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Au cœur d’une maternité de 1.500 truies et d’une discipline de chaque instant

À Faimes, au sein de la société Agriporcs, la biosécurité ne se résume pas à des principes théoriques… Elle se traduit au quotidien, dans chaque geste de l’élevage. Ainsi, pour rentrer dans cette maternité, liée au groupe Danis, il faut montrer patte blanche. Ici, sont hébergées 1.500 truies reproductives. Ces mères donneront naissance à des porcelets élevés durant une dizaine de semaines sur le site, avant de rejoindre d’autres fermes wallonnes pour être engraissés.

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C’est grâce à Delphine Marchal en charge de la filière porcine au Collège des producteurs que nous avons pu pousser les portes de cette maternité. Un lieu pas vraiment habitué à recevoir des visiteurs, comme le rappelle Alain Cornélis, représentant de la société Danis pour la Wallonie. « Les visites comme celles-ci restent exceptionnelles. En règle générale, nous n’acceptons personne, sauf si c’est incontournable. C’est, par exemple, le cas de l’Afsca, d’auditeurs externes, ou de certains de nos partenaires ».

D’ailleurs, lors de cette après-midi, aucun éleveur porcin n’a pu se joindre au groupe. Logique puisque les visiteurs devaient attester ne pas avoir été en contact avec d’autres porcs dans les 24 h qui précédaient la découverte de cette exploitation. Une exploitation dans laquelle on n’entre donc pas comme dans un moulin. Avant de se retrouver dans le cœur des activités, le premier passage obligé est la douche, puis le changement de tenue et l’enfilage des bottes. Ces bottes, nous devrons en changer à chaque fois avant d’entrer dans un bâtiment. Pour faciliter les choses, et surtout ne pas faire d’erreur, à chaque zone, correspond une couleur de chaussures.

Une couleur de bottes pour chaque bâtiment.
Une couleur de bottes pour chaque bâtiment. - D.T.

Une vigilance pour tous les maillons de la chaîne

Des règles sanitaires strictes mais indispensables puisqu’ici le principal défi consiste à élever les porcs les plus sains possible. Dès la construction de l’exploitation, les bâtiments ont été conçus en respectant un certain nombre de critères, notamment en séparant les différentes phases de production. « La biosécurité repose sur une vigilance permanente. Même si les gestes sont répétitifs, il faut constamment s’imposer cette rigueur et placer la barre le plus haut possible afin de réduire au maximum le risque. On peut comparer cela au respect d’une limitation de vitesse à 120 km/h sur l’autoroute. On sait qu’il faut respecter la règle et que, si on ne le fait pas, il peut y avoir des conséquences », souligne le responsable. Le moindre écart peut, en effet, coûter cher… L’introduction d’une maladie va généralement de pair avec l’augmentation des médicaments et de la mortalité, une dégradation des performances des animaux, le tout rythmé par une charge de travail plus importante pour les employés… Et cette vigilance ne s’arrête pas qu’aux bâtiments. Au niveau des camions, ils doivent avoir été préalablement nettoyés et désinfectés avant les transports. « Nous faisons en sorte de charger les porcelets uniquement le lundi, par exemple. Cela permet au camion de rester vide pendant deux jours avant. Ce type de mesure est appliqué depuis le début et continue à l’être aujourd’hui ».

Cinq personnes travaillent dans cette maternité, ainsi qu’une autre présente deux jours par semaine. Pour eux aussi, même topo ! Pas question de prendre un risque. Si l’un part en vacances, il faut vérifier qu’il ne s’agit pas d’une région où des sangliers pourraient être présents. Si la réponse est oui, ils devront respecter une quarantaine de 72 h avant de se remettre à la tâche. « Ce sont des éléments auxquels il faut penser en permanence. Avec le temps, ces précautions font partie de la routine… ».

Alain Cornélis représente le groupe Danis  pour la Wallonie.
Alain Cornélis représente le groupe Danis pour la Wallonie. - D.T.

