Quel corps on a?

Marc Assin

Voix de la terre

«Il vous faudrait une guerre!»

Marc Assin

Voix de la terre

Quand j’étais enfant, j’ai entendu cette réflexion des dizaines de fois dans la bouche des adultes, excédés de nous voir chipoter avec la nourriture quand celle-ci nous semblait trop monotone ou trop rustique. À midi, nous mangions des patates à l’eau, et le soir, des patates au lard, du lundi au samedi, mais le dimanche, – quelle chance ! –, nous avions… des pommes de terre ! Par chez nous, c’était le menu de la plupart des gens, voici cinquante ans. Que dire des aliments d’aujourd’hui, deux fois plus abondants et cent fois plus variés ! Très vite pourtant, les consommateurs se lassent. Ils s’habituent aux bonnes choses, et ne les estiment pas à leur juste valeur, à quel point il est précieux de ne manquer de rien. Mais à la première crise sérieuse, comme celle que nous vivons actuellement, les vieilles peurs reviennent à la surface, et certains se précipitent vers les magasins pour stocker des vivres de première nécessité, au cas où ils devraient rester confinés chez eux.

Virus &Cie

Marc Assin

Voix de la terre

Atchoum ! ¡Achú ! Atchim ! Achoo ! Hatsjoe ! Hatchi ! Etciú ! Apchkhi ! Apsiu ! Apchixa !… Le monde éternue dans toutes les langues, mais on ne répond plus guère « À vos souhaits ! », « Salud », « Jesus », « Gezondheid », « God bless you », « À tes amours, et que les tiens durent toujours » , etc. Fini de rire ! Le Covid-19 a mis le port des masques au goût du jour, et les enrhumés larmoyants sont regardés de travers, pestiférés des temps modernes qui font trembler ceux qui les croisent et les fuient. Le coronavirus chinois nous a bien eus ! Les médias alimentent la psychose et nous offrent une vue imprenable sur un chaos provoqué par une toute petite chose, d’autant plus redoutable qu’elle est invisible à l’œil nu, détectable uniquement par de puissants microscopes, ou par des analyses spécifiques.

Le Climat s’invite au Carnaval

Voix de la terre

Dimanche gras à Binche: la bruine s’est installée pour la journée. C’est le jour des costumes de fantaisie qui regroupent les cagnottes à l’intérieur des sociétés de gilles. L’une d’elle est mieux équipée pour affronter la pluviosité du jour. Elle est plus politique aussi. Elle représente Greta Thunberg. Elle rappelle avec humour les grèves scolaires et les contradictions du moment. En suédois: «Grève pour le Carnaval», il y a mieux à faire que le gille quand il y a urgence climatique. En français: «La fonte des glaces, je ne la veux que dans mon jet 27». Est-ce une invitation à mettre de l’eau dans son apéro ou à éviter les longs courriers? A quoi bon manifester si c’est pour faire ensuite du tourisme éthique, écologique et durable du style safari photo en vélo électrique en Afrique du Sud? Ou manger BIO si les fruits et légumes ont fait le tour du monde en avion pour arriver bien frais dans nos assiettes?

Une autre manière de manifester…

Voix de la terre

Merci et félicitations aux agriculteurs qui se sont rendus aux dernières manifestations afin d’exprimer leurs inquiétudes concernant leur avenir. Ils doivent être doublement félicités car ils se sont comportés comme des chefs d’entreprise responsables. Leur présence était bien nécessaire afin d’occuper l’espace médiatique. En plus de ces manifestations, il est indispensable de nous faire entendre par d’autres moyens.

Écoute dans le vent

Marc Assin

Voix de la terre

Oufti, ça décoiffe ! Les dimanches de ce mois de février se suivent et se ressemblent, balayés par des tempêtes aux prénoms pourtant innocents : Ciara, Dennis, Ellen… En attendant peut-être Francis et d’autres garnements à sa suite ? Comparés aux ouragans de 1990, ce ne sont là que brises légères. Voici trente ans, ces événements climatiques majeurs avaient ouvert le bal d’une décennie particulièrement chahutée pour notre agriculture. Ciara et ses copains présagent-ils d’années 2020 aussi difficiles que les années ’90 ? « Écoute, mon ami, écoute dans le vent ; écoute, la réponse est dans le vent ! » (Bob Dylan, 1963).

