Horsch entre de plain-pied dans l’agriculture hybride

Après avoir réalisé un chiffre d’affaires de 402 millions d’euros en 2018, soit un bond de 12 % par rapport à 2017, Horsch affiche des ambitions claires pour 2019. « Nous souhaitons, au minimum, atteindre le même chiffre d’affaires au terme de cette année », détaille Cornelia Horsch, membre du comité de direction. Un objectif qui devrait être atteint sans trop de difficultés, car la société dispose d’un carnet de commandes bien rempli.

Cette progression s’est accompagnée de divers investissements, afin de répondre à la croissance de la demande. Investissements qui s’expliquent aussi par la volonté du constructeur de faire correspondre ses outils aux différents marchés sur lesquels il est présent. « De nombreuses configurations et options figurent au catalogue. Tout outil acheté par un agriculteur doit correspondre aux conditions qu’il rencontre sur ses parcelles. » Aujourd’hui, cela concerne surtout les outils de travail du sol et semoirs mais, demain, les pulvérisateurs verront eux aussi leurs configurations s’adapter davantage.

Tirer le meilleur du bio et du conventionnel

En parallèle, Horsch s’engage de plus en plus dans l’agriculture « hybride », un choix combinant le meilleur du conventionnel et du bio. « Dans toutes les régions du monde, et pas uniquement en Europe centrale, se développent des réflexions quant au modèle agricole à adopter. L’agriculture « hybride » gagne du terrain. » C’est pourquoi le constructeur s’y intéresse aussi au niveau des gammes qu’il commercialise.

Cela se retrouve notamment dans l’apparition de nouveaux outils de désherbage mécanique (herse étrille et bineuse) mais aussi dans les modifications apportées à certains modèles de semoirs, pour les rendre compatibles avec cette nouvelle manière de désherber. Des améliorations sont aussi apportées aux pulvérisateurs, pour en accroître la précision. « Car si le nombre de produits phytosanitaires mis sur le marché diminue, il convient néanmoins de les appliquer correctement. En outre, de nouveaux produits se développent, comme les solutions bactériennes. Les pulvérisateurs sont encore nécessaires. »

Transformer VF, pour biner de 6 à 12 m

Parmi ces nouveaux outils, on trouve la bineuse Transformer VF (pour variable frame – châssis adaptatif), disponible dans des largeurs de travail de 6 à 12 m. Celle-ci est utilisable avec différents systèmes de caméra grâce à sa compatibilité Isobus. Elle intègre également un châssis mobile permettant de piloter automatiquement sa position latérale. Cela permet de monter sur le bâti une grande variété d’outils guidés par parallélogramme. Chaque parallélogramme dispose d’ailleurs d’un système hydraulique, pour ajuster la pression de travail. Ledit système permet aussi de relever chaque élément individuellement en bout de champ.

L’outil affiche un dégagement sous bâti de 660 mm et est capable de travailler sur un large panel d’inter-rangs, de 25 à 90 cm. Le système de fixation des outils est monté de façon à garantir une variabilité maximale quant à leur disposition. Par ailleurs, la profondeur de travail se règle sans outil. Pour plus de polyvalence, des disques latéraux et des roulettes à doigts flexibles (travail dans le rang) sont disponibles en option.

Les versions de 6 et 8 m reposent sur trois parties repliables. Entre 9 et 12 m, l’outil se compose de cinq parties repliables. La largeur de transport ne dépasse pas 3 m.

Cura ST : 15 m, 2.300 kg

Au catalogue, apparaît également la herse étrille Cura ST. Cet outil porté est commercialisé en largeurs de travail de 6 à 15 m. On épinglera notamment son faible poids : 2.300 kg seulement pour la version 15 m.

Les dents sont montées sur 6 rangées, pour un inter-rang de 2,8 cm. Selon le constructeur, cela permet un travail intensif sur sol nu comme dans une culture en place. Chaque dent peut exercer une pression de 500 g à 5 kg (réglable hydrauliquement en continu) et est fixée par un système empêchant tout déplacement latéral.

Finer SL : à adapter au sol travaillé

Toujours dans la thématique « hybride », Horsch a dévoilé le Finer LT. Son but : scalper superficiellement les adventices, les chaumes ou les couverts. Disponible en largeurs de travail de 6 à 12 m, l’outil est constitué de quatre rangées de dents (inter-rang : 15 cm) suivies de deux rangées de herses, pour conserver un maximum de matière organique en surface mais aussi mettre les racines des adventices en contact avec l’air.

L’angle d’attaque des dents du Finer LT peut être réglé mécaniquement, pour assurer en permanence un travail parallèle au sol. Il est ainsi possible d’adapter l’agressivité de l’outil au type de sol, pour accroître l’efficacité du désherbage. Les roues de support frontales maintiennent quant à elles la profondeur de travail.

Détruire les couverts avec le Cultro TC

Dédié à la destruction des couverts et cannes de colza et maïs, le rouleau double à couteaux Cultro se décline en version 3 TC (3 m) et 12 TC (12 m). Sur l’un comme sur l’autre, le rouleau d’un diamètre de 320 mm est muni de six couteaux montés en « X », pour un meilleur broyage.

