Accueil Ovins, caprins

Thibault Hick sacré meilleur berger belge lors des Ovinpiades à Agribex!

Les moutons étaient les stars du ring d’Agribex, ce vendredi 8 décembre. Après les concours du matin, c’est les Ovinpiades qui ont attiré tous les regards durant l’après-midi. 54 étudiants, 15 du nord et 39 du sud du pays, se sont défiés au cours de différentes épreuves pour tenter de remporter le titre du meilleur berger et de la meilleure bergère.

Temps de lecture : 4 min

Pour décrocher la victoire, ces jeunes, âgés de 16 à 20 ans, ont dû briller lors de plusieurs manches. Et rien n’était laissé au hasard puisque tour à tour, chacun a dû prouver ses connaissances pratiques et théoriques face à un jury composé d’experts et d’enseignants.

Au programme ? Reconnaissance de la race, état d’engraissement et état sanitaire, mais aussi parage des onglons et manipulation des moutons. Soit, les compétences nécessaires pour mener à bien son troupeau. Mais si sur papier, cela peut sembler évident, en pratique c’est directement plus compliqué…

Pour l’état sanitaire, par exemple, François Claine, vétérinaire et membre de l’Arsia, a interrogé les étudiantes et étudiants sur une série de points précis, comme la dentition, les mamelles de la bête, sa température corporelle, etc. Bref, les animaux, de races Texel et Île-de-France, ont été scrutés de bout en bout par ces compétiteurs.

À quelques mètres, c’est un autre défi qui les attendait : manipuler les moutons, une épreuve chronométrée. « Dès que l’animal sort de l’enclos, le chronomètre s’enclenche. Ensuite, ils doivent amener le mouton dans un cerceau et l’asseoir. Pour y arriver, il existe trois techniques distinctes selon le poids de la bête et la force de l’élève. Il y a également plusieurs choses interdites, comme poigner dans la laine. En effet, dès que l’on tire dessus, la peau se soulève, et cela peut créer des hématomes », explique Manon Leclercq, enseignante à La Reid, venue à Bruxelles avec 13 étudiants.

Pour le parage, aussi, tout doit se dérouler dans les règles de l’art afin de permettre aux animaux d’avoir de bons aplombs. Mais heureusement, même si pour certains se retrouver sur le ring d’Agribex peut-être impressionnant, voire même stressant, tous ont été préparés à ce concours. En effet, outre leur cours à l’école, ils ont participé à une formation organisée en novembre, à Faulx-les-Tombes. « Nous avons eu 100 étudiants lors de cette journée. La matinée était consacrée à la théorie et l’après-midi à la pratique. Pour Agribex, j’ai dû limiter les inscriptions afin que tout puisse se dérouler correctement », raconte Cyril Regibeau, conseiller technique pour l’élevage ovin et caprin chez Elevéo.

Attirer les jeunes vers la filière ovine

Notons que cette compétition se déroule dans le cadre du programme « Inn’ovin » monté par Interbev Ovins. « De nombreux éleveurs partiront à la retraite dans les prochaines années, il est important de les remplacer. D’autant plus que la filière en a besoin de nouveaux pour maintenir et augmenter la production de lait de brebis et de viande d’agneaux », indique le programme.

DSC_0619

L’objectif des Ovinpiades est donc d’intéresser les jeunes à ce métier et, de cette manière, de renouveler les anciennes générations. « En Wallonie, nous constatons une augmentation d’éleveurs de moutons. En outre, les troupeaux sont de plus en plus gros. Quant à la moyenne d’âge, elle est de l’ordre de dix ans plus jeune que l’agriculteur moyen. C’est génial de les attirer dans cette filière, mais encore faut-il que ce soit tenable d’un point de vue économique et qu’ils puissent exercer leur métier dans de bonnes conditions », poursuit Cyril Regibeau entre deux épreuves.

« Je me suis entraîné chez moi, avec mes moutons »

Finalement, après plusieurs heures de compétition, c’est Thibault Hick, étudiant à La Reid qui a été sacré meilleur berger. Une belle victoire pour ce jeune dont l’entraînement s’est déroulé à l’école, mais aussi à domicile. « Je possède quelques moutons chez moi et j’ai fait un peu de manipulation avec eux ». Et c’est sans pression que ce gagnant a affronté cette compétition nationale. « Il n’y avait pas une épreuve plus difficile que l’autre. Chacune était différente… Finalement, j’étais assez confiant, même si je ne m’attendais pas à être le premier », nous confie-t-il à sa descente du podium.

Grâce à cette médaille d’or, Thibault Hick a gagné son ticket pour les Ovinpiades mondiales. Une compétition d’envergure internationale qui se déroulera du 25 mai au 1er juin et qui réunira une trentaine de jeunes issus de 15 pays. Il sera accompagné par la meilleure bergère, Madeleine Demuynck de Roeselare, classée 4e au terme de ce concours.

« Habituellement, nous sommes conviés aux Ovinpiades européennes dont la finale se déroule au salon de l’agriculture à Paris. Quatre étudiants peuvent y participer. Cependant, cette année, c’est différent, seuls deux élèves, une fille et un garçon, sont sélectionnés pour les Ovinpiades mondiales », indique le conseiller Elevéo.

Ainsi, durant une semaine, ces jeunes auront l’opportunité de parcourir l’Hexagone, de Paris, à Charolles en passant par Fedatest. Et comme à Agribex, ils devront être les meilleurs lors des différentes manches, auxquelles s’ajoutent un quiz théorique, la tonde et la pose de clôture mobile.

Alors, Thibault et Madeleine arriveront-ils à briller comme à Agribex ? La Brabançonne résonnera-t-elle chez nos voisins français ? Réponse dans quelques mois…

A lire aussi en Ovins, caprins

Vacciner ou l’art de prévenir tôt plutôt que guérir tard

Ovins, caprins Vacciner n’est pas aussi anodin qu’il n’y paraît. Cet acte doit, en effet, être réfléchi en tenant compte de divers paramètres, tels que les pathogènes ciblés, l’âge du cheptel, l’état de santé des animaux… Il doit également s’envisager lorsque le troupeau semble sain mais pourrait être menacé par un pathogène émergent ou réémergent, ou en cas de risques liés à l’achat d’un animal.
Voir plus d'articles