Anticipation: Foire aux Vins 2100

Marc Assin

Voix de la terre

Communiqué de Presse du 20 février 2100. La désormais traditionnelle Foire aux Vins de Libramont (FVL) ouvrira ses portes ce 1er mars. Elle fêtera cette année son cinquantième anniversaire – déjà ! –, et accueillera les amateurs de vins venus du monde entier, attirés par la renommée internationale des vignobles wallons. Confirmation du communiqué précédent : la Grand-Messe des œnologues se déroulera cette année sur le site des Caves, aménagé spécialement pour assurer un confort et une sécurité maximale en cas de tempête, éventualité fort probable en cette saison des Vents, qui dure habituellement de décembre à avril, afin d’éviter les incidents désagréables des deux éditions précédentes.

La maison en pain d’épice

Marc Assin

Voix de la terre

« C’est un beau roman, c’est une belle histoire. C’est une romance d’aujourd’hui… ». Donatienne et Valentin étaient faits pour vivre ensemble, c’était inscrit quelque part dans les astres. Mais rien n’est jamais acquis, ni gagné d’avance, dans la construction d’un couple et son épanouissement…

Tournée minérale

Marc Assin

Voix de la terre

02-02-2020 : la date du jour se lit dans les deux sens, et je termine mon texte à précisément 20 heures 20 ! Il existe ainsi des instants particuliers dans la vie, où les chiffres des calendriers et des horloges se conjuguent ; ils nous font des clins d’œil complices, pour nous inciter à ne pas prendre les actualités trop au sérieux. Celles-ci ne manquent pourtant pas de piquant, en ce début février ! Fin janvier nous a amené un fort contingent de nouvelles d’ici et d’ailleurs, de quoi s’étonner ou se réjouir, s’inquiéter ou se moquer. Pourtant, quelque part, certains événements récents risquent peut-être de changer notre destin…

Lors d’une battue de destruction autorisée,excès de zèle d’un agent du DNF

Voix de la terre

Les faits se déroulent il y a trois ans dans la région de Thuin.

Lors d’une battue de destruction autorisée, un agent du DNF se poste seul alors qu’il n’est pas de garde pour observer le déroulement de la battue.

Quel salaire pour les petites mains agricoles?

Marc Assin

Voix de la terre

Il s’agit là pour moi d’un mystère insondable, digne de celui de la Grande Pyramide, ou du trésor des Templiers : comment fixe-t-on les prix agricoles ? Quelle logique régit-elle les processus de calcul ? Ont-ils été établis de manière aléatoire, selon l’humeur du jour des vendeurs et des acheteurs ? Ces questions sont cruciales, car ces prix déterminent nos revenus et conditionnent notre avenir ; ils dictent nos choix, soutiennent nos efforts, dessinent nos projets. Le plus souvent, ils ne reflètent pas la valeur que nos produits ont à nos yeux, ce qu’ils nous ont coûté en termes d’efforts consentis pour les obtenir. Un profond sentiment d’injustice nous assaille, quand nous vendons pour un prix dérisoire notre lait, nos animaux, nos céréales et autres denrées. Pourquoi nos prix sont-ils toujours trop bas ?

«La maison brûle et nous regardons ailleurs!»

Voix de la terre

En ce début d’année, j’ai décidé de ne plus être sage. Au diable les vœux mielleux. La haine, voilà un vilain mot. Mais c’est le sentiment le plus juste pour qualifier mon dégoût pour la pollution tous azimuts aussi bien sur les bords de nos chemins de campagne jonchés de plastiques, de canettes de coca, de bière que dans le monde en général. Notre consommation exagérée de produits finis « hyper » emballés en tous genres. L’obsolescence des appareils électro-ménagers, les achats par internet dont 40 % reviennent pour échange ou même pas… et qui sont détruits car c’est trop coûteux de les retrier et de les dispatcher dans leurs énormes stocks. Comme disait Jacques Chirac : « la maison brûle et nous regardons ailleurs ». Tous sont d’accord pour dire qu’il avait vu juste mais personne ne bouge.