Le premier est disponible en version portée, à atteler à l’avant (sans rouleau de finition) ou à l’arrière (avec rouleau de finition) du tracteur.

Le second est un modèle traîné, composés de quatre segments de 3 m. Il repose sur un nouveau châssis qui transfère tout le poids de l’outil sur le rouleau. Les segments sont suspendus indépendamment les uns des autres, pour un meilleur suivi du terrain. Ils sont également munis d’une sécurité non-stop et peuvent ainsi s’escamoter individuellement. Le Cultro 12 TC peut être équipé d’un rouleau ou d’une herse lourde. Une CrossBar peut aussi être montée devant les rouleaux à couteaux.

De nouvelles options pour le Focus TD

Horsch apporte de nouvelles options au Focus TD, son semoir dédié au StripTill. Les agriculteurs peuvent désormais choisir entre l’élément semeur à disque TurboDisc et le nouvel élément à dent TurboEdge. Ce dernier travaille le sol sur 5 à 6 cm mais ne place la graine qu’à 2 cm de profondeur. La dent permet d’écarter les pailles de la ligne de semis mais aussi les mottes, pour un meilleur contact « terre-graine ». Le TurboEdge s’utilise avec un inter-rang minimum de 25 cm.

Le Minidrill, avec sa trémie de 400 l, pourra être monté sur le Focus TD. Un troisième composant pourra ainsi être distribué, de manière à augmenter le débit de chantier.

Enfin, les disques de nivellement peuvent être remplacés par de petits rouleaux d’émiettement installés devant le rouleau packer. En sols lourds et moyennement lourds, ils créent de la terre fine sur la future bande de semis. Ils présentent également des caractéristiques autonettoyantes.

Deux nouveaux Maestro au catalogue

Pour le semis monograine, la gamme Maestro intègre désormais des versions CV (traînée) et CR (portée).

Sur le CV, il est possible d’utiliser une trémie centralisée pour les semences (800 l) et l’engrais (3.000 l) ou, comme jusqu’à présent, une grande trémie (3.000 l) pour la fertilisation et une trémie individuelle (70 l) sur chacun des éléments semeurs. Ceux-ci ont d’ailleurs été repensés pour maximiser leur stabilité et maintenir une pression élevée sur les socs.

En outre, la fixation des éléments semeur a été revue. Il est désormais possible de faire varier leur nombre (de 8 à 12) et l’inter-rang. Pour faciliter les manipulations, le disque de fertilisation a été placé sur le même support que l’élément semeur.

L’outil bénéficie d’un nouveau doseur, avec réglage simplifié, en vue d’accroître la précision de la distribution. Nommé « AirVac », il bénéficie d’un entraînement électrique. Cela permet d’utiliser des technologies telles que le SectionControl (coupure rang par rang) et le VariableRate (modulation).

Sur le CR, chaque élément semeur conserve sa trémie individuelle. L’approvisionnement en engrais est assuré par une trémie frontale, comme la Horsch Partner 2000 FT.

Partner 2000 FT : 60/40 ou 75/25

La trémie frontale Partner 2000 FT, évolution de la 1600 FT (maintenue au catalogue), dispose d’un volume de 2.200 l compartimentés en deux cuves pressurisées.

À la commande, il est possible d’opter pour une répartition 60/40 ou 75/25. La première est destinée à la distribution simultanée des semences et de l’engrais ou de deux engrais différents. Sur la seconde, le plus grand réservoir est dédié aux semences ou à l’engrais et le plus petit accueille les microgranulés. Au lieu des deux distributions standards du modèle 60/40, le constructeur intègre ici une distribution standard et une distribution spécifique aux microgranulés.

Un rouleau packer à pneus autodirectionnel est disponible en option.

Trois Leeb PT dernier cri

Enfin, Horsch dévoile trois nouveaux pulvérisateurs automoteurs : les Leeb 6.300 PT, 7.300 PT et 8.300 PT affichant respectivement une capacité de 6.000 l (cuve polyéthylène), 7.400 l (cuve inox) et 8.000 l (cuve inox). Tous sont équipés d’un moteur de 310 ch conforme aux normes antipollution Tier 5.

Cette nouvelle génération repose sur le concept ConfortDrive combinant suspension hydro-pneumatique indépendante des roues et système de compensation de charge actif. Le confort de conduite en serait amélioré, sur route et dans les champs. Le constructeur affirme avoir équilibré la répartition des charges (50/50), pour une traction optimale. La voie peut varier de 2,25 à 3 m.

La cabine, livrée par Claas, est dotée d’un système de filtration de catégorie 4 (poussières, aérosols et vapeurs). À l’intérieur, le nouvel accoudoir multifonctions CommandArm permet de piloter les différents paramètres de la machine.

Ces Leeb PT peuvent être équipés de rampe jusqu’à 42 m, avec système de guidage BoomControl.

À noter qu’Horsch travaille encore sur la précision de la pulvérisation. Cela passe par le développement, d’une part, du Precision Spay (buses à pulsation et coupure buse par buse) et, d’autre part, d’un système de pulvérisation ne ciblant que le rang (à combiner avec un désherbage mécanique de l’inter-rang).

Un nouveau pulvérisateur traîné, à deux essieux et d’une capacité de 12.000 l, devrait également bientôt voir le jour.

J.V.

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