Accueil Potager

Profitez du parfum et de la saveur du melon, un fruit qui aime la chaleur

Les melons cueillis en pleine maturité possèdent un parfum et un goût incomparables. Nous pouvons les cultiver sous différents niveaux de protection. La serre permet une production très correcte pratiquement chaque année. Le châssis sur couche ou le petit tunnel nantais conviennent également. En plein air, nous réussissons bien la culture si l’été n’est pas trop frais et pluvieux. Les résultats sont dépendants de la météo.

Temps de lecture : 7 min

Pour cette culture, les jardins protégés des vents et du nord sont mieux adaptés que ceux en plein vent. L’avantage des melons produits localement est de réduire le délai entre la récolte et la consommation.

Dans nos jardins, la maturité des fruits se déroule généralement à partir de fin août et la récolte se poursuit tout le mois de septembre. En cultivant à la fois quelques pieds sous serre, d’autres sous châssis et quelques autres en plein air, cette période s’étend encore.

Il y a cependant lieu de prendre une précaution : apprendre à bien tailler les tiges pour que la culture ne devienne pas encombrante et envahissante.

Des semis aux plantations

Le melon est semé de fin février à fin mars pour être planté en serre en mai. Il est semé jusqu’au début avril pour être planté sous chenilles ou sous couches début juin. Nous semons ceux destinés à la culture en plein air en avril et jusqu’au tout début mai.

Les premiers semis sont plantés six semaines plus tard. Ils sont d’abord semés en terrine à chaud. La germination se passe au mieux à 25°C. Ce semis se fait dans la maison ou sur tablette chauffante. Quand les plantes sont levées et commencent à former leur première vraie feuille, nous les transplantons dans des godets de 7 ou 8 cm de diamètre. Lorsque les racines des plantes commencent à sortir sous les godets, nous transplanterons à nouveau dans des pots d’environ 15 cm de diamètre. L’objectif de ces opérations est de réduire la surface occupée au moment où l’élevage occupe de la place dans un endroit chaud.

Les derniers semis, pour le plein air, sont réalisés directement en godets de 7 ou 8 cm de diamètre. Les plantes seront placées directement sur le site de culture. À moins que la météo ne soit capricieuse et qu’il faille aussi transplanter provisoirement dans un pot plus grand.

La taille pour favoriser la formation des fleurs femelles

Une des particularités de cette culture est la taille des plantes. Chaque jardinier possède sa technique. En voici une qui convient bien pour nos jardins wallons, une autre pour ceux qui disposent d’une serre et une troisième, simplifiée, pour les variétés modernes. Rappelons que le melon est une cucurbitacée et qu’il développe des tiges qui s’allongent rapidement (on les appelle tiges coureuses). Après avoir germé et épanoui ses deux feuilles cotylédonaires, la tige produira en s’allongeant les vraies feuilles une à une.

Ce sont les fleurs mâles qui se forment en premier sur la tige du melon. Par la taille, nous essayons de favoriser la formation un peu plus rapide des fleurs femelles. Les variétés ne réagissent pas toutes de la manière. En général, les anciennes variétés sont taillées en trois phases. Les hybrides le sont en deux phases. Mais ce n’est pas une règle absolue.

Pour les variétés anciennes, la taille se fait donc en trois moments. Lorsque la plante a quatre vraies feuilles, on l’étête en n’en laissant que deux. Nous profitons de cette manipulation pour enlever aussi les feuilles cotylédonaires, désormais peu utiles.

La plante ne tardera pas à développer les tiges de second ordre, au départ de bourgeons situés à la base de ces deux vraies feuilles restantes. Lorsque celles-ci auront produit chacune cinq vraies feuilles, nous les étêtons à leur tour pour ne laisser que trois vraies feuilles sur chacune des deux tiges.

Lors des jours suivants, la plante produira des tiges de troisième ordre. Mais ceux-ci conviennent bien, physiologiquement parlant, pour porter des fleurs femelles en plus des fleurs mâles. Lorsque la fécondation aura eu lieu, quand un fruit sera bien présent et en début de grossissement (3 à 4 cm de diamètre), il convient d’étêter à nouveau chacune des six tiges en ne laissant à chacune qu’un à deux fruits et deux feuilles au-delà du dernier fruit.

Les autres nouvelles tiges seront éliminées au fur et à mesure de leur formation.

La taille pour les variétés modernes est plus facile : nous étêtons les plantes au stade quatre feuilles pour obtenir le développement de deux tiges de second ordre. Nous les laissons se développer jusqu’à la limite de la couche, de la chenille ou le sommet de la serre en cas de palissage vertical.

Les fleurs femelles apparaissent assez vite sur les tiges de second ordre.