Après la pluie…

Marc Assin

Voix de la terre

Au risque de vous paraître banal, j’aimerais vous parler de la pluie et du bon temps, car j’ai eu grand plaisir, -vous aussi sans doute ! –, à retrouver ces jours-ci un coin de ciel bleu où luit un soleil rieur, après des semaines et des semaines de météo grise et humide ! Depuis la Toussaint, la pluie s’est incrustée chez nous. Omniprésente au-devant de la scène, elle s’est déclinée sous toutes ses formes : tantôt droite et battante, un autre jour venteuse et cinglante, puis fine et vaporeuse, quelquefois torrentielle et tourbillonnante… Nous avons eu droit à tout un catalogue d’averses intermittentes ou de précipitations continues, de quoi renflouer quelque peu les nappes phréatiques au niveau zéro, et rendre vie à nos sources et ruisseaux en panne sèche depuis l’été. Depuis la mi-janvier, -ouf ! –, les hautes pressions ont repris du poil de la bête. Les nuages se déchirent en lambeaux emportés par les vents, et personne n’est fâché de retrouver enfin un ciel plus dégagé.

Foule sentimentale

Marc Assin

Voix de la terre

Le 1er juin 2019 est décédé Michel Serres, un philosophe français tout à fait génial et passionnant. Né dans le sud-ouest de la France en 1931, il était fils d’agriculteur et son parcours exceptionnel porte la marque indélébile de son atavisme paysan. Il était « clairvoyant », et sa pensée perçait les apparences pour découvrir les faces cachées des sentiments humains. Un de ses sujets favoris touchait bien entendu l’agriculture, son évolution au cours du vingtième siècle, et toutes les leçons à tirer pour mieux appréhender notre avenir.

Mon beau sapin ne mérite pas tant de critiques

Voix de la terre

Je souhaite réagir à l’article de Marc Assin paru dans le SB du 20 décembre dernier.

La presse et le glyphosate: information dirigée?

Voix de la terre

Je propose aux lecteurs du Sillon de prendre connaissance et faire connaître un article de France bleu intitulé Glyphosate : grand écart des taux chez les agriculteurs selon les laboratoires

Années chlorophylle?

Marc Assin

Voix de la terre

2020, « twenty twenty » disent les anglophones. Nous venons -déjà !- d’entamer la troisième décennie du 21e siècle, lequel, mine de rien, avance à grands pas sur son chemin pavé de bonnes et moins bonnes intentions… 2020 sera-t-il vain ou divin ? Je ne suis pas devin. Sortirons-nous vingt cœurs des multiples défis présents et à venir ? L’année qui s’achève consacre en tout cas une flopée de belles résolutions, dont ce fameux Green Deal lancé par l’Union Européenne, deux mots qui claquent au vent et sonnent le grand branle-bas de combat contre le réchauffement climatique. Sur qui va-t-on taper cette fois encore ? Je crains le pire…

Dans quel monde vivons-nous?

Voix de la terre

C’était un soir de la mi-décembre tout à fait ordinaire… sauf que pour une fois, je l’ai passé devant la télé. Il n’y avait rien d’exceptionnel ce soir-là : ni guerre, ni catastrophe, ni élection, ni coupe du monde. C’était le remplissage ordinaire : la non-formation du gouvernement, les grèves et manifs en France, les outrances de Donald Trump et… le miel qui m’a attiré comme une mouche sur une merde : une émission SANTÉ sur France 5 : « Les PESTICIDES, peut-on encore y échapper ? »

Mon beau sapin!

Marc Assin

Voix de la terre

Épicéas, douglas, sitkas… : les sapins ne manquent pas en Ardenne ! Ils sont présents par millions, dressés fièrement dans nos forêts, alignés au cordeau en régiments comme des soldats prussiens, uniformes verts de gris et casques à pointe. Enfin, ces derniers mois, avec les attaques des scolytes, disons qu’ils sont beaucoup moins « dressés fièrement », et tirent pour certains une tête à faire peur, dépenaillés et squelettiques. Les sapins de Noël, par contre, gardent leur verdeur d’avance. Le secteur semble florissant : la Belgique est le troisième plus grand producteur d’arbres de Noël, derrière l’Allemagne et le Danemark. 85 % sont paraît-il exportés aux quatre coins du monde. Mon beau sapin, roi des forêts et des campagnes ?

