Lutte IBR: la réforme progressive des animaux infectés (gE+)

Une majorité des troupeaux peut rapidement parvenir à l’assainissement  en réformant moins de 20 % de leurs bovins.
Une majorité des troupeaux peut rapidement parvenir à l’assainissement en réformant moins de 20 % de leurs bovins. - P-Y L.

L’ultime effort à fournir pour éradiquer la maladie, c’est l’élimination des animaux infectés, dernier bastion du virus. Une fois la source d’infection tarie, le risque de contamination des troupeaux sains deviendra excessivement faible.

La dangerosité des animaux gE+

Les animaux gE+ sont des individus infectés par l’herpèsvirus bovin 1, virus responsable de l’IBR. Ce virus, comme son nom l’indique, fait partie de ceux à l’origine du « bouton de fièvre » chez les humains, et comme toutes les herpèsviroses, l’infection perdure toute la vie. La seule solution permettant d’éliminer rapidement l’IBR du territoire wallon repose donc sur la réforme rapide des derniers animaux gE+ ; il n’y a pas d’autres alternatives.

Deux ou trois jours après l’infection, l’animal va excréter le virus en quantités massives pendant en moyenne une grosse semaine après laquelle il finit par juguler l’infection et par ne plus être contagieux. Malheureusement, il va rester porteur à vie du virus qu’il sera capable de réexcréter dans certaines circonstances. Cet animal infecté est appelé « porteur latent » ou encore « bovin gE+ ».

Chaque fois qu’un bovin gE+ subit un stress (vêlage, changement de lot, transport, autre maladie comme la FCO…), il y a « réactivation » de la production du virus et ré-excrétion.

Si toutefois le taux d’anticorps est élevé au moment de la réactivation, la quantité de virus excrétés dans le mucus nasal de l’animal sera beaucoup plus faible. Les bovins gE+ dont le taux d’anticorps est élevé ne sont quasiment plus contaminants. Il est possible de maintenir ledit taux grâce à des vaccinations répétées. La vaccination répétée des gE+ permet de diminuer la quantité de virus et la durée d’excrétion sans toutefois le faire à 100 %.

Conserver des animaux infectés dans un troupeau et sur le territoire belge revient donc presque à conserver un loup muselé dans une bergerie.

Situation des gE+ en Wallonie

À ce jour, 99,14 % des bovins wallons sont indemnes d’IBR !

Il ne subsiste plus que 9.215 bovins gE+ au sein de 190 troupeaux d’élevage, ce qui représente 0,86 % des bovins wallons répartis au sein de 2,18 % des troupeaux. Le Tableau 1 détaille la répartition des bovins gE+ au sein des troupeaux infectés (I2 ou I2d) selon le pourcentage de bovins gE+.

Une majorité des troupeaux peut rapidement parvenir à l’assainissement en réformant moins de 20 % de leurs bovins. D’autres troupeaux plus fortement infectés devront réaliser un effort plus important pour atteindre l’objectif.

La réforme des bovins gE+

Les troupeaux infectés devront acquérir le statut « assaini » pour avril 2024 au plus tard, c’est-à-dire avoir réformé l’ensemble de leurs animaux gE+ ET avoir engrangé les 2 bilans d’acquisition négatifs. Au-delà de cette date, le statut « infecté » (équivalent au statut I2 actuel) sera interdit (sauf cas particuliers) et la détention de bovins dans ces troupeaux sera interdite.

Selon la situation sanitaire actuelle du troupeau, les modalités de réforme des gE+ varient sensiblement ! Les voici pour les 3 catégories de troupeaux « infectés » :

1. dans les troupeaux contenant moins de 10 % d’animaux gE+ (actuellement qualifiés I2d), les animaux gE+ devront être réformés dans les 6 mois. En 2021, année de démarrage de cette mesure, ces animaux devront être réformés au plus tard pour le 1er novembre ;

2. les troupeaux avec plus de 10 % d’animaux gE+ et n’ayant jamais été qualifiés indemnes (I3 ou I4) ou l’ayant été il y a plus de 5 ans, un plan de réforme progressif des animaux gE+ doit être appliqué afin d’atteindre leur élimination totale au plus tard pour novembre 2023 ;

– un tiers des animaux gE+ présents au 21/04/21 devront être réformés avant le 30/10/2021 ;

– au minimum un second tiers des animaux gE+ présents en avril 2021 avant le 30/10/2022 ;

– le dernier tiers d’animaux infectés ainsi que les animaux détectés gE+ après avril 2021 avant le 30/10/2023.

3. mes troupeaux avec plus de 10 % d’animaux gE+ et ayant été qualifié indemnes d’IBR (I3 ou I4) au cours des 4 dernières années mais ayant perdu récemment ce statut sont soumis à des modalités de réforme plus souples. Ils disposent d’une période de maximum 4 ans à dater de la découverte de l’infection, pour réformer à leur propre rythme l’ensemble des animaux infectés, selon toutefois les conditions suivantes :

– l’ensemble des bovins ayant été introduits au cours des 12 mois précédant la perte du statut indemne doivent avoir subi les 2 prises de sang d’achat avec un résultat négatif ;

– le statut indemne ne peut avoir été obtenu que sur base de 2 bilans totalement négatifs ;

– la proportion de bovins gE+ lors du premier bilan après infection doit être supérieure à 10 % ;

– lors des bilans suivants (années 2, 3 et 4) il ne peut y avoir aucun bovin gE+ parmi les animaux nés après la date d’attribution du statut I2.

Et après novembre 2023 ?

À partir de novembre 2023, le délai de réforme des animaux gE+ sera de maximum 2 mois.

Pour le cas particulier des contaminations de cheptels indemnes, des modalités particulières en termes de réforme voire de compensations financières sont actuellement à l’étude mais nous ne disposons pas encore à ce stade d’informations précises.

D’après l’Arsia Infos

Le conseil de l’Arsia

Pour la fin d’année 2023, tous les animaux infectés (gE+) devront avoir été réformés. 2023, c’est déjà demain !

En partenariat avec son vétérinaire d’exploitation, il est donc important dès à présent:

– d’établir votre plan de réforme des animaux gE+;

– de s’assurer avec lui que les stratégies de vaccination et de biosécurité interne sont optimales.

Les vétérinaires de l’Arsia peuvent apporter leur expertise dans ce domaine et, en collaboration avec le vétérinaire d’exploitation, accompagner l’éleveur de manière individuelle dans cette lutte qui arrive à son terme. Au besoin, ils sont disponibles au 083/23.05.15 (ext.4) ou admin.santé@arsia.be.