Les Suisses refusent d’interdire les pesticides de synthèse

Les Suisses refusent d’interdire les pesticides de synthèse

Aucun grand pays n’a jusqu’à présent interdit les pesticides de synthèse. Ailleurs dans le monde, le Bhoutan avait annoncé il y a quelques années vouloir devenir le premier pays au monde à vivre d’une agriculture «100% bio». En Suisse, les électeurs ont refusé dimanche d’engager leur pays - qui abrite un des plus grands fabricants de produits phytosanitaires, le groupe bâlois Syngenta, racheté en 2017 par le géant chinois ChemChina - sur cette voie. La victoire du «non» à l’interdiction est complète, une majorité des cantons et de la population balayant les deux initiatives populaires anti-pesticides. Un premier texte, qui demandait l’interdiction des pesticides de synthèse dans un délai de 10 ans, ainsi que de toute importation de denrées alimentaires produites à l’étranger à l’aide de ces produits ou en contenant, a été rejeté à près de 63%, selon les premiers résultats officiels. Férocement combattue dans les campagnes, l’interdiction a également été rejetée dans les villes de Genève et Fribourg, mais à Bâle le oui l’a emporté.

Une autre initiative - rejetée à plus de 63% - prévoyait que les subventions de la Confédération helvétique aux agriculteurs soient versées uniquement aux exploitations qui n’utilisent pas de pesticides, bannissent l’utilisation préventive ou régulière d’antibiotiques et sont en mesure de nourrir leurs animaux avec le fourrage qu’elles produisent elles-mêmes. Les écologistes et la gauche avaient apporté leur soutien aux deux initiatives, mais les électeurs ont préféré suivre le gouvernement, pour qui l’interdiction des pesticides de synthèse nuirait à la souveraineté alimentaire du pays.

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