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L’installation de serres maraîchère, un grand pas vers l’élargissement des cultures

Après avoir exploré les possibilités commerciales et affiné ses connaissances en cultures maraîchères, il est un moment ou se présente l’option d’installer une serre maraîchère.

Temps de lecture : 7 min

C’est un grand pas vers l’élargissement des cultures possibles, des périodes de valorisation de la main-d’œuvre familiale et des périodes d’offre de légumes frais. De nombreux modèles sont proposés en neuf ou en occasion. Parmi ces modèles, certains sont destinés à rester quelques semaines en place, puis à être démontés. D’autres peuvent rester en place avec une fixation au sol adaptée.

Pour les installations fixes, il est nécessaire de consulter le service urbanisme de sa commune qui fournira les éléments nécessaires d’un point de vue administratif, tenant compte du Code du développement territorial actuel (CoDT). Ce code est présenté sur le site du spw.wallonie.be : https ://lampspw.wallonie.be/dgo4/site_amenagement/index.php/juridique/codt.

L'aération est nécessaire pour éviter la condensation sur les parois et pour maîtriser  les paramètres climatiques internes. Les cultures elles-mêmes peuvent être  des freins à une bonne aération.
L'aération est nécessaire pour éviter la condensation sur les parois et pour maîtriser les paramètres climatiques internes. Les cultures elles-mêmes peuvent être des freins à une bonne aération.

En fonction des besoins

Le choix du modèle se décline sur les surfaces, hauteurs et solidité des armatures d’une part et sur les types de film et l’aération d’autre part.

L’armature

L’armature devant supporter le poids de fils de tuteurage guidant leurs plantes doit être plus robuste. Les modèles d’armature de serres tunnels sont nombreux, le plus souvent en acier galvanisé. Les largeurs varient de 4 à 12 m par chapelle. Les arceaux peuvent être renforcés par des barres de triangulation. Les arceaux sont reliés entre eux par des entretoises. La fixation au sol se fait par des semelles disposées au bas des arceaux limitant l’enfoncement et des dispositifs en queue-de-cochon vissés dans le sol pour éviter les soulèvements par le vent.

La prise au vent est la résultante de tous les efforts du vent sur les parois. Elle tend à soulever la serre tunnel qui est relativement légère en comparaison avec d’autres constructions. L’ancrage au sol est donc important.

Des fils de fer tendus au-dessus des arceaux supporteront le film de couverture. Ils limiteront les risques de formation de poche d’eau en périodes de pluies. Ils pourront aussi supporter les fils tuteurs pour les plantes à guider verticalement.

L’orientation de la serre tunnel sera déterminée forcément par la taille et la forme du terrain d’accueil. Mais quand le choix est possible, nous essayons de tenir compte aussi des cultures qui seront implantées principalement. Pour les cultures basses, comme les laitues par exemple, les plantes ne se gênent pas mutuellement par rapport à la lumière ; l’orientation de la serre tunnel n’est pas très importante. Nous préférerons alors l’orientation Est-Ouest qui donne moins de prise aux vents dominants et une bonne ventilation par les pignons. Pour des plantes à port dressé comme les melons tuteurés sur fils par exemple, l’orientation de l’axe dans la direction Nord-Sud permet un éclairage assez équilibré des rangs. Pour une serre à usages diversifiés, quand le choix est possible, la direction Est-Ouest ou sud-est – Nord-Est est un compromis favorisant la tenue aux vents dominants.

Dans les situations venteuses, le plastique enterré sur toute la longueur de chaque côté de la serre tunnel permet une bonne tenue au vent.

Les modèles disponibles nous proposent des portes battantes ou coulissantes, les deux modèles sont pratiques. Ces portes sont insérées dans les pignons qui sont relevables ou pas. Les pignons fixes apportent une certaine rigidité à l’ensemble, les pignons relevables facilitent l’accès à la serre tunnel avec des engins comme des tracteurs légers.

Les serres maraîchères en multichapelles permettent un meilleur contrôle de la température et de l’humidité encore, mais à un coût par unité de surface supérieur. Ces types de serres sont à conseiller pour les maraîchers qui maîtrisent déjà bien les paramètres de production grâce à leur expérience. La hauteur des pieds droits sera choisie élevée pour avoir une plus grande souplesse dans les futurs choix de productions.

Les tunnels adossés étaient fréquents chez nous il y a quelques dizaines d'années. Ils peuvent être envisagés dans certaines situations, comme par exemple l'exiguïté de l'espace disponible ou le souhait du maintien d'une certaine température de la paroi du bâtiment contigu.
Les tunnels adossés étaient fréquents chez nous il y a quelques dizaines d'années. Ils peuvent être envisagés dans certaines situations, comme par exemple l'exiguïté de l'espace disponible ou le souhait du maintien d'une certaine température de la paroi du bâtiment contigu.

