le développement de filières biologiques, en passant par le choix de privilégier les filières locales.

Le groupe Colruyt veut opter pour des coopérations intelligentes, instaurer un dialogue permanent avec ses fournisseurs et prendre ses responsabilités dans la durabilisation de ses produits et de ses filières d’approvisionnement. « Nous sommes le dernier maillon de la chaîne, avant l’assiette du consommateur », conclut Stefan Goethaert. « Cette position privilégiée nous permet de connaître les attentes de nos clients. Elle nous invite également à endosser un rôle majeur dans la durabilisation des filières. Les dernières initiatives dans le domaine agricole montrent que nous voulons totalement assumer ce rôle. »

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