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Sécurité alimentaire : vive opposition entre la commission et le Copa

La question de la sécurité alimentaire (suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie) oppose vivement la commission au Copa alors que doivent être présentées fin juin de nouvelles propositions législatives sur les pesticides et la biodiversité.

Temps de lecture : 3 min

«  Fake news » pour la présidente du Copa Christiane Lambert. « Cynisme » pour le vice-président de la Commission européenne en charge du Pacte Vert Frans Timmermans.

Les relations entre le copa et le vice-président de la Commission européenne en charge du Pacte Vert, le néerlandais Frans Timmermans, n’étaient déjà pas au beau fixe.

Pour le Copa, les objectifs du Pacte Vert vont trop loin

Les débats autour des questions de sécurité alimentaire, conséquence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ne font qu’empirer les choses. Dernière polémique en date : les propos de Frans Timmermans devant la commission de l’Environnement du Parlement européen qui a regretté que « certaines personnes prétendent qu’il y a un risque de pénurie alimentaire dans l’UE, ce qui n’est pas le cas. Les problèmes qui suivent l’invasion de la Russie sont dus au fonctionnement des marchés mondiaux du blé et du maïs. C’est un problème logistique et financier ».

« Une fake news » pour la présidente du Copa Christiane Lambert qui a estimé, lors d’une conférence de presse que, compte tenu de la situation, les objectifs prévus par la stratégie « De la ferme à la table » sur la réduction des produits phytosanitaires et des engrais ou sur les terres non productives vont trop loin.

« Il y a ceux qui piaillent et ceux qui travaillent », a lancé Christiane Lambert en réponse aux déclarations de Frans Timmermans. Il n’y aura peut-être pas de pénuries pour le blé, mais c’est plus difficile à justifier pour le maïs, sans parler du tournesol, a résumé la présidente du Copa.

« Un prétexte »

Dans une série de tweets le commissaire répond, chiffres à l’appui : «  L’UE est largement autosuffisante pour plusieurs produits alimentaires clés. Pendant ce temps, 20 % des aliments de l’UE (environ 88 millions de tonnes par an) sont perdus ou gaspillés. L’approvisionnement alimentaire de l’UE n’est actuellement pas en danger. Faire peur aux Européens en leur faisant croire que la nourriture pourrait manquer est incroyablement cynique.  »

Et de conclure : «  Arrêter la transition vers des systèmes alimentaires durables n’est pas la solution, même si certains peuvent essayer d’utiliser la guerre de la Russie contre l’Ukraine comme prétexte pour le faire.  »

« Aider les agriculteurs à produire davantage »

Tentant de ménager la chèvre et le chou, le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, y est lui aussi allé de son commentaire. «  Bien que nous ne soyons pas actuellement confrontés à une menace pour la sécurité alimentaire, nous ne pouvons pas prédire comment les choses vont évoluer au cours de l’année ou dans un avenir proche. Il est simplement prudent d’aider nos agriculteurs à produire davantage de nourriture tant qu’ils le peuvent  », a-t-il estimé.

Ajoutant : «  Nous devons nous unir et tracer une nouvelle voie, vers la sécurité alimentaire durable. Nous ne choisissons pas cette voie parce qu’elle est facile, mais parce que c’est la bonne  ».

La Commission européenne doit présenter le 22 juin ses propositions sur l’utilisation durable des pesticides et la restauration de la nature.

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