Le film de couverture, l’aération

La qualité du film de couverture déterminera la durée de vie et l’effet thermique de l’ensemble. Les qualités demandées sont une bonne résistance et un effet thermique. Les films les plus fréquemment proposés sont à base de polyéthylène (PE) avec ou sans éthylène-acétate de vinyle (EVA). La proportion d’EVA intervient dans l’effet thermique global et l’élasticité du film. La face intérieure est protégée par un traitement anti-gouttes ; une indication imprimée sur le film permet de repérer cette face intérieure et éviter une mauvaise installation. Les fabricants annoncent une durée de vie des films. Celle-ci est déterminée sur la base de la diminution de la résistance mécanique jusqu’à la moitié des caractéristiques de départ. Sept ans sont une durée d’amortissement assez fréquente. Les films armés sont plus résistants, mais la luminosité se dégradera un peu plus vite à cause de l’encrassement dû au relief de la surface ; ils sont appréciés pour des endroits où la résistance est mie à rude épreuve, comme sur le pignon sous les vents dominants.

L’épaisseur recommandée diffère avec la largeur de la serre, elle peut être plus fine pour les serres de petite largeur.

L’installation en bonne et due forme

Le montage de serres tunnels est une opération déterminante dans la durée de vie de l’ensemble. Pour que la bâche de couverture soit bien tendue, sa pose se fera par une belle journée ensoleillée d’assez haute température afin de faciliter la tension du film grâce à son élasticité. Les zones de frictions de la bâche sur les arceaux sont des endroits vulnérables. La présence d’une bavure de fabrication ou d’un défaut de surface des arceaux va induire rapidement une usure anormale de la bâche.

En ces mêmes endroits, la température des arceaux peut monter à de hauts niveaux, de l’ordre d’une soixantaine de degrés. Pour éviter ces surchauffes préjudiciables à la durée de vie des films, nous pouvons peindre avec une peinture blanche acrylique la face extérieure des arceaux en contact avec le film. Cette peinture sera renouvelée si nécessaire les années suivantes. La bâche doit toujours rester tendue, des systèmes de clipsage sont proposés par des fabricants. Une tension en deux phases par abattement de terre au pied de la serre tunnel et sur la bâche de couverture est efficace, en particulier pour les petites largeurs de tunnels.

En alternant les rangées de plantes à fort développement vertical avec d'autres  au port étalé, nous favorisons le bon fonctionnement général  de l'aération de la serre.
En alternant les rangées de plantes à fort développement vertical avec d'autres au port étalé, nous favorisons le bon fonctionnement général de l'aération de la serre.

De la serre tunnel, nous attendons aussi un effet thermique, l’effet de serre. Les films plastiques modernes sont très performants. Encore faut-il limiter les déperditions en disposant d’une installation montée dans les règles de l’art et en raisonnant les manœuvres des éléments de ventilation.

Pour les cultures maraîchères cultivées assez classiquement chez nous, un système d’irrigation par aspersion pourra satisfaire aux besoins de laitues, mâches, radis, et un grand nombre de plantes à repiquer. Un second système de distribution en goutte-à-goutte conviendra bien pour des cultures espacées, surtout s’il est préférable de ne pas en mouiller le feuillage, comme les tomates, concombres, melons, poivrons, aubergines.

L’avantage de disposer de deux systèmes est de réduire le risque d’avoir une correspondance des zones insuffisamment irriguées (salinité). Pour les serres tunnels d’une longueur supérieure à 30 m, il convient d’être très attentif au dimensionnement des conduites qui amènent de l’eau d’irrigation. Leur diamètre doit être suffisant pour limiter les pertes de charges qui provoqueraient un gradient dans les débits en fonction de la distance depuis la source d’eau sous pression.

Lorsque le terrain est légèrement en pente, il est intéressant d’envisager de travailler avec cette pente, c’est-à-dire d’amener l’eau au point haut afin de permettre une certaine compensation entre la hauteur et les pertes de charge Il ne faut pas hésiter à scinder le réseau d’irrigation de la serre tunnel en plusieurs parties. Ce sera un avantage pour éviter les surirrigations lorsqu’une zone est vide, de devoir irriguer à un moment perturbant pour une récolte localisée, et surtout pour éviter de devoir installer un groupe motopompe trop puissant assorti de tuyauteries de trop fort diamètre.

Une serre tunnel doit disposer d’un bon drainage naturel ou artificiel pour évacuer les excès d’eau.

F.

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