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«Ce n’est pas la pénurie mais la spéculation qui fait grimper les prix alimentaires»

«Ce n’est pas la pénurie mais la spéculation qui explique la hausse des prix» des denrées alimentaires dont pourraient bientôt souffrir les populations de nombreux pays, a expliqué Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté, au micro de La Première (RTBF), au sujet des craintes de crise alimentaire mondiale à la suite de la guerre en Ukraine.

Temps de lecture : 2 min

«Aujourd’hui il est vrai qu’on a plus ou moins 25 millions de tonnes de céréales bloquées dans les ports de la mer Noire, on a une rupture des chaînes d’approvisionnement liée à l’invasion russe de l’Ukraine. Mais la véritable cause de la crise ne tient pas au fait qu’il n’y a pas assez de denrées disponibles. On n’est pas dans une situation de pénurie. Le problème, c’est la panique qui s’empare des marchés, car on ne sait pas quand ce conflit va s’arrêter, et certains acteurs financiers tirent profit de cette incertitude en spéculant à la hausse, provoquant par un effet mécanique une véritable hausse».

Une solution pour rassurer les marchés et ralentir la spéculation serait d’avoir davantage de transparence sur les stocks existants, explique Olivier De Schutter. Or, ce sont des informations que «beaucoup d’opérateurs» ne veulent actuellement pas livrer, des opérateurs privés, grands traders de céréales, qui gèrent «l’essentiel des réserves alimentaires», rappelle-t-il, interrogé dans la matinale de La Première.

Si la communauté internationale ne reste pas inactive, le rapporteur spécial de l’ONU observe qu’elle n’a pas pour autant «tiré les leçons» de la crise alimentaire mondiale de 2007-2008. «En principe, il faudrait avoir des réserves prépositionnées pour que le Programme alimentaire mondial puisse immédiatement venir au secours des populations en situation de famine». Au lieu de cela, il y a actuellement appel aux donateurs, il faut du temps pour que l’aide se concrétise, soit acheminée, etc, ce qui prend plusieurs mois. «On assiste à une impréparation, c’est un peu comme si on recrutait des pompiers au moment où le feu se déclenche», constate-t-il.

(Belga)

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