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Où s’arrêtera la hausse des prix des produits alimentaires?

L’Indice Fao des prix des produits alimentaires atteint un niveau record en février. La plus grande contribution à cette hausse est à mettre au compte des huiles végétales et des produits laitiers et les premières estimations indiquent des perspectives très favorables pour le maïs et le blé pendant le reste de l’année.

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Les prix mondiaux des produits alimentaires ont progressé de 3,9 % par rapport à janvier, soit un bond de 20,7 % par rapport à février 2020, a indiqué l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) dans son bulletin du 4 mars.

Hausse des huiles et céréales, baisse du sucre

Cette hausse est principalement imputable aux huiles végétales, qui voient leur prix grimper de 8,5 % par rapport au mois dernier et atteint un nouveau niveau record, essentiellement en raison de la hausse des cours des huiles de palme, de soja et de tournesol.

La nette progression des prix des huiles végétales s’explique principalement par une demande à l’importation mondiale soutenue, à quoi s’ajoutent quelques facteurs du côté de l’offre, notamment les disponibilités exportables d’huile de palme limitées en Indonésie, le premier exportateur mondial, la baisse des perspectives concernant la production de soja en Amérique du Sud et des craintes quant à une baisse des exportations d’huile de tournesol due à des perturbations dans la région de la mer Noire.

Les prix des céréales ont gagné 3,0 % depuis le mois précédent, en grande partie en raison de la hausse des cours des céréales secondaires, les prix internationaux du maïs ayant augmenté de 5,1 % sous l’effet conjugué des craintes persistantes au sujet des conditions de culture en Amérique du Sud, des incertitudes quant aux exportations de maïs en partance de l’Ukraine et de la hausse des prix du blé à l’exportation.

Les prix mondiaux du blé ont progressé de 2,1 %, une situation qui s’explique largement par les incertitudes qui règnent quant aux flux des disponibilités mondiales depuis les ports de la mer Noire. Les prix internationaux du riz ont monté de 1,1 %, soutenus par une forte demande de riz parfumé de la part des acheteurs du Proche-Orient asiatique et par l’appréciation des monnaies de certains exportateurs face au dollar des États-Unis.

Enfin, les prix du sucre ont cédé 1,9 %, car les perspectives de production sont favorables dans les principaux pays exportateurs, notamment en Inde et en Thaïlande, et les conditions de croissance se sont améliorées au Brésil.

Viande ovine et volaille en recul

En février, les prix des produits laitiers ont affiché une valeur moyenne en hausse de 6,4 % par rapport à janvier, sous l’effet d’une offre de lait plus faible que prévu en Europe occidentale et en Océanie, ainsi que d’une demande à l’importation qui persiste, en particulier en Asie du Nord et au Moyen-Orient.

Les prix de la viande ont enregistré une hausse de 1,1 % depuis janvier, les cours internationaux de la viande de bovins atteignant un nouveau record, dans un contexte de forte demande à l’importation au niveau mondial, d’offre de porcins prêts à l’abattage limitée au Brésil et de demande soutenue en Australie, en vue de la reconstitution des cheptels.

Les prix de la viande de porcins ont augmenté, tandis que ceux de la viande d’ovins et de la volaille ont reculé, respectivement en raison de l’abondance des disponibilités exportables en Océanie et de la baisse des importations de la Chine qui fait suite à la fin de la fête du printemps.

Étant donné que l’Indice Fao des prix des produits alimentaires mesure les prix moyens sur un mois, le relevé de février ne prend que partiellement en compte les effets du conflit en Ukraine sur les marchés.

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