PPA: 18 mois plus tard, quelle est la situation actuelle?

La fermeture des forêts est indispensable pour venir à bout de la PPA et éviter 
tout risque de propagation du virus, notamment via les sangliers séropositifs.
La fermeture des forêts est indispensable pour venir à bout de la PPA et éviter tout risque de propagation du virus, notamment via les sangliers séropositifs. - J.V.

Depuis le début de la crise, amorcée en septembre 2018 suite à la découverte de cadavres de sangliers infectés par le virus de la peste porcine africaine (PPA) dans le sud de la province de Luxembourg, différentes mesures ont été prises pour endiguer l’épidémie. Sous l’égide de la Commission européenne, la Wallonie et l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) se sont accordées sur une série de dispositions destinées à éviter la propagation du virus, en particulier aux élevages porcins.

C’est mesures strictes ont permis de contenir la maladie au Sud de la province de Luxembourg. Les élevages porcins ont aussi été préservés.

Dépopulation complète

Après avoir permis une réouverture partielle de la zone infectée durant le printemps et l’été 2019, le gouvernement wallon a décidé, avec la Task Force « PPA », d’interdire à nouveau la circulation aux promeneurs et aux cyclistes dans les forêts et milieux semi-naturels situés dans cette zone et ce, depuis octobre dernier.

L’arrêté ministériel du 16 janvier 2020 précise que cette mesure restera d’application jusqu’au 15 mai prochain. Il s’agit de maximiser la sécurité des usagers de la forêt pendant les opérations de chasse et de collecte de cadavres de sangliers. Cette fermeture est par ailleurs indispensable pour éviter tout risque de propagation du virus, notamment via des sangliers séropositifs.

Sur le terrain, le dispositif de lutte contre le virus se poursuit de manière intensive. La saison hivernale est cruciale pour la bonne réussite des opérations d’éradication des sangliers puisque la végétation est moins touffue et qu’il est nécessaire d’agir avant la période de mise bas prévue au printemps. L’objectif poursuivi est de parvenir à la dépopulation complète des sangliers au plus tard en mars et, dès lors, de retrouver une forêt indemne de PPA au plus vite.

Les travaux forestiers vont, eux, pouvoir reprendre au printemps dans la zone infectée moyennant le respect de certaines conditions.

832 sangliers positifs

À la date du 2 mars, 4.879 sangliers ont été analysés dont 832 se sont avérés positifs, tous au sein de la zone infectée. La situation s’est stabilisée ces derniers mois. En effet, depuis le 11 août, date du dernier cas dit « frais », seulement cinq nouveaux sangliers positifs ont été retrouvés et ceux-ci étaient sous forme d’ossements.

La découverte des derniers ossements positifs date du 21 février. Une analyse sur ces restes a pu déterminer que ces animaux étaient morts depuis 3 à 6 mois, et même plus de 6 mois pour la dernière carcasse retrouvée et deux de celles découvertes cet automne.

Maintenir la vigilance

Pour autant, la maladie n’est pas encore derrière nous. Il est crucial que chacun reste vigilant : le risque n’est pas écarté et le pays n’est pas à l’abri d’une recrudescence des cas. De plus, la maladie reste très présente dans d’autres régions d’Europe, en se propageant d’Est en Ouest. Dans l’Ouest de la Pologne, par exemple, des sangliers positifs ont été découverts à seulement 12 km de la frontière avec l’Allemagne.

Même une fois une fois le territoire contaminé indemne, le risque restera présent. C’est pourquoi, le Service public de Wallonie et l’Afsca continuent à informer et sensibiliser toutes les personnes impliquées dans la lutte contre la PPA. C’est uniquement avec l’aide de chacun qu’il sera possible d’éradiquer définitivement cette maladie de notre territoire et d’éviter toute réintroduction par après.

Le recouvrement du statut indemne de PPA auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale chez tous les suidés en Belgique (il est actuellement maintenu pour les porcs domestiques) et au niveau européen ne pourra être obtenu qu’un an après le dernier cas positif, délai qui pourra peut-être être raccourci s’il s’agit de vieux os, mais sans garantie.