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Au champ, sur une aire enherbée ou sur une aire étanche, voici les aménagements et équipements requis pour remplir et nettoyer les pulvérisateurs!

Le législateur s’est doté, en 2015, d’un cadre réglementaire qui fixe les lieux de manipulation des produits phyto et leurs aménagements de base et pose l’interdiction de rejeter dans l’environnement les eaux contaminées par les produits phyto. Depuis le 25 juin dernier, un nouveau texte de loi est paru qui précise une série de modalités pratiques, synthétisées ci-après.

Temps de lecture : 6 min

Vu l’interdiction de rejeter dans l’environnement les eaux contaminées par les produits phyto, l’utilisateur de ceux-ci est tenu, depuis 2015, de réaliser les opérations de remplissage ou de nettoyage d’un pulvérisateur de plus de 20 litres, au champ ou sur un sol recouvert d’une végétation herbacée (aire enherbée), ou encore sur une aire recouverte d’un matériau étanche et résistant aux produits phyto (aire étanche).

Toutes les opérations ne doivent pas nécessairement se faire au même endroit, à l’exception de la dilution du fond de cuve avant vidange à réaliser obligatoirement sur le champ traité (dilution minimale au 100e). Il est donc, par exemple, possible de remplir le pulvérisateur sur une aire étanche à la ferme et de le nettoyer au champ.

Depuis le 25 juin dernier, un nouveau texte de loi est paru qui précise les prescriptions techniques pour les aménagements en ferme et liste les équipements requis pour la réalisation des opérations de remplissage et de nettoyage en fonction de l’endroit où elles ont lieu.

Les aménagements et équipements nécessaires

Les aménagements et équipements requis lors des remplissage et nettoyage du pulvérisateur varient en fonction du lieu choisi. Ils sont présentés dans le tableau 1. Ces mesures visent à garantir la maîtrise des risques de rejet d’eaux contaminées dans l’environnement.

MANIP 1

Comparativement aux installations nécessaires pour opérer à la ferme, rincer et nettoyer le pulvérisateur au champ est la solution la plus simple et peut-être la moins coûteuse. Elle nécessite néanmoins d’équiper correctement son pulvérisateur (lance, cuve de rinçage…).

L’aire enherbée est une alternative pour celui qui ne souhaite pas s’équiper d’une aire étanche mais souhaite néanmoins réaliser le remplissage ainsi que des lavages occasionnels près de la ferme. Un usage intensif d’une aire enherbée pour le nettoyage du matériel n’est pas idéal en raison de la difficulté de maintenir un couvert herbacé permanent (phytotoxicité, zone boueuse…).

Les aménagements et équipements légalement requis lors du remplissage et du nettoyage varient selon le lieu – au champ, sur une aire enherbée ou sur une aire étanche – où ces tâches sont mises en oeuvre.
Les aménagements et équipements légalement requis lors du remplissage et du nettoyage varient selon le lieu – au champ, sur une aire enherbée ou sur une aire étanche – où ces tâches sont mises en oeuvre.

Une aire enherbée ou une aire étanche ainsi que les éventuelles installations de stockage ou de traitement qui l’équipent, ne peuvent être implantées à moins de 5 m d’une voirie (10 m si présence d’un filet d’eau), de 10 m d’habitations de tiers et de 10 m de tout point d’entrée vers les égouts, les eaux de surface et les eaux souterraines.

Une aire étanche utilisée pour le pulvérisateur peut également servir au ravitaillement en hydrocarbures ou au lavage des autres machines agricoles. Cela nécessitera toutefois des équipements complémentaires (ex : débourbeur, sous-verse ou séparateur d’hydrocarbures).

Les équipements spécifiques pour le remplissage (tableau 2)

Un système anti-débordement reconnu et un système anti-retour doivent être mis en œuvre quel que soit le lieu choisi pour remplir le pulvérisateur. Ces systèmes contribuent à réduire le risque de débordement de la cuve ou de retour de bouillie de la cuve vers la source d’approvisionnement en eau.

