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Oeufs contaminés au fipronil - «Nous tirerons les leçons» de la crise

L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a demandé au secteur avicole de procéder à une évaluation à la suite de la crise du fipronil dans les oeufs, et de veiller à être le plus régulier possible dans les systèmes d’autocontrôle, a déclaré mardi le ministre fédéral de l’Agriculture en Commission Santé publique de la Chambre. Denis Ducarme a par ailleurs précisé que onze entreprises sont toujours sans activité à ce jour, dont quatre doivent «prouver qu’elles peuvent relancer une production conforme».

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Concernant les entreprises du secteur toujours bloquées, Denis Ducarme a souligné que le travail de «nettoyage et désinfection» en vue de redémarrer pouvait prendre du temps. «Ce produit est très tenace. Si l’on remet des poules dans les poulaillers sans un profond nettoyage, elles seront automatiquement contaminées.» «Ne soyons pas naïfs, des crises de sécurité alimentaire, cela se produit et ça se reproduira encore, on le sait. Ce qu’il faut donc, c’est être le plus armé possible pour éviter des impacts sur la santé du consommateur», a ajouté le ministre, selon qui «il est nécessaire notamment que le secteur «sensibilise ses membres face à des produits présentés comme des produits miracles». «Des produits miracles, ça n’existe pas. Ils doivent donc devenir suspects.»

«Nous sommes sortis très rapidement de cette crise car nous avons pu compter sur une agence de la sécurité alimentaire extrêmement compétente et sur un système d’autocontrôle qui a largement fait ses preuves», a encore pointé Denis Ducarme. Un point de vue qui n’a pas fait l’unanimité au sein de l’assemblée. «C’est parce qu’il y aura encore des crises, justement, qu’il faut tirer des leçons!», est intervenu Jean-Marc Nollet (Ecolo). «Vous demandez aux opérateurs de les tirer. Mais j’ai l’impression qu’en ce qui concerne votre niveau de décisions politiques, vous ne tirez pas les leçons et vous êtes dans le déni. (...) Comment osez-vous affirmer que le système belge a réagi adéquatement et rapidement? Il a fallu un an pour qu’on découvre que ce produit miracle était utilisé et se généralisait dans nos exploitations!»

«Il y aura une évaluation, on tirera les leçons. Même si, de mon point de vue, le travail a été bien fait. Je ne dirai jamais le contraire», a commenté Denis Ducarme. «Nous pouvons être satisfaits du système belge. Sans l’autocontrôle, qui vous dit que le fipronil aurait été découvert? (...) Les ministres européens réunis le 26 septembre à Bruxelles ont d’ailleurs plaidé, ensemble, pour un renforcement des systèmes d’autocontrôle à l’échelle européenne, parce que c’est un système qui vient aider les agences de sécurité alimentaire.» «Tout qui a pu gérer une crise sait qu’on ne change pas les procédures en période de crise. C’est la dernière chose à faire. (...) Je suis convaincu, et l’Afsca également, que ce qui peut être amélioré en fonction des évaluations le sera.»

Denis Ducarme estime par ailleurs que l’Union européenne dans son ensemble doit tirer des enseignements de cette crise. La Commission européenne devrait ainsi pouvoir «jouer un rôle moteur plus tôt» et le système d’alerte européen est à améliorer, plaide-t-il. La question de la traçabilité des produits transformés se pose également, même s’il n’y a «à ce stade aucun accord» sur ce point.

Fabienne Winckel, députée PS, et Jean-Marc Nollet ont aussi interpellé Denis Ducarme sur le fait qu’aucune liste de produits transformés retirés du marché en Belgique n’avait été publiée, au contraire de la France ou la Grande-Bretagne. Une telle liste n’a pas été diffusée «dans la mesure où ces produits ne représentent aucun danger pour la santé du consommateur», insiste le ministre libéral. Pour Fabienne Winckel, il faudrait cependant «laisser la possibilité au consommateur de choisir son mode de consommation. (Publier ce genre de liste) pourrait aussi mettre la pression sur les entreprises pour un meilleur autocontrôle». «Je n’ai pas dans votre réponse reçu d’argument probant expliquant pourquoi, en Belgique, le consommateur ne doit pas être informé. Il est peut-être plus con qu’en France ou en Grande-Bretagne? Je ne le crois pas», a de son côté rétorqué Jean-Marc Nollet. Au total, 86 entreprises du secteur avicole ont été bloquées à la suite de la découverte de la présence de fipronil, un insecticide interdit sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire. Onze entreprises sont toujours inactives actuellement.

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