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Le commissaire

Piotr Serafin

en visite à l’Ilvo

Piotr Serafin, commissaire européen au Budget, à la Lutte contre la fraude et à l'Administration publique, a visité le 12 juin dernier, l’Institut de recherche pour l’agriculture, la pêche et l’alimentation (Ilvo) à Melle-Merelbeke, en Flandre.

Temps de lecture : 4 min

Le politicien polonais effectue actuellement une «tournée d'écoute» dans plusieurs pays afin de vérifier que les financements européens sont utilisés correctement.

En plus de sa visite à l'Ilvo, cette tournée en Belgique est également passée par Namur et Bruxelles. Le commissaire européen devait initialement être accueilli par le ministre-président flamand Matthias Diependaele, mais en raison du report de la visite, celui-ci n’a pas pu être présent. C’est donc Ben Weyts, vice-ministre-président et ministre flamand du Budget, qui l’a reçu.

Le soutien européen doit faire la différence

Par ses visites, le commissaire souhaite souligner auprès de toutes les parties concernées que les subventions européennes sont bien utilisées. « Les financements européens soutiennent des projets de recherche pertinents pour l’ensemble de la société. À l’Ilvo, cela concerne l’agriculture, mais aussi le changement climatique et la compétitivité de nos entreprises. Nous devons nous assurer que l’aide européenne a un véritable impact », explique Piotr Serafin.

Il souhaite également, lors de cette tournée, entendre directement les acteurs de terrain pour identifier ce qui pourrait être amélioré dans le domaine des subventions européennes.

« J’aimerais savoir comment ces subventions sont perçues concrètement : sont-elles relativement faciles à obtenir ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ? », s’interroge le commissaire. Il est favorable à une simplification administrative et à une approche plus orientée vers les bénéficiaires.

L’argent du contribuable

Le ministre du Budget Ben Weyts se réjouit de l’attention portée par le commissaire à l’utilisation des fonds européens.

« Je plaide pour une prise de conscience accrue. Trop souvent, les aides financières publiques sont perçues comme quelque chose d’abstrait ou d’évident, alors qu’il s’agit bel et bien de l’argent des contribuables. La Flandre est l’une des régions les plus intensives en recherche en Europe, et grâce à cette recherche, nous pouvons investir dans le progrès et la prospérité », déclare-t-il.

L’Ilvo était honoré de recevoir un visiteur de si haut rang. Une part importante de son budget provient de l’Union européenne.

« Sur les quelque 80 projets pour lesquels nous avons sollicité un soutien européen en 2024, près de la moitié ont été approuvés. Pour une institution de recherche comme la nôtre, c’est un taux de réussite impressionnant », souligne Joris Relaes, administrateur général de l’Ilvo.

Le projet Hydras et la recherche sur la résistance à la sécheresse

Piotr Serafin a été informé à l’Ilvo du projet Hydras, qui étudie la résistance à la sécheresse, notamment à l’aide de grandes structures de protection visibles depuis l’autoroute. L’importance de ce type de recherche a été soulignée par Isabel Ruiz-Roldán (Ilvo) et David Eyland (United Beet Seeds). Cette entreprise fait actuellement tester 9 variétés de betteraves pour leur tolérance à la sécheresse. Le développement d’une nouvelle variété prend environ 10 ans. Ces variétés sont exposées à une période de sécheresse de 6 semaines sous les structures. La tolérance à la sécheresse est cruciale pour les producteurs de betteraves dans toute l’Europe. Dans des pays comme la Hongrie ou la Croatie, cette culture est en déclin, notamment à cause du changement climatique.

Drones et machines agricoles

Arnaud Laurencin, Directeur d’Agriflight, a présenté une démonstration avec drone. Ces drones peuvent être utilisés en agriculture pour déterminer le meilleur moment de récolte, pour appliquer avec précision engrais ou produits phytosanitaires, ou encore pour le semis. Steven Vanhoucke, de Vanhoucke Machine Engineering, a quant à lui présenté un prototype de machine agricole. Laurencin et Vanhoucke ont partagé avec le commissaire européen leur expérience avec AgrifoodTEF, une plateforme ouverte de test et d’expérimentation permettant aux entreprises d’accélérer la mise sur le marché de solutions innovantes en intelligence artificielle, données et robotique dans le secteur agroalimentaire.

Un budget européen plus simple, des règles plus claires

Concernant le budget européen, Piotr Serafin est resté prudent : « Le prochain budget de l’Union européenne ne sera pas une tâche facile. Il nous faut une budgétisation plus simple, plus rationnelle et plus lisible. Mais sa forme dépendra de nombreux facteurs. Ce qui est certain, c’est qu’il faudra investir davantage dans la défense. Cela relève d’abord des États membres, mais l’Europe peut jouer un rôle de facilitateur, notamment en coordonnant la recherche, le développement et plus tard la production », estime-t-il.

Vers des règles et des aides simplifiées

« Toute modification de la Pac devra être initiée par Christophe Hansen, le commissaire européen à l’Agriculture. Il est proche du secteur et entretient de bonnes relations avec les ministres nationaux. Il est nécessaire de simplifier les demandes de subventions européennes sur le plan administratif, comme cela a déjà été décidé dans un paquet de simplifications. Je continuerai à plaider pour que les fonds européens pour la recherche et le développement soient maintenus, malgré les contraintes budgétaires. Car en relevant les défis à l’échelle européenne, nous obtenons de meilleurs résultats que si chaque État membre mène des recherches de son côté », conclut Piotr Serafin.

D’après Filip Van der Linden

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