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Brucella, on supprime tout…

À la mi octobre, la ferme La Belle Croix SocAgr à Jéhonville, dans l’entité de Bertrix recevait un avis de la laiterie stipulant la détection du germe brucella suis biovar 2 dans son lait. Les propriétaires furent très étonnés de cette découverte puisqu’ils n’avaient dû faire face à aucun avortement dans leur exploitation laitière Bio.

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En pareil cas, il est alors impératif de suivre le règlement à la lettre. ce qui fut le cas : prise de sang pour tout le troupeau. Résultat : une bête a réagi. Après abattage du bovin, un germe de Brucella a été isolé et a fait l’objet d’un typage. Conclusion : il s’agit de la brucella suis biovar 2. L’épée de Damoclès s’abat et l’exploitation est déclarée comme foyer début décembre. La fourniture de lait bio continue mais le refroidisseur est garni d’un avis stipulant que le produit doit être traité.

On discute plusieurs mois des mesures à prendre, lesdites mesures font l’objet d’un arrêté royal et le verdict tombe : abattage de la totalité du troupeau de 250 têtes. Une commission s’est chargée de l’estimation de du troupeau, les propriétaires n’ont plus qu’à signer pour accord.

Dans un premier temps, 35 veaux furent euthanasiés et écoulés à un prix carcasse inférieur au prix d’abattage. D’ici peu, le reste du troupeau sera conduit à l’abattoir de Bastogne et la viande ira à la consommation humaine. Toutes les carcasses ne partiront pas dans la filière Bio car, pour cela, l’animal doit être déclaré Bio les 3/4 de sa vie. S’en suivra la désinfection des locaux. Du bétail pourra être racheté dès le mois de mars. Mais pour l’exploitation, en bio depuis 2007, il sera impossible de repeupler en Bio laitiers, c’est introuvable. Ils devront sans doute se tourner vers le conventionnel et le convertir avec la perte d’argent supplémentaire que cela engendrera.

L’infection responsable de tous leurs malheurs viendrait des sangliers dont la population a triplé depuis 10 ans dans de nombreuses régions, le tout agrémenté d’un brassage de races venant d’autres pays. Le ministère de l’agriculture et la DNF semblent incapables de contrôler ses bêtes sauvages et suggèrent plutôt aux éleveurs de se protéger. En 2012, 5 cas furent détectés dans la province de Namur.

M.D. à B.

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