Des céréales sur pied… pour la petite faune

Lors de la saison dernière, quelque 1.300 ha de culture ont été engagés  dans la variante «céréales sur pied», laissant ainsi pour les oiseaux un gîte et un couvert  sur plus de 300 sites recouvrant une superficie totale de 130 ha.
Lors de la saison dernière, quelque 1.300 ha de culture ont été engagés dans la variante «céréales sur pied», laissant ainsi pour les oiseaux un gîte et un couvert sur plus de 300 sites recouvrant une superficie totale de 130 ha. - Léon Bourdouxhe

En parcourant les campagnes ces dernières semaines, les observateurs les plus attentifs ont peut-être croisé de-ci de-là des portions de champs de céréales non récoltées. Pourtant, une année comme celle que nous avons vécue, difficile pour un agriculteur de ne pas moissonner la totalité de sa récolte. Peut-être l’observateur s’est dit que la récolte était ratée ou le chantier interrompu par la pluie ?… Alors, qu’en est-il ?

Source alimentaire pour les oiseaux

Depuis le 1er janvier 2018, une variante de la méthode agro-environnementale et climatique (MAEC) « cultures favorables à l’environnement » est entrée en vigueur. Cette variante consiste à laisser non récoltés 10 % de la superficie du champ de céréales engagé dans la méthode, et ce pour mettre à disposition une source de nourriture pour les oiseaux des champs tels que le bruant proyer, le bruant jaune, la perdrix grise ou le faisan de Colchide… Elle vient compléter les autres MAEC telles que les bandes et les parcelles aménagées pour la faune.

Cette mesure forte a été prise vu le déclin généralisé des oiseaux inféodés à nos plaines agricoles. Ce constat est encore plus interpellant pour certaines espèces, tel le bruant proyer, dont le nombre est passé de 20.000 mâles chanteurs à environ 300 en 40 ans (soit une chute de plus de 95 %!). Le bilan pour la perdrix grise n’est guère meilleur.

En pratique

Comme pour toutes les MAEC, l’agriculteur s’engage volontairement pour une période de cinq ans.

Seules des parcelles de céréales peuvent être engagées, l’exploitant pouvant continuer à les cultiver de façon « habituelle » (pas de limitation des intrants). La seule contrainte est qu’il doit laisser sur pied 10 % de la superficie de chaque parcelle engagée. Ces céréales non récoltées seront maintenues jusque fin février, assurant ainsi une ressource de graines durant l’hiver, mais aussi un couvert, notamment pour les espèces qui nichent au sol dans les cultures en été.

L’agriculteur est rémunéré à raison de 240 € par ha et par an pour les superficies engagées. Concrètement, un agriculteur qui s’engage pour 5 ha recevra donc chaque année 1.200 € pour les 50 ares qu’il ne récolte pas. Cette méthode de base ne nécessite pas d’avis d’expert de Natagriwal, mais une demande d’aide préalable doit être introduite pour le 31 octobre de l’année précédant l’engagement. Cette demande doit être confirmée dans la déclaration de superficie de l’année d’engagement.

Cette méthode montre d’excellents résultats sur le terrain. Des suivis ornithologiques réalisés l’hiver passé dans la plaine de Perwez ont en effet relevé sur les blocs de céréales près de 70 bruants proyers, 40 bruants jaunes, 15 alouettes, ainsi que quelques faisans et perdrix.

Lors de la saison 2019, malgré une campagne d’information assez courte, près de 1.300 ha ont été engagés dans la variante « céréales sur pied ». C’est donc 130 ha répartis en plus de 300 blocs de céréales qui servent de garde-manger pour les oiseaux durant cet hiver, dispersés en Wallonie.

Plus d’infos

Pour toute info complémentaire sur les MAEC : www.natagriwal.be; tél.: 010/47.37.71.

D’après Pierre-Yves Bontemps

, Natagriwal asbl

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