La terre et ses enfants

Marc Assin

Voix de la terre

Dix décembre, midi trente. La Grande Ferme est en effervescence ! On va fêter les soixante ans de mariage de Jules et Maria ! Tout le monde est au rendez-vous pour féliciter et choyer les deux octogénaires encore alertes : enfants, petits-enfants et toute la suite. Apéritif pétillant, buffet léger, discours bienveillants, cadeaux, fous rires, larmes à l’œil, nostalgie heureuse, rien ne manque pour une réunion de famille réussie !

Co-opérons!

Marc Assin

Voix de la terre

À Paris, ils étaient bleus pour la plupart, comme il se doit ; à Berlin, nombre d’entre eux étaient verts, rien d’étonnant ; à Bruxelles, pas un chat, ni gris, ni noir… Lorsque les tracteurs français et allemands défilent dans leurs capitales, franchement, ça a de la gueule ! Quand les agriculteurs se rassemblent et manifestent, ce n’est pas pour rire, ou pour se plaindre de broutilles, surtout nos voisins germains, des durs à cuire disciplinés… Ils en ont gros sur la patate, ras la casquette du « black friday » des prix agricoles soldés à prix sous le plancher, qui dure toute l’année et depuis des décennies. Ils en ont marre des normes, des directives ; plein le dos des administrations, et des donneurs de leçon qui nous infantilisent. Trop, c’est trop : marre d’être systématiquement dénigrés, exploités, soumis aux caprices du bon peuple, du grand commerce et des finances…

Mieux pour tous?

Marc Assin

Voix de la terre

Le 4e Sommet de l’Élevage à Libramont de ce 21 novembre n’a pas grimpé très haut en nombre, en terme d’assistance. Tant pis pour les absents, car ce Sommet fut fort intéressant. Les intervenants et conférenciers ont su prendre de l’altitude dans leurs propos, sans nous donner l’habituel vertige d’exposés trop techniques, ni la migraine assommante des données chiffrées. Comme qui disait, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. De clarté et de transparence, notre agriculture en a grand besoin, dans un contexte actuel de transition écologique qui modifie sans cesse les règles du jeu. Pour un mieux pour tous ?

Nos amies les bêtes

Marc Assin

Voix de la terre

Nous ne sommes pas seuls, avec nos veaux, vaches moutons, cochons, couvées… ! Aux alentours de nos fermes, vivent toutes sortes d’animaux dits « sauvages », petits ou gros, discrets ou envahissants, banals ou surprenants. Ainsi, l’autre soir, j’ai pu observer une drôle de bestiole au pelage hirsute gris-roux, de la taille d’un gros chat. Sa longue queue était annelée, et sa tête présentait un masque de Zorro : un raton laveur ! Il s’est éloigné sans trop se presser, pas effarouché pour un sou, de sa démarche un peu pataude. Que faisait-il là, à des milliers de kilomètres de son Amérique d’origine ? Un bel animal, sans conteste ! Il paraît que son espèce est invasive, et impacte négativement nos écosystèmes. Il faut les dénoncer, les pourchasser, les éliminer. Haro sur les ratons ! Je pense plutôt qu’il faut vivre et laisser vivre nos amies les bêtes, qu’elles soient ratons laveurs, écureuils, chats sauvages, taupes, renards, sangliers, belettes, fouines, rats musqués, blaireaux, chevreuils, et toutes les autres…

4.000 km de haies vives!

Marc Assin

Voix de la terre

Green-washing ou réelle volonté de verdir la Wallonie ? Notre nouveau Gouvernement Régional s’est fixé un objectif pour le moins surprenant : planter 4.000 km de haies vives ! J’applaudis à quatre mains cette idée fort sympathique, mais j’ai comme un doute. Où, qui, comment ? N’ont-ils pas les yeux plus grands que le ventre ? Les agriculteurs auront en tout cas l’occasion de redorer leur blason, mais la motivation sera-t-elle au rendez-vous ?