visiter plusieurs installations, comme au Pays basque espagnol et en Bretagne.
Les 200 innovations identifiées comme étant les plus pertinentes, par un groupe de 47 experts, ont servi de base à la réalisation de fiches techniques, disponibles en 12 langues, dont le français et l’anglais. Elles peuvent être consultées sur le site du projet : https://resilience4dairy.eu/. Celles-ci sont enrichies par des vidéos courtes, tournées directement chez les éleveurs pilotes du projet, offrant ainsi une mise en perspective concrète et visuelle des solutions proposées.
Parallèlement, des visites entre éleveurs pilotes étaient organisées. Les derniers échanges ont eu lieu au Pays basque espagnol et en Bretagne.
La coopérative Behi-Alde située au Pays Basque
En Espagne, tout d’abord, la coopérative Behi-Alde élève un troupeau de 535 vaches laitières de race Friesian. Ces animaux produisent annuellement 10.500 l de lait avec une teneur moyenne en matières grasses (TB) de 3,93 % et en protéines (TP) de 3,29 %. Les 5.600.000 l de lait produits sont commercialisés auprès de la coopérative « Kaiku ».
Une des particularités de cette exploitation réside dans une organisation en trois sites spécialisés, chacun dédié à des étapes spécifiques de l’élevage. Il y a d’abord le premier emplacement consacré à l’élevage des bovins en fin de lactation, avec pour les trois derniers mois une production de 4.500 l/VL, les vaches et les génisses primipares prêtes à vêler ainsi que la nurserie.
18 coopérateurs pour assurerla gestion de l’exploitation
Depuis sa création en 1970, la coopérative regroupe 18 coopérateurs, chacun ayant des responsabilités précises sur l’un des sites. Une partie du personnel est polyvalente et intervient sur différentes tâches (traite, alimentation, travaux des champs…). Ils travaillent 6 à 7 heures par jour et un week-end sur deux. De plus, ils bénéficient de 15 jours de congé annuel. Chaque membre perçoit un salaire mensuel, auquel s’ajoute une part des bénéfices en fin d’année. La coopérative conserve un fonds de 50.000 € pour financer les investissements de l’année suivante.
Bien que toutes ces personnes possèdent un poids décisionnel égal, l’un des membres, bien qu’il n’apprécie pas ce titre, est reconnu comme coordinateur. Il assure l’organisation du travail quotidien et propose des projets d’amélioration ou d’investissement. Cependant, trouver un consensus sur les investissements reste un défi majeur. Certains bâtiments vieillissants nécessitent des rénovations, mais les coopérateurs peinent à s’accorder sur les priorités et les projets à mettre en œuvre.
Trop de candidatures !
Lors de cette visite, les éleveurs wallons ont été surpris par l’organisation en trois sites, ne comprenant pas l’intérêt de multiplier le nombre de salles traites et de bâtiments considérés comme des investissements inutiles. Ils ont été étonnés par la présence du pâturage (contrastant avec les autres visites en Pays basque) bien que celui-ci ne représente qu’une faible part dans l’alimentation des vaches.
Le modèle de coopération est intéressant et étonnant car, selon les dires des personnes rencontrées, ils n’ont aucune difficulté à trouver de nouveaux coopérateurs. Que du contraire, ils doivent refuser des candidatures !
GAEC « Douillet » : une exploitation en transition vers la simplification
Le GAEC « Douillet » est une exploitation agricole en production biologique, gérée par un père et son fils. À 60 ans, le père a prévu de prendre sa retraite, cédant progressivement l’exploitation à son fils. Ce dernier, dans un souci de simplification et d’efficacité, a mis en place deux robots de traite Lely tout en maintenant un système de pâturage et en déléguant l’élevage des génisses à l’extérieur.
Séduit par cette évolution, le père a décidé de prolonger son activité jusqu’à l’âge légal de la retraite, soit 67 ans, pour accompagner son fils dans cette transition. Lorsque viendra l’heure de se retirer, un ouvrier viendra renforcer l’équipe déjà composée d’un employé salarié.
Le GAEC commercialise 726.000 l de lait. Il élève 117 vaches laitières croisées Holstein et Rouge Norvégienne. Ces animaux produisent, en moyenne, 6.000 l de lait par an. Ce lait affiche une teneur moyenne de 4,1 % en matières grasses (TB) et 3,3 % en protéines (TP).
Le troupeau est géré selon un système de pâturage tournant avec une organisation en parcelles ABC (plus d’infos dans l’encart) :
– parcelle de jour : accessible de 2 h à 14 h ;
– parcelle de nuit : accessible de 14 h à 2 h ;
Les déplacements sont facilités par une barrière de tri automatique et un fil mobile, déplacé quotidiennement pour ajuster l’accès à l’herbe selon les besoins du troupeau.
Entre autonomie alimentaireet innovations
Se libérer du temps grâce aux robots et en déléguant des tâches
Ce qu’en pensent les éleveurs wallons
Centre wallon de recherches agronomiques
