Le bio wallon poursuit son envolée, à l’étable comme au champ

Le nombre de bovins viandeux est stable ; une tendance accueillie favorablement  vu les difficultés rencontrées pour faire converger l’offre et la demande.
Le nombre de bovins viandeux est stable ; une tendance accueillie favorablement vu les difficultés rencontrées pour faire converger l’offre et la demande. - J.V.

Au 31 décembre 2020, la Wallonie recensait 1.901 fermes sous contrôle bio (100 % bio ou mixte bio-conventionnel), soit 15 % des fermes wallonnes. Cela représente plus d’une exploitation sur sept, souligne Biowallonie, la structure d’encadrement du bio, dans son bilan annuel.

En 2020, 85 fermes ont fait le choix du bio, ce qui représente une augmentation de 5 % par rapport à 2019. En 10 ans, plus de 1.000 nouvelles exploitations ont opté pour ce mode de production (figure 1).

La surface agricole utile (SAU) consacrée au bio progresse, elle, de 7 %. La SAU sous contrôle bio atteint aujourd’hui 89.951 ha (+ 5.529 ha), soit 12 % de la SAU totale wallonne (figure 1). Ces dix dernières années, les surfaces bio ont été multipliées par deux dans notre région. Ajoutons encore que la surface agricole moyenne d’une ferme bio est de 47,3 ha, soit environ 11 ha de moins que la moyenne wallonne.

Figure 1: évolution de la superficie et du nombre de fermes bio en Wallonie. (Biowallonie)
Figure 1: évolution de la superficie et du nombre de fermes bio en Wallonie. (Biowallonie)

Forte progression des grandes cultures bio

Suivant l’évolution du nombre d’herbivores bio (+4,6 %), la surface dédiée aux prairies progresse. Près de 3.000 ha de prairies sont passés sous contrôle bio en 2020, soit une hausse de 4,4 %. Trois quarts de ces surfaces sont situés dans les provinces de Luxembourg et de Liège. 88 % des prairies bio ou en conversion sont permanentes ; le solde se composant de prairies temporaires.

Même si les prairies représentent trois quarts du paysage agricole bio wallon, leur proportion diminue d’année en année au profit des grandes cultures nécessaires pour alimenter le bétail et répondre à la demande grandissante du marché alimentaire bio, précise Biowallonie. Cette proportion reste toutefois élevée en raison du grand nombre d’élevages bovins certifiés bio mais aussi par la spécificité de la filière qui requiert une surface prairiale importante pour assurer une autonomie fourragère maximale des fermes.

Les grandes cultures (céréales, cultures fourragères, pommes de terre, oléagineux et protéagineux) continuent de progresser fortement (+13 %), avec plus de 2.200 nouveaux hectares. Cette progression suit la demande croissante en céréales bio, tant alimentaires que fourragères.

37 % des grandes cultures bio sont situés en province de Luxembourg. Suivent les provinces de Namur (24 %) et de Liège (15 %), le Hainaut (15 %) et le Brabant wallon (10 %).

En 2020, 48 % des grandes cultures bio sont des céréales et assimilés, dont les plus courantes sont le froment, l’épeautre, l’avoine, l’orge et le triticale (par ordre d’importance). Ces cinq céréales représentent 87 % des céréales cultivées en bio en 2020. Les mélanges céréales-légumineuses, et autres, s’adjugent 32 % du total ; les cultures fourragères suivent avec 11 %. Enfin, les pommes de terre occupent 4 % des terres bio wallonnes, soit 696 ha.

Les cultures maraîchères ont progressé de 6 % entre 2019 et 2020. Cela représente 139 nouveaux hectares, pour un total de 2.295 ha (dont 45 % dédiés au marché du frais). Les surfaces légumières bio wallonnes se répartissent comme suit : province de Liège (27 %), Brabant wallon (26 %), Hainaut (24 %), province de Namur (18 %) et province de Luxembourg (5 %).

Du côté des cultures fruitières, on relève une progression importante de 22 %. 98 nouveaux hectares bio ont été répertoriés, suite à la demande importante des consommateurs. Les vergers et vignobles bio se trouvent principalement en province de Namur (41 %). Derrière, on retrouve la province de Liège (23 %), le Hainaut (17 %), le Brabant wallon (13 %) et la province de Luxembourg (7 %). La production de raisins bio se développe fortement, avec 34 nouveaux hectares en 2020, pour un total de 132 ha. La Wallonie recense actuellement douze domaines viticoles bio ou en conversion.

La production de semences et de plants, qui avait légèrement reculé en 2019, progresse de manière importante (+44 %) pour atteindre 333 ha. Selon Biowallonie, 81 % de ces surfaces sont utilisées pour la multiplication de semences et plants, 14 % pour la production de plants de pommes de terre et 5 % sont des pépinières (de plants fruitiers, ornementaux ou forestiers).

Enfin, les jachères, engrais verts et parcours extérieurs font un incroyable bond (+72 %) et culminent à 460 ha.

Le tableau fournit un récapitulatif de l’évolution de la superficie sous contrôle bio depuis 2011.

Bovins viandeux : une heureuse stabilité

Au cours de l’année 2020, le nombre d’animaux bio a augmenté de 504.000 unités (toutes espèces confondues), soit une progression de 12 %.

