Désherbage du maïs (2/3): quel schéma adopter face aux vivaces?
Liserons des haies, repousses de pomme de terre ou de chicorée witloof, souchet comestible… Face à ces adventices, il convient d’opter pour le schéma opportun. En la matière, des solutions efficaces sont toujours disponibles sur le marché.

La présence d’adventices peut sérieusement affecter le potentiel de développement de la culture de maïs. Ainsi, la présence de graminées et autres dicotylées annuelles requiert l’adoption d’une stratégie adéquate (lire ici). Mais ce ne sont pas les seules que l’on rencontre… C’est pourquoi le Centre indépendant de promotion fourragère (Cipf) livre également ses recommandations en matière de lutte contre les vivaces.
En présence de liserons des haies
La principale difficulté réside dans l’apparition échelonnée des liserons et la difficulté de détruire le système racinaire en profondeur. Au schéma de base, un produit spécifique devra donc être ajouté.
Il s’agit, au choix, du Banvel 0,4 l/ha, du Kart 0,7 l/ha, du Trevistar 0,75 l/ha, du Callam 250 g/ha ou du Casper 200 g/ha.
En cas de forte infestation, une correction sept à dix jours après le premier traitement procurera les meilleurs résultats. Elle peut être effectuée avec du Banvel 0,2 l/ha, du Kart 0,5 l/ha + Peak 10 g/ha, du Callam 150 g/ha ou du Casper 100 g/ha.
Face aux repousses de pomme de terre…
Les repousses de pomme de terre sont bien combattues au stade « 10 à 15 cm » des bouquets foliaires les plus développés par un traitement impliquant du Callisto 100SC 1 à 1,25 l + partenaires en fonction de la flore présente. Les associations Callisto 1,0 l + [Starane Forte 0,4 l ou Banvel 0,4 l] + Aspect T 1,6 l permettent également de bien détruire les repousses présentes.
… et de chicorée witloof
La difficulté dans la lutte contre les repousses de racines de chicon ou chicorée réside dans le fait que les bouts de racines lèvent de manière échelonnée suite à leur dispersion dans toute la profondeur du profil. Une application fractionnée de Casper 0,2 kg puis Casper 0,1 kg + Trend 0,1 % et de Banvel 0,4 l puis Peak 0,02 kg + Trend 0,1 % permet d’obtenir d’excellents résultats.
Les destructions sont très bonnes tant sur les repousses présentes lors du traitement que sur celles qui sont apparues après la pulvérisation.
La prévention, première arme contre le souchet comestible
Le souchet comestible (Cyperus esculentus) est une plante vivace et envahissante qui ne cesse de s’étendre. En Belgique, elle est présente sur plus de 10.000 ha, en très large majorité localisés en Flandre. En Wallonie, les foyers sont ponctuels mais en forte augmentation, surtout en Hainaut. D’après les agriculteurs concernés, l’origine de ces dernières contaminations proviendrait d’étalement de terres de déterrage issues d’usine de transformation de la pomme de terre.
Avant d’envisager une lutte chimique, différentes méthodes préventives doivent être respectées. Le tracteur et les outils de travail du sol peuvent disperser le souchet sur une ferme en transportant des micro-tubercules entre les parcelles. Il est donc essentiel de bien nettoyer les machines et outils lorsque ceux-ci ont été utilisés dans un champ où l’adventice est présente. Il convient également de prendre toutes les précautions pour ne pas épandre sur des parcelles saines des résidus de récolte ou de la terre provenant de parcelles déjà infestées.
Pour les agriculteurs qui auraient repris des terres de déterrage de pomme de terre provenant d’usine de transformation, il est préférable, si c’est encore possible, de les laisser en tas quelques années avant de les étaler et de vérifier qu’il n’y a pas un développement de cette adventice.
En cas de location ou mise à disposition d’une terre, le locataire éventuel doit être informé par écrit de la présence du souchet et un document doit être signé de commun accord. Quelques parcelles de betteraves infestées par le souchet ont déjà fait l’objet d’un refus d’arrachage par la sucrerie.
L’agriculteur qui possède une parcelle touchée par l’adventice doit renoncer à cultiver sur celle-ci toute culture susceptible d’exporter de la terre telle que des pommes de terre, des betteraves sucrières ou fourragères, des chicorées, des légumes racines, des plantes à bulbes…
Les tubercules de souchet se trouvant à différentes profondeurs dans le sol, l’apparition des plantules est assez étalée dans le temps et la lutte nécessite deux passages. Le premier s’effectue au stade « 5 à 15 cm » des souchets, vers le stade 5e et 6e feuilles visibles du maïs. Une destruction de 99 % peut être obtenue avec un traitement Callisto 100SC 0,8 l + Onyx 0,75 l + Frontier Elite 1,0 l/ha ou Botiga 1,0 l/ha + Monsoon Active 1,0 l/ha + Frontier Elite 1,0 l/ha suivi d’un second traitement appliqué deux semaines après le premier avec Osorno 0,75 l/ha + Onyx 0,75 l/ha.
Centre pilote maïs, Cipf, UCLouvain – Louvain-la-Neuve