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Piloter au mieux la fertilisation et l’irrigation, pour des choux de Bruxelles de qualité

Le chou de Bruxelles est un légume d’automne-hiver traditionnel, consommé maintenant de nombreux mois par an. La mécanisation poussée de la récolte a permis la culture à destination industrielle sur de grandes étendues mais celle-ci conserve tout à fait sa place dans les fermes diversifiées pour la vente en circuits courts.

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La culture du chou de Bruxelles a de nombreux points communs avec celle des choux pommés, avec une plantation à plus forte densité en vue d’éviter des pommes trop grosses et homogénéiser leur taille sur l’axe et ainsi faciliter la récolte unique.

Les variétés anciennes ne sont presque plus cultivées et sont remplacées par des hybrides. La couleur habituelle du chou de Bruxelles est verte, bien que certaines variétés soient de couleur « rouge » et apportent une note originale.

Améliorer la résistance au vent

Le chou de Bruxelles développe un fort enracinement ramifié après la plantation, surtout quand la structure du sol est ameublie. La haute tige des plants a une forte prise au vent. Un buttage est donc utile pour améliorer leur résistance au vent et éviter que les axes des choux ne penchent. Ceci afin d’assurer une bonne aération des feuilles et des pommes et de faciliter de récolte.

Les cultures qui restent plus tardivement exigent des sols bien drainant.

Deux décennies d’amélioration

Les variétés ont des précocités différentes : au moins une vingtaine de jours peut séparer deux variétés. En jouant sur ce facteur et la date de semis puis de plantation, nous pouvons étaler les récoltes sur plusieurs mois.

Les variétés actuelles sont pratiquement toutes des hybrides. La résistance aux bioagresseurs et la présentation des pommes ont été fortement améliorées lors des deux dernières décennies. La tenue de la culture, l’uniformité, la couleur, la forme des pommes, la hauteur et la grosseur des tiges sont des critères visuels importants.

Pour mémoire, citons Attis, Hector, Helios, Hey Melis, Marcantus, Nimbus, Profitus, Silvia, Sofia, Solidus ou encore Trimstar.

Une fertilisation soutenue mais sans excès

Nous visons une rotation d’au moins 4 ans ou mieux, de 6 ans. Les choux de Bruxelles valorisent très bien les fumures organiques d’automne ou de printemps mais les excès d’azote ont des effets néfastes sur la fermeté et le calibre des pommes. L’irrigation est pratiquement généralisée, même en sols ayant une bonne rétention en eau.

Les corrections de pH du sol permettent de limiter l’extension de la hernie du chou.

Le chou de Bruxelles a besoin d’une fertilisation soutenue régulièrement tout au long de sa croissance en azote, sans excès. Les analyses de profil azoté avant et même en cours de culture sont nécessaires pour piloter au mieux les apports azotés. Les besoins totaux de la culture varient, bien sûr, avec la production espérée et donc le débouché, avec une moyenne de 220 kg d’azote par ha dont seulement 80 unités sont exportées par la récolte.

Les différents choux peuvent être cultivés dans des conditions assez semblables.  La densité de plantation est plus élevée en chou de Bruxelles.
Les différents choux peuvent être cultivés dans des conditions assez semblables. La densité de plantation est plus élevée en chou de Bruxelles.

Les besoins en potasse sont de l’ordre de 240 kg de K2O dont 60 unités seront exportées, en préférant les formes apportant le soufre et le magnésium dont les besoins sont de l’ordre de respectivement 120 kg de soufre (SO4-) et 40 kg de magnésie (MgO).

En fin de culture, le broyage des tiges après récolte facilite la décomposition dans le sol après enfouissement superficiel. Celui-ci est vivement recommandé pour limiter la survie de plusieurs bio agresseurs et pour valoriser au mieux la valeur fertilisante de la grande masse végétale concernée.

Planifier l’étalement des récoltes

Les plants mottes sont très souvent employés, y compris en paperpots ou minimottes. Les plants en mottes sont plantés dès que les racines sortent de la motte. Les plants en arrachis concernent les petites surfaces en fermes diversifiées ; ils sont plantés au stade 4 ou 5 feuilles.

La pépinière doit être saine (respect d’une rotation d’au moins 4 ans pour les crucifères), bien fumée et drainée. Elle sera protégée contre les attaques de mouches, de papillons et de pigeons. Pour ce faire, la bâche ou le filet à mailles fines conviennent. Nous respectons une densité de l’ordre de 350 plants/m² au maximum et ombrons pour limiter la température sous les 25ºC. Le semis est réalisé début ou mi-mars.

La germination des choux demande une température idéale de 15ºC et dure alors une semaine. La résistance au froid est généralement bonne pour les choux de Bruxelles.