MANIP 2

Les équipements spécifiques pour rincer et nettoyer le pulvérisateur au champ

Pour le rinçage et le nettoyage interne, une cuve d’eau claire est indispensable. Elle doit être d’un volume suffisant pour diluer le fond de cuve au 100e, effectuer le nettoyage de la cuve et les différents rinçages et éventuellement, nettoyer l’extérieur du pulvérisateur. La calculatrice de dilution disponible sur www.protecteau.be permet de vous en assurer.

La performance du nettoyage étant améliorée par la présence d’une buse de rinçage interne de la cuve (rotobuse ou girolaveur), le volume de la cuve d’eau claire devra être au moins égal à :

– 10 % du volume nominal de la cuve principale, en présence d’un girolaveur ;

– 20 % du volume nominal de la cuve principale, en l’absence de celui-ci.

Le nettoyage du pulvérisateur au champ peut être envisagé également comme une pratique préalable et complémentaire à la solution en ferme afin de limiter les quantités d’effluents à traiter sur celle-ci.

Pour le lavage externe, en plus de la cuve d’eau claire, il faudra disposer d’une lance raccordée à une pompe ainsi qu’un tuyau d’une longueur suffisante. Des kits de lavage embarqués existent sur certains modèles de pulvérisateur. Il est aussi possible de s’équiper avec un kit de lavage autonome.

La cuve d’eau claire peut être embarquée ou connectable au pulvérisateur.

Traitement des effluents: le choix est laissé libre à l’utilisateur

Quand génère-t-on des effluents phyto ? Quelles sont les possibilités de traitement ?

C’est lors des opérations de nettoyage interne et externe du pulvérisateur que sont produits majoritairement les effluents phytopharmaceutiques. Lorsque ces opérations ont lieu sur une aire étanche, les eaux polluées par les produits phyto doivent être collectées puis traitées.

Les installations de stockage ou de traitement qui l’équipent doivent répondre à des spécifications pratiques précisées par la législation.
Les installations de stockage ou de traitement qui l’équipent doivent répondre à des spécifications pratiques précisées par la législation.

Pour traiter les effluents, l’utilisateur peut soit :

–  les stocker dans l’attente de leur enlèvement par un collecteur agréé  ;

–  les stocker dans l’attente d’un traitement in situ par un prestataire externe  ;

–  réaliser le traitement lui-même en acquérant un système de traitement avec préstockage éventuel.

Si l’aire étanche est utilisée uniquement pour remplir le pulvérisateur et que le système anti-débordement employé est un des systèmes reconnus listés dans le tableau 2, les équipements de collecte et de stockage ou de traitement des effluents ne sont pas obligatoires.

Je souhaite traiter mes effluents à la ferme

Le choix du système de traitement (biofiltre, phytobac…) est libre pour peu qu’il soit dimensionné et entretenu selon les spécifications techniques préconisées.

Vue partielle d’un phytobac, équipement destiné au stockage et traitement des effluents de pulvérisation.
Vue partielle d’un phytobac, équipement destiné au stockage et traitement des effluents de pulvérisation. - M. de N.

Le choix de l’opérateur sera guidé, dans un premier temps, par le type (dilués ou non dilués) et la quantité d’effluents produits chaque année.

D’autres critères tels que le coût de l’investissement ou les coûts de traitement (si prestation externe), la possibilité d’auto-construction, le type de déchets produits, l’espace disponible, les modalités d’utilisation et d’entretien, la capacité de stockage nécessaire avant et après traitement, etc., entreront également en jeu lors du choix de la méthode de traitement.

Attention : Des conditions particulières ont été prévues pour les utilisateurs disposant déjà d’une aire étanche et d’une installation de stockage ou de traitement des effluents phyto.

Les personnes disposant déjà d’un système de traitement doivent se signaler auprès de l’administration endéans les 6 mois.

Plus d’infos: Protect’eau. L'asbl sera présente à la foire de Libramont (stand 9103).

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