Le feu vert à la ratification du CETA, un signal négatif aux agriculteurs wallons selon la Fugea
En donnant son feu vert mercredi à la ratification du CETA, traité de libre-échange entre l'UE et la Canada, le parlement wallon envoie « un signal particulièrement négatif » aux agriculteurs et agricultrices wallons, a déploré la fédération d'éleveurs et agriculteurs belges (Fugea).

L'adoption en plénière du projet de décret portant sur la ratification du CETA constitue «une profonde incohérence au regard des engagements pris par le gouvernement wallon en faveur de l'exception agricole et de la lutte contre la concurrence déloyale», a critiqué la Fugea dans un communiqué en soirée.
La fédération déplore que l'accord prévoie qu'un contingent de 65.000 tonnes de viande soit exempt de droits de douane. La Fugea admet qu'à ce jour, ce quota reste peu exploité (de l'ordre de 2 à 3%, ndlr), mais avertit que la disposition «pourrait avoir de fortes conséquences si la situation des marchés évolue». La Fugea pointe aussi qu'en matière de productions végétales, le CETA facilite entre autres les importations de lentilles canadiennes exposées à certaines substances autorisées au Canada, comme la métribuzine ou le glyphosate, pourtant interdites dans l'Union européenne.
La Fugea regrette encore que l'accord ne comporte pas de véritables clauses miroirs et que les éléments relatifs au commerce et au développement durable soient non contraignants.
«Comment demander toujours plus d'efforts à nos agriculteurs et agricultrices tout en les mettant en concurrence avec des produits qui ne respectent pas les mêmes normes ?», s'interroge le syndicat agricole.
La Fugea exhorte le gouvernement wallon à poser des «actes concrets afin de garantir l'exception agricole qu'il affirme défendre et d'empêcher les situations de concurrence déloyale qui fragilisent les fermes.»
Le traité de libre échange conclu en 2016 entre le Canada et l'UE, avait été rejeté à l'époque par la Wallonie, région qui avait alors mené la charge au niveau européen.