Objectif ? 72 femelles pleines chaque semaine

Dans cette maternité vivent 1.500 truies qui restent tout le temps sur le site. Elles arrivent, cochettes, d’une autre structure, et passent, évidemment, par une quarantaine avant d’intégrer la maternité. Bien que la durée sur l’exploitation puisse varier en fonction de leurs performances, elles y vivent en moyenne deux ans. Ces dernières donneront naissance à des porcelets qui, eux, partiront à l’engraissement lorsqu’ils auront un poids compris entre 20 et 25 kg. Des jeunes nés en Wallonie et également finis sur notre territoire.

L’organisation de cette structure repose sur un système hebdomadaire. Objectif : obtenir chaque semaine 72 truies pleines. La première phase est l’insémination, suivie, si nécessaire, d’une deuxième, pour un résultat confirmé lors de l’échographie. Vient, ensuite, la gestation. Elles y resteront jusqu’à une semaine avant la mise bas. Après la naissance, les porcelets vivent quatre semaines aux côtés de leur mère, avant de partir six semaines en post-sevrage.

Une fois le sevrage effectué, les truies retournent en insémination et ce cycle peut recommencer. Bref, une organisation bien rodée pour ces « Danic » issues d’un croisement Landrace X Large White. « Selon nous, elles disposent des meilleurs atouts et des meilleurs points positifs en matière de rentabilité. Il faut évidemment qu’elles produisent des porcelets tout en possédant un bon comportement maternel. Parmi l’ensemble des races existantes, nous avons retenu celles qui correspondent le mieux à nos besoins. C’est pour cette raison que nous travaillons avec ces truies et que nous les commercialisons également », développe Alain Cornélis.

Une « bonne truie » ne se résume donc pas au nombre de porcelets auxquels elle donnera naissance. Encore faut-il savoir les élever… Leurs jeunes devront être capables de grandir correctement, et de rester en bonne santé. Des performances d’élevage avec, en addition, un point primordial : obtenir une viande de qualité répondant aux attentes des clients. « On peut élever n’importe quel cochon, mais s’il n’est pas consommé, cela n’a pas de sens… », commente-t-il encore.

Des mâles élevés comme mâles entiers

Comme les autres éleveurs, le responsable part du principe « qu’on ne sait faire du bon qu’avec du bon ». C’est pourquoi, l’alimentation des animaux est un point crucial. Celle-ci provient du groupe Danis. « Nous disposons de notre propre usine d’aliments, afin de fabriquer des rations correspondant aux besoins spécifiques des porcs à chaque étape ». Il existe dès lors une nourriture spécifique adaptée à chaque stade physiologique. Par exemple, les porcelets reçoivent en maternité un complément à base de poudre de lait. 100 % végétale et élaborée à partir de matières premières nobles, selon le responsable, l’alimentation fait l’objet de recherche et de développement afin de répondre aux challenges d’aujourd’hui et de demain. C’est le cas pour le soja, entre autres, pour lequel l’origine est rigoureusement contrôlée.

De plus, si à chaque étape sa nourriture, il en est de même pour le suivi sanitaire. Le vétérinaire d’exploitation intervient chaque semaine et suit un schéma spécifique. Tout du long, le but est d’administrer le moins de médicaments possible. Concernant les porcelets, plusieurs interventions sont réalisées dans cette maternité. Ils sont notamment bouclés tandis que leurs queues sont coupées.

Quant à la castration, elle n’est plus pratiquée, puisque les mâles sont désormais élevés et engraissés en tant que mâles entiers. « Cela n’a toutefois pas toujours été le cas. À une certaine époque, ils étaient castrés. Mais par la suite, vers 2016-2017, il y a eu une volonté de développer l’élevage de mâles entiers. Nous avons commencé à travailler de cette manière sur cette exploitation en 2018, dans le cadre d’une filière spécifique ». À ce propos, notons que le pourcentage de mâles odorants reste très faible.

En chef d’orchestre, le vétérinaire suit ces différents stades, et s’assure des bonnes pratiques de la maternité. Une structure dans laquelle chacun a un rôle à jouer pour que cette première étape de la vie des porcs se déroule sous les meilleurs auspices possibles.

Des marques sont mises sur les truies afin d’avoir les données correspondant aux inséminations,  de sorte à ce que les différents employés puissent avoir facilement tous les renseignements.
Des marques sont mises sur les truies afin d’avoir les données correspondant aux inséminations, de sorte à ce que les différents employés puissent avoir facilement tous les renseignements. - D.T.

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