L’étage des tiges se fera en laissant deux feuilles au-delà du dernier fruit.

Concernant l a taille en culture palissée, en serre, la plante sera taillée à quatre vraies feuilles pour n’en laisser que deux.

Les deux tiges de second ordre qui se développeront seront guidées le long de deux bambous ou de deux fils verticaux suspendus dans la serre. Elles seront arrêtées dans leur développement lorsqu’elles atteindront le toit de la serre. On peut supprimer les fruits sur les 50 cm de la base des tiges.

Les fleurs femelles surmontent un renflement, l’ovaire, qui produira le fruit après fécondation.

La première taille est décidée lorsque le melon forme  sa 4 e  vraie feuille.
La première taille est décidée lorsque le melon forme sa 4 e vraie feuille. - F.

Pour les variétés anciennes : au stade apparition de la  4 e  feuille, le melon est taillé pour n’en laisser que 2.  Les feuilles cotylédonaires sont enlevées. A leur aisselle se développeront 2 tiges de second ordre.
Pour les variétés anciennes : au stade apparition de la 4 e feuille, le melon est taillé pour n’en laisser que 2. Les feuilles cotylédonaires sont enlevées. A leur aisselle se développeront 2 tiges de second ordre. - F.

Choisir le bon emplacement et réguler les arrosages

Nous choisirons un endroit assez exposé du jardin, les températures de 18 à 22 ºC leur conviennent bien. Par exemple, près d’un mur les protégeant des vents du Nord. Un châssis réchauffera un peu les plantes au moins durant les premières semaines. Un abri de type chenille maraîchère convient parfaitement également, afin de gagner les quelques degrés que nous n’avons pas encore au début de l’année. Les melons en serre peuvent aussi être cultivés à plat ou palissés (comme les tomates). Nous prévoyons une densité d’un plant qui donnera deux tiges par m².

Le sol doit être bien drainé pour éviter les pourritures de racines. Les arrosages seront réguliers, en évitant de saturer le sol, ce serait néfaste en favorisant les maladies qui y sont liées. Sous chenilles ou sous serre, nous arrosons deux fois par semaine, à raison d’environ une dizaine de litres par m² depuis le début de la fructification et durant le grossissement des fruits. Les arrosages seront trois fois moins importants de la plantation à la fructification (pour prévenir l’apparition de maladies du pied) et de la maturation à la récolte (les fruits seront plus savoureux). On arrose au pied, en évitant absolument de mouiller le feuillage. Le paillage du sol (paille, tontes de pelouse…) permet des économies d’eau et limite le contact des tiges et des fruits avec l’humidité du sol.

Pour les cultures en plein air, n’hésitons pas à cultiver le melon plusieurs semaines dans de larges pots sous abri. Nous ne plantons à l’extérieur que lorsque la température nocturne dépasse les 12°C. C’est donc après les Saints de glace, plutôt vers fin mai.

On garde trois à six fruits par tige de second ordre, soit six (culture à plat). En culture palissée, nous en laissons trois à quatre à la fois par tige. Un pied est développé sur deux tiges. Après les premières récoltes, nous pouvons laisser venir un ou deux nouveaux fruits.

Les maladies, les ravageurs

Les maladies du melon les plus fréquentes chez nous sont celles qui s’attaquent au feuillage et aux fruits : le mildiou des cucurbitacées et l’oïdium. Pour prévenir leur développement, il faut éviter absolument de mouiller le feuillage en apportant juste l’eau au pied des plantes. Pour la même raison, nous aérons les abris pour éviter la condensation et la rosée sur le feuillage.

L’excès d’eau dans le sol favorise les maladies des racines et du collet (fusariose…).

Les limaces peuvent faire des ravages du stade plantules à la maturation des fruits. Les pucerons sont le plus souvent maîtrisés par les auxiliaires naturels.

À cueillir puis à savourer

Les récoltes sont possibles en août et septembre.

Chacun a une opinion sur la maturité idéale du melon en vue de sa récolte. Comme nous cueillons juste avant de le consommer, nous attendrons que le pédoncule tende à se détacher de la tige (le pédoncule est entouré d’un léger éclatement plus ou moins circulaire) et que le fruit commence à être moins ferme du côté opposé au pédoncule. Le fruit va bientôt être pleinement parfumé.

A lire aussi en Potager

Pour les échalotes, rien ne sert de courir…

Potager L’échalote est davantage un condiment qu’un légume. Nous l’utilisons tant pour améliorer les salades ou les sauces qu’en appoints de grillades. Allium cepa aggregatum est une alliacée, la famille de l’ail, les oignons, la ciboulette ou l’oignon. Les variétés traditionnelles se multiplient par les caïeux. Il existe aussi des variétés hybrides qui peuvent être semées.
Voir plus d'articles