Poème de Toussaint: une autre émotion et des souvenirs à foison

Poème de Toussaint: une autre émotion et des souvenirs à foison

« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi », chantait Montant.

Non pas de regrets, mais des souvenirs à foison. Notre enfance, sous ton œil bienveillant de père attentif et aimant. Non, tu n’étais pas ce grand héros de conte de fées, ni cet homme important de par son poste ou ses responsabilités, mais à toutes nos questions, tu avais la réponse. Tu étais un paysan, pas au sens péjoratif mais au sens littéral, un homme du paysage qui aimait la terre, les saisons, les fleurs, les oiseaux.

Chacun d’entre nous a gardé des souvenirs. Bizarrement, personne vraiment les mêmes selon son rang dans la famille, son âge, sa position face à chaque situation. La vérité n’est qu’un puzzle des souvenirs, des joies, des chagrins, des oublis, des non dits, d’incompris, de douceur et d’humour sur lesquels tout le monde s’accorde.

Chacun a ses retouches, ses inévitables correctifs qui essayent, sans toutefois y parvenir, d’étouffer l’émotion encore présente.

Revenir vers toi au cimetière ne m’apporte rien qu’une oppression au niveau du sternum. Es-tu là sous la terre, non tu es ailleurs. Pas toi, cet esprit brillant et libre. Toi qui t’indignais quand, rentrant de l’école, je te parlais d’histoire : « nous naissons tous libres et égaux ». Libre peut-être, me répondais-tu, mais dans quelle mesure si l’on naît dans la crèche ou dans un berceau de dentelle. Tu me faisais méditer à ces vérités aléatoires.

Non, tu n’es pas là, pourtant j’y reviens, je fixe cette pierre avec mélancolie. Tu es dans nos pensées, nos cœurs, notre façon de voir la vie. Je ne garde pas de toi les derniers temps, ce n’était plus toi. Je te garde doux, courageux, bon, souriant, fort et faible à la fois. Je revois ton sourire rieur et ainsi la sérénité me gagne et je peux continuer à penser à toi sans trop de tristesse. Non, pas de sorcières, pas de squelettes ou d’araignées énormes… La Toussaint, pour moi c’est avant tout une autre émotion, bien loin de ces improbables fantômes !

Manou de Warneton

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