La plantation

Nous plantons en mai et planifions l’étalement des récoltes par la diversité variétale. À la plantation, nous essayons d’écarter les plants borgnes dont le bourgeon central est déformé ou disparu. Les plants sont enfoncés dans le sol en enterrant complètement la motte, jusqu’à l’aisselle des premières feuilles.

La densité de plantation dépend de la variété et du débouché. Les recommandations des semenciers vont de 250 plantes par are pour la récolte progressive (petites surfaces) à 400 plantes/are en récolte unique.

Nous pouvons semer en deux ou plusieurs dates pour étaler les récoltes au stade optimum des pommes.

La maturité technologique des choux est déterminée par le calibre et aussi l'aspect.  En surmaturité, différentes maladies peuvent altérer la présentation,  les pommes tendent à s'ouvrir  et à perdre leur compaction.
La maturité technologique des choux est déterminée par le calibre et aussi l'aspect. En surmaturité, différentes maladies peuvent altérer la présentation, les pommes tendent à s'ouvrir et à perdre leur compaction.

Irrigation souhaitée

Pour le désherbage, plusieurs matières actives sont homologuées (voir http://fytoweb.be/fr). En bio, les binages, hersage et le buttage avant le stade de la couverture du sol permettent de bien maîtriser l’enherbement.

L’irrigation est souhaitée pour la régularité de la production, le respect des dates de récolte en fonction du calibre et pour diminuer l’impact des altises. Elle est pilotée en visant une humidité du sol de 70 à 80 % de la capacité au champ et une profondeur d’enracinement de 60 cm. Les irrigations sont espacées et volumineuses.

L’étêtage, cinq semaines avant la date présumée de récolte, n’est pas systématiquement appliqué. Les variétés modernes et la densité élevée de plantation permettent de s’en passer sans grande perte de régularité calibraire.

Face aux bioagresseurs

Les pigeons, les larves de la mouche du chou, les chenilles de papillons, la mouche blanche, les altises, les pucerons et les limaces causent d’importants dégâts en choux de Bruxelles, avec des incidences économiques.

L'étêtage peut encore être réalisé pour homogénéiser la récolte, mais les variétés hybrides nouvelles sont moins dépendantes de cette technique que les anciennes populations.
L'étêtage peut encore être réalisé pour homogénéiser la récolte, mais les variétés hybrides nouvelles sont moins dépendantes de cette technique que les anciennes populations.

Contre les pigeons, nous pouvons recourir à des combinaisons de moyens de lutte. Les leurres (imitations de rapaces), les rapaces eux-mêmes et les filets apportent des parties de solution. Les dégâts de pigeons en choux de Bruxelles peuvent être considérables : une parcelle fraîchement plantée peut être détruite en moins d’une journée de printemps.

Plusieurs espèces de papillons peuvent provoquer d’importants dégâts aux feuilles et aux pommes des choux de Bruxelles. Les oiseaux insectivores, les prédateurs naturels apportent une partie de la lutte contre les chenilles. Des insecticides à base de Bacillus thuringensis sont assez efficaces sur jeunes chenilles, avec une efficacité moins complète sur la noctuelle du chou. En culture conventionnelle, plusieurs insecticides sont utilisables.

La mouche blanche , l’aleurode, peut être un problème comme cette année. Les pullulations de l’été ont donné de fortes populations. Les températures douces actuelles favorisent une reprise de la multiplication des individus. Les insectes laissent un miellat sur lequel se développent la fumagine et ses moisissures noires. En fin de récolte, il sera conseillé de broyer les résidus de culture et de les enfouir afin de permettre une élimination des populations résiduaires.

La mouche du chou (Delia radicum) provoque d’importants dégâts en première génération de l’année avec les pontes de mi-avril à début mai : les radicelles sont rongées. L’emploi d’insecticides, de filets de maille inférieure à 1,35 mm jusque un mois après la plantation permet de limiter les dégâts. Le buttage permet de sauver partiellement des parcelles atteintes grâce à la formation de nouvelles racines.

Les pucerons se développent parfois en importantes colonies. L’époque de culture des choux de Bruxelles, en été et automne, est une période durant laquelle les auxiliaires sont fort présents dans l’environnement. Il est possible pourtant que des invasions se constatent localement.

Les limaces peuvent occasionner des pertes sur les pommes à cause des morsures. Les dégâts sont souvent localisés à proximité de cultures refuges.

Différents calibres

Les récoltes échelonnées ne concernent que les petites parcelles. Les égreneuses mécaniques permettent de récolter les tiges encore feuillées et de parer approximativement les pommes. Les calibreuses permettent les classements sur les calibres 15/22, 22/30 et 30/36 m de diamètre.

La conservation en frigo est possible pendant un mois, à – 1 à 0ºC, 95 % d’humidité relative.

F.

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