Ce week-end, c’est reparti pour le recensement des oiseaux de jardins!

Rien de tel qu’un poster d’identification des petits visiteurs de nos jardins pour mettre un nom sur ces convives.
Rien de tel qu’un poster d’identification des petits visiteurs de nos jardins pour mettre un nom sur ces convives. - Fanny Vanobberghen

C ette opération permet au grand public de se familiariser avec les mœurs de ces petits visiteurs à plumes, mais aide surtout les scientifiques à déterminer les grandes tendances pour les espèces à une saison où elles sont habituellement moins surveillées. À vos jumelles !

La saison de reproduction passée semble s’être distinguée par une bonne réussite globale des nichées. Les hirondelles, par exemple, ont été particulièrement nombreuses cet été, mais elles sont à présent parties sous de meilleurs cieux. Les oiseaux sédentaires ont-ils bénéficié également de ces bonnes conditions ? Seront-ils plus présents que d’habitude autour des mangeoires ?

Les spécialistes de Natagora sont curieux de recueillir les observations du grand public. Le recensement permettra également d’observer de près les chiffres des populations de merles et d’autres espèces sensibles au virus Usutu.

Friand de glands, le geai des chênes a été aperçu en grand nombre, cet automne, comme d’autres espèces communes.
Friand de glands, le geai des chênes a été aperçu en grand nombre, cet automne, comme d’autres espèces communes. - Jean-Marie Wynants

De belles arrivées massives

Cet automne, plusieurs espèces communes comme le geai des chênes, le pinson des arbres et la grive musicienne sont passées en très grand nombre durant la période de migration post-nuptiale. Si certaines se sont arrêtées dans nos jardins uniquement le temps de reprendre des forces, d’autres vont y rester tout l’hiver.

« L’abondance particulière des oiseaux en migration ne s’explique pas toujours, mais pour le cas du geai, cette année, cela résulte clairement d’une bonne reproduction de ce corvidé en Europe. Une quantité de nourriture insuffisante en automne (en particulier les glands dont le geai est friand) pousse probablement alors ces familles nombreuses à changer d’environnement. Et la très bonne fructification des noisetiers leur a permis de trouver ce qu’il fallait dans nos contrées. Une chance puisque ces oiseaux constituent généralement des réserves pour l’hiver. On peut donc imaginer que la plupart d’entre eux seront encore présents dans les jardins lors du recensement », remarque Antoine Derouaux, ornithologue chez Natagora.

Le pinson des arbres également s’est abondamment manifesté au cours de la période de migration post-nuptiale.
Le pinson des arbres également s’est abondamment manifesté au cours de la période de migration post-nuptiale. - Rachelle Dermelle

Des rassemblements d’espèces bienvenus

Comme chaque année, les merles noirs, les rouges-gorges et les accenteurs mouchets venus du Nord et de l’Est de l’Europe s’ajoutent à leurs congénères locaux, ou parfois les remplacent. Ces espèces fuient les climats trop rudes. « L’hiver passé, le merle noir, qui occupait encore 80 % des jardins, a pourtant atteint son minimum historique : les effets d’une épidémie du virus Usutu se font sentir sur cette espèce. Le comptage de février nous permettra d’observer l’évolution de l’état des populations et surtout de comparer les régions entre elles, car l’épidémie ne semble pas toucher toutes les régions de la même façon », précise encore Antoine Derouaux.

Vers une stabilisation des populations de perruches à collier ?

Les résultats du dernier recensement suggéraient également que l’aire de répartition de la perruche à collier ne s’étendait plus pour le moment. S’agit-il d’une stabilisation définitive ou bien la conquête des zones périurbaines de notre pays, prédite par certains scientifiques, va-t-elle se poursuivre ? Une autre évolution intéressante qui sera scrutée de près lors de cette édition 2020 de l’opération de recensement « Devine qui vient manger au jardin ».

Bien entendu, plus elle reçoit de données, plus Natagora peut analyser les tendances et en tirer des conclusions.

Donc, toutes et tous à vos jumelles et vos carnets !

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