Produits alimentaires bio: les Wallons ont déboursé 14€ de plus en 2020

A l’échelle nationale, les hypermarchés et supermarchés classiques constituent le plus gros canal de distribution des produits alimentaires bio (38 % des parts de marché),  juste devant les magasins spécialisés (24 % des parts de marché).
A l’échelle nationale, les hypermarchés et supermarchés classiques constituent le plus gros canal de distribution des produits alimentaires bio (38 % des parts de marché), juste devant les magasins spécialisés (24 % des parts de marché). - J.V.

Outre un panorama précis du paysage agricole bio wallon (lire notre édition du 10 juin), Biowallonie dresse un état des lieux de la consommation de produits bio dans notre Région et en Belgique. Et la structure d’encadrement de la filière de constater que l’engouement des consommateurs, tant belges que wallons, pour les produits issus de ce mode de production ne cesse de croître. Et l’année 2020, bien que marquée par le Covid-19, ne fait pas exception.

890 millions pour le bio

Les dépenses totales des ménages belges pour les produits bio s’élevaient à 890 millions d’euros l’année dernière, soit un bond de 13 % par rapport à 2019. Cette augmentation doit toutefois être analysée avec précaution.

En effet, on observe en parallèle une augmentation importante de la consommation alimentaire totale des particuliers (+12 %) durant la crise sanitaire, alors qu’elle était stable ces dernières années. Privé de restaurants et autres moyens de se restaurer, les Belges ont davantage cuisiné à domicile.

Une part de marché stable

La part de marché de l’ensemble des produits bio sur le marché total belge marque une stagnation entre 2019 et 2020 et plafonne à 3,4 %. En Région wallonne, cette part est plus importante mais n’a pas connu d’évolution. Elle se maintient à 4,9 %. Cette stabilité s’explique, ici aussi, par la hausse des dépenses alimentaires totales, en parallèle de l’augmentation des dépenses bio. Bien que le bio continue de se développer, sa part du marché alimentaire total reste donc stable, détaille Biowallonie.

L’année écoulée, 96 % des Belges ont acheté au moins une fois un produit bio. À l’échelle wallonne, ce chiffre est sensiblement plus élevé (96,4 %).

Coté portefeuilles, cela se traduit par une augmentation des dépenses allouées aux produits bio. Ainsi, chaque Belge a dépensé, en moyenne, 78 € contre 69 € en 2019 (+13 %). Les Wallons ont, quant à eux, déboursé 115 €, contre 101 € en 2019 (+14 %).

Si l’on classe les dépenses par catégorie de produits, les produits laitiers se retrouvent en première position, avec 12,60 € de dépenses par Belge (19,20 € par Wallon). Suivent les légumes frais (9,50 € par Belge ; 12,80 € par Wallon) et les fruits frais (8,70€ par Belge ; 14,60 € par Wallon). Les œufs (3,60 € par Belge ; 5,60 € par Wallon) et la viande (3,50 € par Belge ; 5,0 € par Wallon ; volailles non inclues) terminent le top 5 (figure 1).

Figure 1: dépenses en produits bio (€/habitant) par catégorie de denrées alimentaires en Belgique et en Wallonie en 2020. (Biowallonie)
Figure 1: dépenses en produits bio (€/habitant) par catégorie de denrées alimentaires en Belgique et en Wallonie en 2020. (Biowallonie)

266 €, en moyenne, par ménage wallon

Parmi les ménages wallons ayant consommé bio en 2020, 20 % achètent 80,1 % des produits bio vendus ; ce sont des consommateurs réguliers. 30 % (consommateurs occasionnels) représentent 14,3 % des achats bio tandis que les 50 % de consommateurs restants (consommateurs exceptionnels) endossent 5,6 % des achats bio.

L’année dernière, les ménages wallons (environ 2,3 individus par ménage) ont dépensé en moyenne 266 € en produits alimentaires bio. Ce montant grimpe à 1.063 € pour les consommateurs réguliers (+95 % depuis 2015), soit une moyenne de 89 € par mois. Les consommateurs occasionnels ont dépensé 126 € par an (10,50 €/mois en moyenne) tandis que les consommateurs exceptionnels limitent leurs dépenses à 30 € par an (2,50 €/mois).

La fréquence d’achat de produits bio est, quant à elle, stable en Wallonie. Elle se maintient à 25 actes d’achats bio (soit une fois toutes les deux semaines), malgré de grandes disparités entre les groupes d’acheteurs. Les consommateurs réguliers ont acheté des produits bio 64 fois par an, soit plus d’une fois par semaine. Les consommateurs occasionnels et exceptionnels ont respectivement réalisé 26 et 9 actes d’achat en 2020.

La grande distribution toujours en tête

Si les hypermarchés et supermarchés classiques (excluant Bio-Planet, appartenant au groupe Colruyt) constituent le plus gros canal de distribution des produits alimentaires bio avec 38 % du marché belge (39 % en 2019), ils sont talonnés par les magasins spécialisés dont la part de marché atteint 34 % (stable par rapport à 2019). Suivent les supermarchés de quartier, dont la part de marché se stabilise à 14 %. Le hard discount s’adjuge 8 % des parts de marché (stable également). Enfin, les fermes et marchés se partagent le solde (5 %) ( figure 2 ).

Figure 2: canaux de distribution des produits alimentaires bio en Belgique en 2020 (en% des dépenses). (Biowallonie)
Figure 2: canaux de distribution des produits alimentaires bio en Belgique en 2020 (en% des dépenses). (Biowallonie)

En Wallonie, les grandes surfaces caracolent aussi en tête, avec 45 % des dépenses réalisées pour des produits alimentaires bio. Les points de vente bio spécialisés se situent en deuxième position (31 % du marché). Enfin, le hard discount s’empare de 7,3 % des parts de marché, tandis que les ventes à la ferme et sur les marchés s’élèvent respectivement à 2,4 % et 0,9 %. Enfin, les magasins de proximité, les boucheries, les boulangeries, les distributeurs « online »… détiennent 13,5 % du marché.

Biowallonie constate qu’entre 2019 et 2020, la crise sanitaire a entraîné un changement des habitudes des consommateurs. Si les parts de marché des supermarchés et magasins bio continuent à augmenter, celles des hypermarchés, hard discount et marchés reculent (pour ces derniers, cela s’explique par leur fermeture imposée durant le confinement). Les magasins à la ferme, eux, voient leurs parts de marchés augmenter pour la première fois depuis deux ans, signe que la crise sanitaire a augmenté la proximité entre producteurs et consommateurs.

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