Stable depuis 2017, le nombre de bovins bio continue sur cette lancée, avec une légère augmentation en 2020 (+4 %), pour atteindre 106.079 têtes (figure 2). Trois quarts des bovins bio sont élevés dans les provinces de Luxembourg et de Liège.

Le nombre de vaches viandeuses est stable depuis 2017 (+0,2 % entre 2018 et 2019). Cela s’explique en partie par le fait que le marché de la viande bovine bio reste limité, avec une offre supérieure à la demande, bien que celle-ci se développe de plus en plus.

La filière laitière est, elle, en pleine expansion. Plus de 1.800 vaches laitières supplémentaires sont traites en bio en Wallonie, soit une hausse de 10 %.

Figure 2: évolution de la filière bovine bio wallonne (nombre d’animaux) entre 2003 et 2020. (Biowallonie)
Figure 2: évolution de la filière bovine bio wallonne (nombre d’animaux) entre 2003 et 2020. (Biowallonie)

Le porc bio retrouve des couleurs

Après une diminution en 2019 (-13 %), le secteur porcin bio wallon a grimpé en flèche de 21 %. 10.658 porcs gras ont été commercialisés en 2020. Le nombre de truies a, quant à lui, augmenté de 44 %, avec un total de 1.009 truies bio recensées en Wallonie.

Les porcs bio wallons sont élevés majoritairement en Hainaut (33 %), en province de Luxembourg (27 %) et en Brabant wallon (25 %).

Véritable bond des poulets de chair

La filière avicole poursuit son expansion, dopée par la demande des consommateurs. Les poulaillers de petite taille (250-300 animaux) ainsi que les poulaillers mobiles se développent beaucoup ces trois dernières années.

Le nombre de poulets de chair (vendus) a bondi de 14 % entre 2019 et 2020. Plus de 470.000 poulets supplémentaires ont été commercialisés l’année dernière, pour un total de 3.909.645 unités. Le nombre de poulets de chair vendus a quasiment doublé depuis 2016 (+93 %), soit en 4 ans à peine.

Plus de la moitié des poulets bio ont été élevés dans la province de Namur (52 %). Suivent les provinces de Luxembourg (24 %) et de Liège (16 %).

Alors que la filière poulet de chair suit une croissance relativement linéaire, la filière poules pondeuses explose véritablement depuis 2010. En 2020, celle-ci ralentit sa croissance avec 15.742 poules pondeuses supplémentaires (+5 %). La filière comptait, fin 2020, près de 330.000 poules pondeuses. Les élevages sont répartis sur l’ensemble de la Région mais sont principalement présents en province de Namur (44 %), dans le Hainaut (26 %) et en province de Luxembourg (18 %).

Le nombre de poulettes futures pondeuses s’élevait à 154.500 (+5 %). Les élevages de poulettes sont situés exclusivement dans la province de Namur (70 %) et en Hainaut (30 %).

Cette hausse modérée du nombre de poules pondeuses et poulettes est un soulagement pour le secteur. En effet, l’offre risquait de surpasser la demande, avec les conséquences que l’on imagine sur les prix.

Davantage de caprins et, pour la première fois… des escargots

La filière ovine , en constante évolution depuis 2009, a augmenté de 5 % en 2020. Elle compte 25.098 animaux, dont les trois quarts sont élevés dans les provinces de Luxembourg et Namur.

De son côté, la filière caprine affiche une forte progression (+31 %, +622 animaux) par rapport à 2019, pour un total de 2.630 têtes. C’est la province de Liège qui accueille le plus de chèvre bio, avec plus de la moitié du cheptel wallon.

En 2019, la Wallonie comptait également 5.680 autres animaux bio, principalement au sein de filières de niche  : 3.500 escargots (suite à l’apparition du premier élevage d’escargots bio, dans le Namurois), 1.474 équidés (chevaux, juments laitières et ânes), 356 cervidés (cerfs et daims), 290 autres volailles (canards et oies), 55 lapins et 5 camélidés (alpagas).

Enfin, l’aquaculture bio wallonne représente moins de 2 t de poissons commercialisés en 2020. Cependant, la filière a grimpé de 59 % en un an. Le total de ruches certifiées est, quant à lui, de 30, soit un 8 de plus qu’en 2019.

Hainaut et Liège affichent la plus forte hausse

Un tiers (31 %) des exploitations bio wallonnes se situe en province de Luxembourg. Suivent les provinces de Liège (27 %) et de Namur (21 %). Le Hainaut et le Brabant wallon se partagent le cinquième restant avec respectivement 14 % et 7 % des fermes bio wallonnes, relève Biowallonie.

Ce sont les provinces du Hainaut et de Liège qui ont vu se développer le plus de fermes bio entre 2019 et 2020, avec respectivement 25 et 23 nouvelles exploitations bio sur leur territoire. En chiffre relatif, quand la province de Luxembourg a vu son nombre de fermes bio progresser de 2 %, celui du Hainaut a bondi de 10 %.

Biowallonie constate encore que la surface bio moyenne par exploitation est près de trois fois plus élevée en province de Luxembourg qu’en Brabant wallon. En effet, les agriculteurs bio luxembourgeois disposent en moyenne de 66 ha, contre 23,8 ha en Brabant wallon. Les fermes liégeoises, namuroises et hennuyères occupent en moyenne 46,3 ha, 38,8 ha et 31,8 ha. Ces différences s’expliquent par la proportion plus importante de prairies en provinces de Luxembourg et de Liège, de même que par une pression foncière moins forte.

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