Pourquoi aller voir le film «Au nom de la terre»...? Parce qu’il nous renvoie à nos propres vies...

« Au nom de la terre » dresse le portrait de la situation économique désastreuse dans lequel se trouve le secteur agricole français, belge… européen. Le film met en avant les relations commerciales biaisées et les décisions unilatérales qui y sont prises. Il nous rappelle le rôle premier des paysans et confronte les citoyens aux réalités du terrain mais pas seulement… Il nous renvoie aussi aux moments heureux et aux obstacles malheureux qui jalonnent la vie des agriculteurs depuis des décennies.

Il y a la famille : le soutien, la convivialité, le goût des bonnes choses et de la fête, les grandes tablées, la générosité… Tous ces instants qui nous laissent de merveilleux souvenirs… Mais, il y a aussi la pression, l’omniprésence familiale et ses liens du sang qui peuvent être porteurs mais parfois toxiques parce qu’on se sent redevable ou qu’on a quelque chose à prouver…

Il y a cette fabuleuse école de vie : la liberté, la transmission d’un savoir-faire, le lien particulier entre parents et enfants, l’entraide quotidienne…

Il y a le choc des générations : le fils qui veut innover, faire ses preuves et trouve son père ringard… contre le père, persuadé de l’inconséquence de son rejeton, incapable de lâcher prise et d’accepter que cela puisse fonctionner autrement…

Il y a le lien indéfectible à une terre et un patrimoine pour lesquels on est prêt à tout sacrifier : pour la fierté familiale, par orgueil, pour impressionner les voisins ou juste parce qu’on n’est pas capable d’envisager de vivre autrement…

Il y a l’individualisme et la compétition qui feront un jour notre perte : qui le fera le premier, qui fera de belles études…

Il y a les saisons qui passent, se répètent mais ne se ressemblent pas… avec ce stress constant, la fierté du travail accompli et, plus tard, la nostalgie de ce que l’on a vécu.

Ce film est un condensé de tout ce qui nous pousse vers le haut mais nous tire également vers le bas. On en sort KO, abasourdi… C’est après qu’il fait effet et que l’on prend conscience de la réalité qu’est la nôtre.

DJ