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Les marchés agricoles: divergence d’analyse à la tête de l’UE!

Pour la Commission européenne la situation sur la plupart des marchés agricoles de l’UE est rassurante, malgré les difficultés rencontrées ces derniers mois. Un constat que ne partagent pas les parlementaires européens.

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Difficile de présenter des données agrégées sur la situation des marchés agricoles tant la pandémie de Covid-19 a rebattu les cartes. Certains secteurs en profitent, d’autres pas. Avec les confinements et la fermeture des restaurants, les modes de consommation ont évolué.

La transformation est, elle aussi, touchée : dans les abattoirs, par exemple, il a fallu réduire le rythme de production pour limiter les contacts entre travailleurs. Et la logistique est également bouleversée.

Dans ce contexte, la Commission européenne estime pourtant que la plupart des secteurs ont plutôt bien résisté ou sont en train de se reprendre.

Le directeur général adjoint à l’Agriculture, Michael Scannell, venu faire le point le 4 mars avec la commission de l’Agriculture du Parlement européen, s’est voulu optimiste. Les cultures arables s’en « sortent très bien avec des prix qui ont atteint des niveaux très élevés ». Même si la contrepartie est une « forte hausse des prix des aliments pour animaux ».

Sur le marché du sucre, « les cours se redressent même s’ils restent encore faibles ». Pour le lait : « Pas d’inquiétude ». Les bovins : « Pas de perturbations à prévoir ». Les ovins : le secteur « se porte très bien ». Et pour la volaille ou l’huile d’olive, des signes encourageants de reprise se font sentir après de fortes baisses des prix.

La situation du porc est plus problématique, surtout que vient s’ajouter l’interdiction d’exporter la viande allemande vers la Chine à cause de la peste porcine africaine. Mais, estiment les services de la Commission, là encore, quelques signes de reprise en Pologne et la hausse des prix des porcelets sont des indicateurs rassurants. Le vin, enfin, devrait profiter de la levée des taxes supplémentaires sur le marché américain.

Manque de lucidité

Un constat général loin d’être partagé par des eurodéputés, lesquels ont dénoncé le manque de lucidité de la Commission qui nie la réalité du terrain où les producteurs de vin, de fromage ou de bœuf sont en grande difficulté. Et même s’ils ont résisté, certains secteurs sortent très affaiblis de la crise, ont-ils déploré.

Chacun a plaidé pour sa paroisse. L’Italien Herbert Dorfmann a évoqué les problèmes qui existent sur le marché du vin. La Néerlandaise Annie Schreijer-Pierik a rappelé la situation délicate que traverse le secteur de la viande de veau. Les Françaises Anne Sander et Irène Tolleret ont demandé à la Commission de venir en aide aux secteurs de la viande bovine pour la première et du fromage et du vin pour la seconde. Le Polonais Zbigniew Kumiuk a souligné les difficultés rencontrées par les producteurs de volailles. Et pour l’Allemand Martin Häusling, « le secteur du lait ne va pas si bien que cela ».

Pas de nouvelles contraintes, plaide la Commission

Les parlementaires ont saisi l’occasion pour rappeler à la Commission européenne qu’elle ne devait pas imposer de nouvelles contraintes à ces secteurs, que ce soit concernant la promotion de la viande et du vin, l’objectif de consacrer 25 % des terres agricoles au bio ou les négociations commerciales avec les pays tiers.

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