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«Le confinement n’arrête pas la mise en concurrence de notre agriculture», déplore la Fugea

Le 28 avril, la Commission européenne a annoncé la finalisation des négociations du nouveau traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mexique. Parmi les secteurs directement concernés par cette ouverture des marchés, on retrouve l’agriculture. Ce que déplore la Fugea : « L’importation de viande bovine et la concurrence déloyale imposées à nos éleveurs continuent, au risque d’anéantir notre filière ».

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Deux ans après l’obtention d’un accord de principe entre les parties, la voie est ouverte à la signature et à la ratification de l’accord UE-Mexique, a annoncé la Commission européenne. L’agriculture est directement concernée par cette entente, laquelle entérine une libéralisation massive des échanges de produits agricoles.

20.000 t de viande bovine à droits de douane réduits

« Le secteur de la viande bovine est à nouveau utilisé comme monnaie d’échange », regrette la Fugea suite à cette annonce. La Commission a, en effet, accepté des contingents d’importations annuels de 20.000 t à droits de douane réduits. Concrètement, 10.000 t de pièces nobles et 10.000 t d’abats pourront rentrer sur le territoire européen à moindres frais.

Une décision jugée inacceptable au regard des volumes de viande bovine importée déjà acceptés via d’autres traités : 65.000 t dans le Ceta conclu avec le Canada, 160.000 t dans le Mercosur… « Les enchères s’arrêteront-elles un jour ou l’objectif de la Commission est d’inonder le marché européen et d’anéantir nos filières ? », interroge le syndicat.

Celui-ci estime d’ailleurs que ce type d’accord conduit à mettre en concurrence les éleveurs wallons et, plus largement, européens, avec des productions ne respectant par les normes strictes qui leur sont imposées. « Une concurrence déloyale qui se traduira inévitablement par une pression à la baisse sur les prix déjà trop bas dans la filière de la viande bovine. »

Manque de cohérence

Les dernières semaines ont été marquées par des appels à la relocalisation de notre agriculture et une transition de nos systèmes alimentaires. En parallèle, la Commission développe une stratégie de la Fourche à la Fourchette pour mettre en place un « système alimentaire juste, sain et respectueux de l’environnement ». Pour la Fugea, de telles dynamiques ne peuvent être soutenues en signant de tels accords. « Ce manque de cohérence est dangereux. Nos agriculteurs ne peuvent être soumis à des injonctions contradictoires les sommant de respecter des standards de production plus élevés, tout en étant concurrentiels avec des productions encadrées par des normes plus laxistes. »

Au-delà du secteur agricole, le syndicat estime que l’accord signé aura un impact important en matières environnementale et climatique. Ce traité aura, en effet, pour conséquence d’intensifier les échanges commerciaux entre les parties. Et d’ajouter : « La Commission ne doit pas profiter du confinement pour conforter ce que certains appellent « le monde d’avant ». À quand une Commission cohérente et au service des citoyens ? »

Il appelle l’ensemble des forces politiques à ne pas valider cet accord au niveau européen et espère que nos ministres de l’agriculture, M. Ducarme et M. Borsus, s’y opposeront fermement.

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