Les vétérinaires s’attaquent à l’antibiorésitance

Les vétérinaires s’attaquent à l’antibiorésitance
J.V.

Pour l’instant, on ne parle plus que de virus, mais les bactéries sont là depuis bien plus longtemps et ont été et sont encore des calamités. Peste, choléra, salmonellose, syphilis, listériose, maladie de Lyme, méningites, tuberculose… toutes ces maladies sont maîtrisées pour l’instant par les antibiotiques, mais qu’en serait-il si les antibiotiques devenaient inefficaces ?

Son impact

Si rien ne change, les maladies infectieuses d’origine bactérienne pourraient redevenir en 2050 une des premières causes de mortalité dans le monde, en provoquant jusqu’à 10 millions de morts par an.

Les raisons ?

– 60 % des maladies humaines sont des zoonoses, des maladies qui se propagent entre les animaux et les humains ;

– 75 % des maladies émergentes viennent des animaux ;

– un usage excessif des antibiotiques au cours des dernières décennies les rendent de moins en moins efficaces car des bactéries résistantes sont sélectionnées par des traitements inappropriés ;

– et cette résistance peut se transmettre d’un milieu à un autre.

Il est impossible d’élever des animaux sans les soigner, ils peuvent tomber malades tout comme les humains et ces soins sont une des obligations imposées par le bien-être animal. Les médecins vétérinaires ont donc besoin d’antibiotiques pour ce faire.

Toutefois, ils ont été très vite sensibilisés aux risques que représentent les bactéries résistantes et ont décidé volontairement de réduire leur consommation d’antibiotiques. Le 10e rapport de l’Esvac, publié en octobre 2020, démontre que les ventes d’antibiotiques pour les animaux ont dégringolé de 34 % dans l’Union Européenne entre 2011 et 2018. Fait particulièrement important, les ventes d’antibiotiques critiques en médecine humaine présentent une tendance décroissante constante.

Et les vétérinaires belges ?

Rappelons que l’Amcra, le Centre de connaissances concernant l’utilisation des antibiotiques et l’antibiorésistance chez les animaux, confirme que nous sommes même parmi les meilleurs élèves européens pour la diminution depuis 2017 : -14 % (selon les normes EMA) !

Depuis 2011, on a enregistré en Belgique une réduction de l’utilisation vétérinaire de :

– 40,3 % de l’ensemble des antibiotiques ;

– 77,3 % d’antibiotiques d’importance critique ;

– 71,1 % d’aliments médicamenteux avec antibiotiques.

Soulignons que les praticiens et les éleveurs belges rejoignent les pays vertueux de façon tout à fait volontaire, sans contrainte autoritaire de l’état

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